Ar Bobl (1904 - 1914)

Le journal de Taldir Jaffrennou: "le Peuple"

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09/08/2017

 

1)    La guerre scolaire

 

A la Feuillée, dès 1902, le maire républicain  reconnaît  les mérites d'une institutrice publique en poste dans la commune: « Mlle L., pendant que les écoles congréganistes existaient, leur faisait bon gain et c’est grâce à elle si on n’a pas fait beaucoup de bonnes sœurs par chez nous »

  Lettre du maire de la Feuillée au conseiller général d’Huelgoat , 22 août. 1902, Archives départementales du Finistère, 3 M 498

 

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   Le groupe scolaire laïque de Poullaouen. Des bâtiments imposants et coûteux, qui n'abritent pas la mairie. De hautes fenêtres, et un mur isolant les cours et les salles de classes des filles et des garçons. Le maire de Poullaouen en 1878 a procédé à une sorte de référendum négatif: il a fait signer une pétition hostile au maintien de l'école libre. Toutes les municipalités ayant  succédé à celle du premier maire anticlérical de l'histoire de la commune, ont creusé le même sillon. Un secrétaire de mairie a refusé de faire baptiser sa fille... L'école publique est l'enfant unique chérie des maires de Poullaouen jusqu'à la Grande Guerre...

Carte postale parue dans "Kreiz Breizh n° 11, 3e trimestre 2004, article: "l'anticléricalisme en Poher finistérien""

 

   « Les droits et les devoirs des parents relativement à l’école selon les Evêques de France :

Les enfants appartiennent à leurs père et mère.

Ceux-ci ont le droit imprescriptible de les initier à la vie de l’âme.

Les parents ont le droit et le devoir de chosir et de surveiller l’école.

L’école publique ou neutre est réprouvée par l’Eglise »

 

Commentaire du Bas-Breton de Châteaulin : « A la paix que veut le Gouvernement, c’est par la guerre que les évêques répondent »

N° 250, 9 octobre 1909

 

 

   Cléden-Poher, commune catholique, est sous la coupe conjuguée du recteur et du maire royaliste, le comte Jégou du Laz. Elle a toujours refusé d'accueillir une école laïque de filles. L'école privée, tenue par des "bonnes soeurs", enseignantes et aussi soignantes (médecine illégale volontiers pratiquée sans que personne ne s'en plaigne, sauf les médecins carhaisiens, même catholiques pratiquants), n'a pas bonne réputation pédagogique. Elle est nationalisée en dépit d'une pétition que signe la presque totalité des adultes de la commune. Le maire et le baron de Boissieu, propriétaire et député de Gourin (1902-1910), suscitent la création d'une nouvelle école privée.

 

    «  [..] C’est donc un total de quinze cents francs [1] que je donne pour cette école, avec demande à Dieu de m’en tenir compte plus tard.. 

                           Comte du Laz »  [2]

 

       A Cléden-Poher, le montant de l'édification de l'école privée de filles s'élève en 1905 à 12 901 F, somme couverte en partie par le legs de Mlle du Laz, constitué de revenus spéculatifs (titres russes à 4 % , chinois à 5 %)..

   Le Préfet invoque les défauts techniques des édifices de l’école privée pour en refuser l’utilisation : « Considérant que la maçonnerie du puits n’est pas faite, que l’excavation ouverte au niveau du sol sans aucun rebord n’est recouverte que de quelques branchages, qu’un élève, s’échappant de la cour de récréation qui n’est pas close, pourrait y tomber sans que personne s’en aperçoive.

     Considérant que les cabinets d’aisances sont placés dans des conditions telles que la surveillance est rendue absolument impossible pendant les heures de classe […] Il est fait opposition dans l’intérêt des bonnes mœurs et de l’hygiène »  [3] .

L 'école libre de Cléden-Poher. est ouverte le 26 novembre 1905,



[1]  15 000 francs de 1905 représentent aujourd’hui environ 300 000 F ; le kilogramme de pain coûte 0,20 franc en 1905 ; toujours en 1905, le conseil municipal de Plounévézel estime qu’une somme journalière de 0,50 F suffit à l’entretien d’un assisté

[2]  Lettre au recteur de Cléden-Poher, 14 décembre 1905, archives du presbytère de Cléden-Poher

[3]   Rapport de l’Inspecteur primaire à l’Inspecteur d’Académie, 1905, archives départementales du Finistère, 1 T 263

 

  Participent aussi aux dépenses de fonctionnement (salaires des institutrices) des laïques, puis à partir de 1911, l'ordre des Soeurs du Bon Secours prend à sa charge une bonne part des dépenses.  L'opulence règne, pour un temps....   Au tour de l'école laïque de faire ses preuves et, peut-être, de l'emporter, dans une commune hostile....  Cléden-Poher est situé sur le "front scolaire"...

 


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  Lignol, en Pays pourlet (canton de Guémené-sur-Scorff), appartient aussi au front scolaire. En 1907, une manifestation laïque y est organisée avec succès. Célèbrent un "baptême républicain d'école", des notables: le conseiller général, des instituteurs, et l'Inspecteur primaire. L'école publique est baptisée du nom du premier député-maire de la commune, Corentin Le Floc'h (1754 - 1794). Ce riche propriétaire terrien, député du Tiers Etat de la sénéchaussée d'Hennebont, siégea aux Etats généraux puis à l'Assemblée constituante (1789-1791). Hostile au droit de veto royal absolu, il fut de la majorité de gauche. Cela explique son assassinat, le 8 novembre 1794, par des Chouans qui avaient la mémoire longue....

Carte postale utilisée in "Mémoires du Kreiz Breizh n° 11, novembre 2004, p. 49

 


 

1) Persécutions et tracasseries

2) Fermeture d'écoles privées et ouverture d'écoles publiques

3) Résistances...

4) Deux poids et deux mesures ?

 

 

 

  






Dernière modification le 03/04/2013

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