Ar Bobl (1904 - 1914)

Le journal de Taldir Jaffrennou: "le Peuple"

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09/08/2017

Fractures et nuances politiques en France entre 1900 et 1914

 

a)    la ligne de clivage fondamentale séparant  Gauches et droites

On se souvient qu'elle apparaît le 28 août 1789 au sein de l'Assemblée constituante lors du débat portant sur le veto du Roi: absolu pour la droite d'alors, provisoire (suspensif) pour la gauche du temps.

 

 « Nous n’ignorons pas qu’un Sillonniste couperait en tranches un Camelot du Roy et qu’un Socialiste mangerait tout cru un Radical. Mais ce sont là des frères ennemis qui se retrouvent pour ou contre Rome, pour ou contre le Cléricalisme. Car, il faut bien le dire, ce n’est plus la question du régime qui sépare la France en deux, presque tous les candidats se proclament maintenant « républicains », c’est seulement la question confessionnelle. Dans le village, on est pour ou contre le curé. Dans la Nation, on est pour ou contre l’Eglise » ; secundo :  la Droite ne jouit pas de la faveur plébéïenne car, en émancipant la foule, la Révolution a assuré sa pérennité politique.

     La Droite est, par tempérament et par programme, inapte à flatter la Plèbe. Cette incapacité permet à la Gauche de briller efficacement aux yeux des foules grâce à une pratique savante de la surenchère » ; tertio : « Lorsque Pipi Gouer ou Jacques Bonhomme ne veut reconnaître que des Blancs et des Rouges, il a donc politiquement raison. Sa préférence, il la donne aux Rouges qui l’exaltent et dont il veut obtenir des réalisations immédiates. Mais il n’est pas dupe : il sait par expérience que le rouge passe et qu’il blanchit en vieillissant »

Ar Bobl, n° 485, 4 avril 1914

 

    Alors qu’à la Chambre des Députés, la « frontière » entre gauche et droite ne coïncide pas avec le clivage séparant partisans et adversaires de l’Eglise catholique, dans les campagnes, les blancs sont les ouailles du curé, les rouges ceux de l’instituteur.

     Depuis 1880, les partis de gauche, victorieux lors des élections législatives, gouvernent en s’inspirant du programme des révolutionnaires de 1789-1794. Les partis de droite sont réduits à un rôle d’opposant à peu près impuissant à freiner une évolution qui plaît à la majorité du peuple au sens sociologique de ce terme : la « foule », les « classes laborieuses », le « populo », les « prolétaires », la « plèbe » : lois portant élection des maires par les conseils municipaux, rétablissement du divorce,  l’obligation et  la gratuité de l’école primaire (1881-82),  le droit de former des syndicats (1884), sur la réduction de la durée du service militaire de sept à trois ans (1889)

  L’apparition successive de partis d’extrême-gauche réclamant tous un approfondissement des réformes ou des réformes nouvelles fait que les partis de gauche précédents sont rejetés vers le centre, puis vers la droite. La Gauche de 1880, celle de Ferry et de Gambetta, siège, en 1910,  sur les bancs du centre-droit au sein du groupe des « Républicains de gauche ». Les radicaux-socialistes « rouges » de 1885, siègent désormais au centre-gauche : leur programme a « rosi ». A l’extrême-gauche sont les socialistes, les seuls « rouges » en 1913.

 

b)     Rome – Le Pape condamne le Sillon       

     « Le Sillon, a dit le pape, est fidèle à la religion, à la foi et à la cause des classes laborieuses mais il développe des idées démocratiques qui tendent à diminuer le principe d’autorité, à niveler les classes, à émanciper le peuple, ce qui est renverser les bases séculaires de la société pour mettre à leur place l’autonomie de chacun »

Ar Bobl, n° 297, 3 septembre 1910

 

  Le Sillon, fondé en 1894 par le polytechnicien Marc Sangnier - disparu en 1950 - et expression politique du courant démocrate-chrétien, prêche l’acceptation du suffrage universel, « seule source légitime de pouvoir » (Duroselle) et envisage même une collaboration parlementaire et gouvernementale avec le parti socialiste...Marc Sangnier estime que « pour être du Sillon, il faut être catholique et avoir confiance dans l’avenir de la démocratie ». Le Sillon contient en germe le Mouvement républicain populaire (MRP), créé en 1944.

Le 25 août 1910 le pape Pie X fait savoir aux évêques français que le Sillon « emprunte à la rhétorique des ennemis de l’Eglise et du peuple un langage emphatique plein de promesses aussi sonores qu’irréalisables »

c)      les radicaux    

« Ce mot de radical est aussi stupide que démodé. Le radicalisme est une opinion qui a fait son temps: c’était l’opinion des bourgeois opportunistes, des arrivistes, des mangeurs de curés..Soyez socialistes, soyez régionalistes (l’un n’excluant pas l’autre), mais soyez quelques chose qui ne soit pas aussi insignifiant que « radical » et l’on vous prendra peut-être au sérieux  - F. J . »   (Jaffrennou) 

Ar Bobl, n° 122,    26 janvier 1907

« l’Eldorado social » promis par  « Combes, politicien sénile, appuyé par des partis avancés formés d’autres politiciens parvenus à s’emparer de l’assiette au beurre et pour qui c’était le cléricalisme qu’il fallait écraser... » Ar C’hernevad

 Ar Bobl, n° 19,   28 janvier 1905

    « Le Radicalisme est la doctrine des appétits et des sens – F. Jaffrennou»

 Ar Bobl, n° 192, 29 août 1908

 

Faux patriotes: le congrès radical de Nancy

        « Les radicaux défendent aujourd’hui la patrie pour conserver le pouvoir, ce qui rend leur patriotisme uniquement utilitaire et permet à Jaurès de dire avec raison que les radicaux ne pouvant ou ne voulant entreprendre des réformes sociales, n’ont déchaîné ces polémiques et ces anathèmes contre les socialistes que pour excuser d’avance leur défaillance sociale et leur conservatisme hypocritement égoïste....     

       Un radical est un clérical à rebours qui, au lieu d’un goupillon, porte une truelle. Le peuple a tout à perdre à se laisser embobiner par ces gourmands de l’assiette au beurre...qui jettent l’ancre au port de Sainte-Galette -F.J. »

Ar Bobl, n° 160,  19 octobre 1907

Pau – Déclaration à l’issue du Congrès radical

   « Le Parti s’était trop accru  à la suite de ses succès – De tièdes radicaux s’y étaient glissés par intérêt et ont amolli l’action républicaine.

    L’attitude arrogante du Clergé justifie toutes les représailles. La République a laissé les Congrégations se reformer autour des Ecoles dites libres. L’école laïque est attaquée, il faut la défendre et l’imposer.

    Attaché à l’idée de Patrie, le Parti se souvient que c’est la République qui a forgé le mot « patriote » au moment du danger, mais il entend proscrire tout gaspillage d’hommes et espère réaliser bientôt la réduction du temps de service militaire.

   Le Parti entend développer une politique sociale inspirée de la Révolution »

Ar Bobl, n° 462, 25 octobre 1913


 « La République radicale a semé le vent, elle récolte la tempête – La République radical-socialiste a prêché la révolte contre l’autorité, contre tous les pouvoirs établis. Elle est obéie… Les électeurs qui, en 1906 envoyèrent au Parlement des députés radicaux, élisent aujourd’hui (élections partielles) presque partout des socialistes »- Jean Solu

 Ar Bobl, n° 228, 8 mai 1909

d)     Les socialistes

 « Le socialisme est un bon métier. Le tout est de l’exercer avec art »

Ar Bobl, n ° 45, 29 juillet 1905

« Les leçons du Socialisme ;

     Le Bourgeois s’occupe de légiférer contre l’Eglise. Il chasse les moines, les religieuses. Il s’empare de leurs biens et condamne des vieillards à la mort par la faim. Le Socialiste s’unit au Bourgeois parce qu’il hait le christianisme, cette Religion prêchant la résignation à la souffrance. Ils s’associent pour se vêtir, pour manger, pour boire, pour danser en des bals où le violon est rouge et la flûte cramoisie ...Les chefs socialistes ont solidarisé des instincts égoïstes  - Léon Le Berre »

Ar Bobl, n° 125,   16 février  1907

    « Peut-on espérer, tant qu’il en est encore temps, que la Gaule ressaisira sa tradition nationale, polluée par le judaïsme allemand des théoriciens de l’anarchie, Karl Marx et Bebel ? – F.J. »

Ar Bobl, n° 222, 27 mars 1909

 

 « Les internationalistes, unissant tous les peuples en un seul, ne veulent forcément plus d’armée. Nos ancêtres, disent-ils, nous font honte. Du Guesclin, Bayard, Jeanne d’Arc, Condé, Turenne, la Tour d’Auvergne, Napoléon sont  des égorgeurs d’hommes. Nous les renions… »

Ar Bobl, n° 70, 20 janvier 1906

    La politique – « Le ministre du travail, M. Viviani, s’est vanté d’avoir éteint dans le ciel des étoiles qui se rallumeront sans cesse, d’avoir arraché de l’âme du peuple la croyance à une autre vie, à des « visions irréelles » »

Ar Bobl, n° 228, 8 mai 1909

 

     « Au fond, chacun de ces hommes, qu’ils s’appellent radicaux ou socialistes, est un individualiste. Il se moque de la collectivité, il songe à lui-même et se soucie de son bonheur propre, lequel consiste à s’élever, par échelons, jusqu’à la place la plus lucrative […] Les Jacobins de la Première République n’ont point agi d’autre sorte : c’est en criant « Mort aux tyrans ! » et en guillotinant Louis XVI qu’ils se sont préparés à devenir chambellans de Napoléon Premier et comtes de l’Empire » 

Ar Bobl, n° 189, 8 août 1908.

 

 De l’Intransigeant : les socialistes

        « On dit un socialiste comme on disait autrefois un boïard ou un milord. […] La carrière des socialistes est en effet la plus fructueuse parmi les carrières libérales ( !!!). Tout père de famille avisé dit son fils : « Je le mettrai socialiste ». Et les cabinets des ministres, les administrations cossues, les états-majors où l’on engraisse sont peuplés de petits-bourgeois socialistes. Les juifs millionnaires qui recherchaient autrefois les gendres à particule veulent aujourd’hui le gendre socialiste. La fortune foudroyante de M. Millerand, de M. Viviani, leurs automobiles, leurs yachts, leurs chasses, leur suprême élégance, leurs relations aristocratiques, leurs amours sensationnelles et la curée formidable de la bande  Jaurès sur les tous les coffres-forts de Paris, de Berlin, de Constantinople, ont enflammé l’enthousiasme. Aux élections de 1910, il n’y aura plus que des candidats socialistes -   Urbain Gohier »

Ar Bobl, n° 205, 28 novembre 1908

Les « Sans-Patrie »

     «  Méditez cette motion votée par 900 voix contre 440 au récent Congrès socialiste de Toulouse : « Le Congrès rappelle la formule de l’Internationale : les travailleurs n’ont pas de patrie. En conséquence, toute guerre n’est qu’un attentat contre la classe ouvrière ; elle est un moyen sanglant de diversion à ses revendications. La Congrès déclare qu’il faut, au point de vue international, faire l’instruction des travailleurs.  Les travailleurs répondront à la déclaration de guerre par une déclaration de grève générale révolutionnaire ». Voilà qui va bien réjouir les Allemands ! »

Ar Bobl, n° 303, 15 octobre 1910

 

        « Nous pensons que si M. Jaurès propose à la France de licencier l’armée pour la remplacer par le citoyen armé chez soi, c’est qu’il y voit l’avantage de la Sociale et l’un des prodromes du Grand Soir. Dans l’état actuel des choses, le service militaire obligatoire égal pour tous nous paraît la meilleure école de discipline pour des  Français si indisciplinés et la meilleure garantie de sécurité pour les propriétés et les personnes dont Jaurès et la CGT préparent cauteleusement le sabotage » - F.J.

Ar Bobl, n° 330, 22 avril 1911

 



 






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