Ar Bobl (1904 - 1914)

Le journal de Taldir Jaffrennou: "le Peuple"

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09/08/2017

2) Prêtres...

                    Un prêtre et ses ouailles, Le Moustoir (canton de Maël-Carhaix)

 

[PNG] Le Moustoir prêtre et ouailles red

 

   Avec l'autorisation à titre onéreux de  wwww.cartolis.org      http://www.cartolis.org

   Le recteur (curé) est debout au deuxième rang derrière la première adolescente (en tablier noir) à partir de la droite. Le sexe masculin à droite, le sexe féminin à gauche. Petites paysannes en coiffe, petites filles du bourg chapeautées. Bannière;  croix du calvaire, des tombes.....


a)    Les installations des prêtres sont célébrées avec éclat :

« Installation de M. l’abbé Corbel comme recteur de Motreff

     Ce jour 8 novembre 1905 devant nous membres du bureau des marguilliers s’est présenté le sieur Antoine Corbel qui, après avoir annoncé sa nomination à la paroisse de Motreff, en remplacement de M. Odeyé, nous a exhibé ses provisions signées par Mgr Dubillard, Evêque de Quimper et Léon et scellées du sceau de l’Evêché.

    Ayant reconnu que cette nomination est revêtue de toutes les formalités requises et que, dès lors, le sieur Antoine Corbel est légitimement envoyé pour exercer les fonctions de recteur dans cette paroisse, nous avons dressé le procès-verbal ci-après et lui avons délivré le certificat en double expédition.

   Motreff, le 8 novembre 1905

Ont signé : Yves Derrien, Bourriquen, Tanguy, Le Berre Joseph, Naour Pierre, Cloarec Pierre, A. Corbel, recteur » .

Journal des recteurs de Motreff, 1905

 

« Poullaouen, 20 avril 1908 – Le clergé, précédé de la Croix, vint processionnellement prendre le nouveau recteur, M. l’abbé Corre, au presbytère. Après avoir baisé la Croix, celui-ci s’avança sous le dais que portaient quatre conseillers paroissiaux. Après avoir été conduit à sa stalle, à son confessionnal, aux fonts baptismaux, après avoir sonné la cloche, il monta en chaire pour adresser une brève allocution à sa paroisse. Pendant tout le mois de juin, le nouveau recteur visita ses paroissiens et bénit toutes les maisons »

 Journal des recteurs de Poullaouen, 1908, archives du presbytère

 

Cléden-Poher -  « Entrée du nouveau recteur, M. Norgant, né à St-Pol le 7 mars 1864, ancien recteur de Scrignac, d’où il fut chassé par la Municipalité le 29 octobre 1910. Un clairon précéda le cortège du presbytère à l’église. Toute la population était accourue à la fête, toute nouvelle pour elle. En effet, depuis quarante ans, pareille cérémonie ne s’était pas vue dans la paroisse. Dans le cortège figuraient douze prêtres et le fils du Maire »

Journal des recteurs de Cléden-Poher, 1911, archives du presbytère

 

b)   La prière fondamentale, à Plouguer, 1909

  “En hano an Tad, ar Mab hag ar Spered Santel evelse beza great

Deuet omp aman, Kristenien, evit sanctifia devez santel ar zul, evit adori eun Doue e tri fersoun: an Tad, ar Mab hag an Spered Santel e drugarekat eur vadoberiou ha goulen digantan e c’hrasou.

   Pedi a raimp evit hon Tad Santel,  ar Pap, an aotrou Eskop, an holl veleien eus an eskopti, evit ar Frans, hor cherent, hor mignoned hon enebourien memes; an dud klanv eus ar barrez evit distrei a bec’herien ous Doue, perseverans an dud vad ha konversion ar bec’herien hag an heretiked evit goulen bennoz Doue var madou an douar hag ar c’has da ober eun implij mad anezho”

Traduction:

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, ainsi soit-il.

Nous venons ici, Chrétiens, pour sanctifier le jour saint du Dimanche, pour adorer Dieu en trois personnes, les remercier de leurs bontés et leur demander de répandre sur nous leurs grâces.

  Nous prierons  pour notre Saint-Père le Pape, pour Monseigneur l’Evêque, tous les prêtres du diocése, pour la France, pour nos familles, nos amis et nos ennemis de même ; pour les personnes malades de la paroisse, pour combattre les péchés contre Dieu, pour que persévèrent les gens de bien et la conversion des pécheurs ainsi que des hérétiques, pour demander la bénédiction de Dieu sur les biens agraires et la grâce d’en faire un bon usage »

 

c)    Portraits de quatre prêtres

  • Un ecclésiastique respecté, à  Poullaouen :

     « Son esprit surnaturel se développa encore plus, car il jugeait à bon droit que Dieu seul cause les conversions et favorise les persévérances. Aussi se rendait-il très tôt à son église, dont il restaura le pavage en mosaïque ; et le soir, très régulièrement, de 5 à 6 heures, il demeurait à genoux, sans appui, devant le Très Saint Sacrement, priant pour le salut de sa paroisse.. Et sa tristesse provenait surtout de n’avoir pas d’école libre pour ses enfants »

   Notice nécrologique de l’abbé Yves Lohéac (1870-1927), Semaine religieuse de Quimper et du Léon, n° 3, 21 janvier 1927, archives de l’Evêché

 

  • Un prêtre de combat, à Cléden-Poher

    En 1913, le recteur de Cléden-Poher rétablit, à son profit, la quête annuelle que son prédécesseur avait abandonnée une dizaine d’années auparavant.  Cette quête  permet au prêtre de punir les comportements répréhensibles :

     « Les personnes que nous avions vues travailler le dimanche pendant la récolte ou qui avaient fait manger gras chez elles la veille de l’Assomption, nous les avons laissées de côté. Elles ont été très peinées de la chose et quelques-unes s’en sont plaintes. Puisse la leçon leur profiter ! ».

     Cette même année 1913, le même prêtre se montre inflexible à l’égard des paroissiens qui ne se décident à accomplir les exercices de la mission qu’avec bien du retard :

   « La première semaine s’ouvrait le dimanche 8 juin après les vêpres. L’assistance laissa à désirer le dimanche soir et le lundi. Et mardi en revanche, l’église était bien pleine. Le mardi passé, on ne recevait plus personne. Aussi les gens de Coat Nuz et de Kerdivoall qui ne se présentèrent que le mercredi, pour la première fois, durent s’en retourner chez eux, la tête basse. Ils furent tous refusés, à part trois qui avaient de bonnes raisons pour rester chez eux le lundi et le mardi »

Journal des recteurs de Cléden-Poher, 1913,  archives du presbytère

 

  • Un prêtre d’argent, à Botmeur.

Un anticlérical de la commune passe devant le tribunal de Châteaulin pour diffamation écrite à l’encontre du recteur de la paroisse. Voici quelques extraits du corps du délit :

    « C’est le parfait type du curé monnayeur ! Tous les prétextes sont bons pour battre monnaie. Imaginez-vous qu’il y a quelque temps un monsieur de la Feuillée est venu à Botmeur pour y faire des conférences protestantes. Naturellement, la curiosité […] lui a fourni aussitôt de nombreux auditoires. [….] La crainte des perdre des pratiques fit à notre recteur crier bien fort en chaire ; mais on ne l’écouta guère et l’on continua à fréquenter les réunions qui se tenaient chaque semaine dans une maison inhabitée.

   Ce que voyant, le recteur, qui n’est pas bête du tout, imagina un moyen infaillible pour remettre ses paroissiens dans le sentier de l’obéissance passive. A chaque mariage, il refusa carrément de faire les publications à l’église pour ceux qui avaient commis le grave péché d’assister aux conférences, à moins que les futurs nouveaux mariés ne lui remettent une somme d’argent destinée à payer la dispense de l’Evêque […] On devine sans peine que cet argent n’est pas allé à l’évêché ; il servira plutôt à payer une barrique de bon vieux vin au recteur !  - Théophile »

Minute n° 203, procès du 29 juillet 1909, archives départementales du Finistère, série 10 U 7/76

 

  •  Un prêtre pacifiste : Plouyé, 1909 : 

 

   A la suite d’un conflit   engendré par la construction d’une école laïque dans un verger provenant d’une donation à l’église,  le curé tend le rameau d’olivier au maire anticlérical, et lui fait une offre de coexistence pacifique. A l’issue d’un interdit de cinq mois, ce recteur nouvellement nommé  s’adresse ainsi publiquement lors de son installation officielle dans la paroisse, au maire et aux paroissiens ;

 « Je viens au nom de l’Evêque. C’est à Lui seul que j’ai conseil à demander. C’est de Lui seul que j’ai des ordres à recevoir. Je suis prêt à vous accorder ce que ma conscience me permettra. Que M. le Maire me laisse le gouvernement de la paroisse. Je ne m’occuperai jamais de politique. Laissez-moi les âmes. Marchons la main dans la main. Chacun son métier et les vaches seront bien gardées » (Journal des recteurs de Plouyé, 1909)

 

Les prêtres et l'évêque à Plouray (canton de Gourin, Morbihan) un jour de "confirmation"

 

[JPG] jour de confirmation Plouray gratuite







Dernière modification le 11/02/2016

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