Ar Bobl (1904 - 1914)

Le journal de Taldir Jaffrennou: "le Peuple"

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09/08/2017

                                                                         Cette page a été complétée en janvier 2016 et mai 2017


C) De quelques pommes de discorde...

1) La Séparation

      La loi, avalisée par le Sénat, est promulguée le 9 décembre 1905 :

       « Article 1. La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes..

         Article 2.  La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte…

         Article 23. Il est interdit de tenir des réunions politiques dans les locaux servant habituellement aux exercices du culte.

         Article 28. Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public, à l’exception des édifices servant au culte..

 

Paris – A la Chambre des Députés

   « Séance du 29 novembre – Le socialiste Dejeante demande que l’on interdise le port de la soutane en France. M. Briand répond à ce farouche citoyen que « le gouvernement a autre chose à faire que de régler la coupe des habits des citoyens » »

Ar Bobl, n° 258, 4 décembre 1909

 

De 1902 à 1906, le « petit père Combes », ancien séminariste défroqué devenu docteur en médecine et sénateur, conduit la politique française depuis l’Hôtel Matignon dont il est l’hôte du 10 juin 1902 au 18 janvier 1905. Anticlérical acharné, il fait preuve, contre les congrégations religieuses enseignantes (les Ursulines de Carhaix, par exemple), d’un esprit de persécution telle que le socialiste Millerand lui-même le qualifiera d’abject.

 

  « Collecte de signatures à la campagne en faveur de la dénonciation du Concordat, mais collecte aussi en sens inverse. La Séparation est un moyen de guerre contre le sentiment religieux...Les catholiques se voient contraints à de nouveaux et pénibles sacrifices-  Hervé Claude »

 Ar Bobl, n° 4, 15 octobre 1904

  De son vrai nom, Hervé Claude s'appelle Diraison. Après des études au  petit séminaire de Pont-Croix, il épouse la sœur du maire catholique de Collorec. Rédacteur en chef du Courrier du Finistère, il donne des articles à ar Bobl. Il meurt de phtisie à 38 ans en décembre 1908

 

    Le Concordat de 1801 entre le Premier Consul Bonaparte et le Nonce papal réglait les rapports entre les clergés et l’Etat. En vertu de cet accord, les prêtres, pasteurs et rabbins recevaient un traitement annuel de l’Etat. Les anticléricaux ne pouvaient admettre que les prêtres, très majoritairement adversaires de la République, surtout parlementaire, puisse enseigner, prêcher (en breton) et influencer ouvertement le vote des électeurs.

« Séance du 22 octobre 1904 à la Chambre des Députés : Rupture des relations diplomatiques avec le Saint-Siège – Pour : 318 dont 3 députés finistériens, 3 députés des Côtes-du-Nord. Contre : 230 (dont 6 députés finistériens et 5 des Côtes-du-Nord)- Abstention : Dubuisson, député de Carhaix »

Ar Bobl, n° 6, 29 octobre 1904

   La majorité des députés bretons élus en 1902 est composée de républicains modérés, tolérants en matière religieuse et scolaire


   « Séance du 23 octobre 1904 à la Chambre des Députés : Baudry d’Asson député royaliste de Vendée utilise les formules : « le père Combes », « Vobis Combes »     

 

« En présence d’un courant d’idées aussi fort et d’une source d’énergies aussi abondante que l’est en France le catholicisme, le gouvernement, quel qu’il soit , n’a le choix qu’entre ces deux attitudes: ou favoriser ce mouvement et puiser à cette source des forces pour l’accomplissement de sa mission ou bien combattre le premier et essayer par tous les moyens de tarir la seconde.. Mais la majorité ne voulant pas entendre d’entente amicale, c’est donc la persécution qui se déchaînera... -    Hervé Claude »

Ar Bobl,  n° 6,  29 octobre 1904

 Une guerre   franco-française fondée sur l’opposition des conceptions  religieuses : protestants contre catholiques, jansénistes contre jésuites, ultramontains contre gallicans, déïstes contre conformistes, athées contre croyants, irréligieux contre cléricaux…

Le socialiste Dejeante réclama au printemps 1902 le droit pour les libres penseurs de siffler dans les églises pendant les cérémonies

Paris- Combes parlera.

    « M. Judas Combes prononcera à Grenoble un grand discours-programme. L’ancien Président du Conseil mangera du curé. C’est la plat de résistance des agapes soi-disant démocratiques »

Ar Bobl, n° 59, 4 novembre 1905

 

MALHEUR AUX PAUVRES !

      « Pour des millions de Français, la religion n’est pas un amusement comme le théâtre pour d’autres, c’est un besoin, c’est une nécessité de conscience. Nos paysans sont si pauvres et tellement écrasés d’impôts qu’on ne trouvera pas, malgré la foi qui les anime encore les millions de francs nécessaires pour le logement et le modeste traitement du curé et pour l’entretien des églises et leur location... Ni moi ni personne de ma famille ne serons jamais avocats. Pourquoi nous force-t-on de payer les professeurs de droit ? Est-ce que le service public du culte n’a pas de raison d’être autant que le service public des Beaux Arts dont les trois quarts de la Nation ne profitent pas ? La liberté de conscience est un droit de l’Homme... Mais, en France, le Bloc dit: « Tant pis pour les pauvres !   - Cyr »

 Ar Bobl, n° 13,  17 décembre 1904

« Charité bien ordonnée commence par soi-même.. ». De la divergence des ordres de priorités 

 

Au Parlement – « M. Julien Goujon, progressiste, rappelle la parole de Jules Ferry : « la séparation de l’Eglise et de l’Etat et la suppression du budget des cultes seront, avec une guerre continentale, le plus grand malheur qui pût arriver à la République »

Ar Bobl, n° 30, 15 avril 1905

 Un progressiste est un homme de droite conservatrice

Pétitions contre la Séparation : France : 1 500 000 signatures ; Finistère : 83 132 signature, Côtes-du-Nord : 85 000 ; Ille-et-Vilaine : 90 000 ; Loire atlantique : 88 000 ; Haute Loire : 150 000 ; Mayenne : 185 000

Ar Bobl, n° 34, 13 mai 1905

 

Paris – Séance au Parlement : la Séparation

« M. Dejeante engage les socialistes à revêtir dans les mascarades le costume ecclésiastique pour le ridiculiser »

Ar Bobl, n° 41, 1er juillet 1905

 

 "L'article 23 de la Loi de Séparation est voté: "Il est interdit de tenir des réunions politiques dans les locaux servant habituellement aux exercices du culte"

Ar Bobl, n° 41, 1er juillet 1905


Paris – « Séance de la Chambre des Députés du 3 juillet 1905 –

    M. Gérault-Richard, député, propose de remplacer les noms de Toussaint, Ascension, Assomption et Noël par des noms de fêtes de fleurs, de moissons... Projet repoussé par 356 voix contre 195 –

   M. Briand déclare : « Si le développement de l’Eglise est impossible sans le secours du Concordat, c’est que l’Eglise romaine est morte »

Ar Bobl, n° 42,  8 juillet 1905

 

   « La Chambre a voté le 21 décembre 1907 la loi de dévolution des biens d’église »

Ar Bobl, n° 170, 28 décembre1907

 

Paris – A la Chambre

  « Ce qui nous divise, c’est l’étendue de toute la question religieuse » a dit M. Poincaré en s’adressant aux députés conservateurs (Libéraux et républicains progressistes)

Ar Bobl, n° 377, 16 mars 1912


2)    L’ »Affaire »

« Dreyfus, c’est entendu, est une innocente victime ; ainsi l’a proclamé la Cour de Cassation. N’empêche qu’une bonne moitié des Français le tint pour coupable pendant plusieurs années et que de fortes présomptions militaient en faveur de cette opinion. D’autres Français, sans trop savoir pourquoi au début, soutinrent énergiquement l’innocence du capitaine. L’or hébraïque, amassé patiemment par un travail séculaire, dut être versé à flots, car Dreyfus trouva des défenseurs qu’un Français d’origine n’eût pu espérer. Après six années de crise et de luttes, les Sémites et leurs alliés l’emportèrent »

Ar Bobl, n° 187, 25 juillet 1908

 

3)    La question scolaire

Paris – « Débat à la Chambre sur la question scolaire. Barrès demande que l’instituteur soit surveillé par un comité de pères de famille, qui collaborerait avec lui […] Aristide Briand se dit hostile au monople de l’enseignement. La diversité de l’enseignement doit être de mise dans une démocratie. Mais la République ne tolèrera pas que le curé s’introduise à l’école laïque»

 

Paris - La politique de M. Briand

   « M. Briand a lu à la Chambre la déclaration d’usage du nouveau Ministère : « Le parti républicain n’a pas condamné la religion d’Etat dans ce pays et séparé, il y a quatre ans, l’Etat de l’Eglise pour créer une sorte d’irréligion d’Etat. L’Ecole ne doit être ni religieuse ni anti-religieuse, elle doit faire abstraction de tout ce qui est métaphysique et surnaturel pour s’en tenir aux vérités démontrées et acceptées par tous ».

    M. Faure, le nouveau Ministre de l’Instruction publique, exigera que l’amour de la Patrie soit l’âme même de l’enseignement des instituteurs   […]

    Briand veut nous sortir des « mares stagnantes »  . Sans chicaner sur son passé ou sur ses intentions, il importe à tous les amis de l’Ordre et du Travail de l’appuyer contre les fauteurs d’anarchie et les cerveaux déséquilibrés qui fourbissent leurs armes derrière le masque pansu de Jaurès»

Ar Bobl, n° 307, 12 novembre 1910

"Mares stagnantes": Allusion au système des circonscriptions électorales qui, d’une élection législative à la suivante, désignent les mêmes députés et donc la même majorité parlementaire soutenant des gouvernements de colorations politiques très proches

4)    La question  patriotique

"L'égoïsme, source du socialisme, la jalousie, source de la démocratie, ne feront jamais qu'une société faible, incapable de résister à de puissants voisins" (Ernest Renan (1823-1892))

"La "Lanterne": la feuille attitrée des judaïsants et des prussianisants"

Ar Bobl, n° 61, 18 novembre 1905

La Lanterne, fondée par Henri Rochefort, ancien opposant au Second Empire, puis boulangiste, est un journal anticlérical, très hostile au catholicisme. Aux yeux des conservateurs, ce journal se fait trop le défenseur des juifs (Naquet, qui inspira en 1884 la loi rétablissant le divorce; Dreyfus).

  « « La Gaule vraiment unie en une seule nation serait capable de défier le monde » - César (citation gravée sur le monument de Vercingétorix à Alésia)

Ar Bobl, n° 351, 17 septembre 1911

 Paris – Décès de Paul Déroulède

   « Une grande figure de soldat vient de disparaître en Paul Déroulède. Il incarnait, dans sa forme la plus noble et la plus élevée, le patriotisme le plus pur et le plus désintéressé »

Ar Bobl, n° 477, 7 février 1914

 

5)   La franç-maçonnerie

« La Franc-Maçonnerie vous hait, et la Franc-Maçonnerie, c’est la France ! – F.J. »

Ar Bobl, n° 8, 12 novembre 1904

 

      Beaucoup de députés, sénateurs, conseillers généraux, ministres appartiennent à des obédiences maçonniques diverses, qui ont en commun de combattre et réduire l’influence intellectuelle (le contenu de l’enseignement : la raison raisonnante), spirituelle

"Les Francs-Maçons - Sur 880 parlementaires, 226 F.M. dont plus de la moitié du Midi. Un seul élu breton est F.M.: de Kerguézec, député radical de Guingamp 1"

Ar Bobl, n° 177, 16 mai 1908

 

  "Lanternes masquées " - Nous recevons la letre suivante:

 "Dans un entrefilet intitulé: "Mascarades cléricales", le correspondant de la Lanterne à Carhaix se dévoile encore en parfait type du vadécard anonyme. Animé d'une diabolique colère, il dénonce à la République, aux Ministres et au Préfet la ville de Carhaix comme coupable de lèse-trahison parce que, au jour de la Fête-Dieu, il y est édifié publiquement deux reposoirs [...] "L'un est bâti par un des plus fougueux cléricaux". Il y a un frère trois points dans cette ville, un vadécard qui n'oserait pas signer sa dénonciation de crainte d'être poursuivi par les huées publiques et qui va déposer ses petites ordures au loin, très loin, espérant ainsi échapper au mépris populaire. Un contribuable".

Ar Bobl, n° 41, 1er juillet 1905


 

6) Liberté, EGALITE, P R O P R I E T E

 

    "Où sont-ils les socialistes ?

[...] Nous disons: "Tout le monde propriétaire !" Si l'on écoutait notre avis, la question sociale serait résolue en dix ans par le procédé suivant: tout propriétaire verserait à la Communauté , par chaque 1000 francs de revenus, un journal de terre (48 ares), les capitalistes se libèreraient dans la même proportion par un versement d'argent correspondant. Ces terres et cet argent versés à la Communauté  seraient répartis entre les Gens qui ne possèdent rien, de façon que chacun ait un lopin de terre au soleil, lopin que la loi déclarerait inaliénable. Et voilà tous les pauvres devenus petits propriétaires. Le système est simple, facile et juste.

   Mais les meneurs socialistes révolutionnaires ne veulent pas que tout le monde soit propriétaire, car, de ce jour, leurs conférences creuses, leurs grèves ruineuses, leurs petits bénéfices aux Bourses du Travail, seraient à l'eau: le socialisme aurait vécu et ils en vivent, du socialisme, en se fichant du réel intérêt du Travail, n'ayant qu'un but: s'enrichir eux-mêmes et appauvrir la Région"

F.J.

Ar Bobl, n° 82, 14 avril 1906

 

Taldir, qui épluche la presse parisienne,  publie çà et là un article dont il approuve le contenu et qui a pour mérite de montrer qu'il n'est pas le seul en France de son opinion...

   "Le parti socialiste

Nous lisons dans le Soleil : "Le discours d'Aristide Briand à Saint-Etienne témoigne d'une candeur exagérée, il croit évidemment encore qu'il existe un parti socialiste ayant un idéal et un parti radical ayant un programme; il les invite à s'unir s'ils veulent être forts et les sollicite de pratiquer une politique de concessions réciproques et de tolérance mutuelle.

 Il paraît que tous ces gens qui, par calcul, routine, lâcheté ou sottise, prennent les qualificatifs de socialiste, radical, collectiviste, ne savent guère ce qu'ils signifient et n'ont même pas souci de l'apprendre. C'est affaire de mode, et selon les circonstances on ramasse l'étiquette, non pour l'idée qu'elle représente, mais pour les suffrages qu'elle vaut"

Ar Bobl, n° 55, 7 octobre 1905

 

L'hebdomadaire morlaisien "L'Echo du Finistère" (1905-1912), de droite catholique, quelque peu royaliste et certainement régionaliste, se livre dans son numéro 40, daté du 8 septembre 1906, à une récapitulation des "persécutions" endurées par les catholiques..    Les dates citées permettent de lire chronologiquement  cet article

[PNG] persécution religieuse n° 40 8 sept 1906.PNG[PNG] persécution religieuse B n° 40 8 sept 1906.PNG


[PNG] persécution religieuse C n° 40 8 sept 1906.PNG[PNG] persécution religieuse D n° 40 8 sept 1906.PNG[PNG] persécution religieuse E n° 40 8 sept 1906.PNG

 






Dernière modification le 16/05/2017

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