Ar Bobl (1904 - 1914)

Le journal de Taldir Jaffrennou: "le Peuple"

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09/08/2017

2)   Charité ou solidarité ?

 a)   Aider son prochain..

Carhaix  - « L’Oeuvre Sainte-Anne fondée en 1894 procédera cet hiver comme les précédents à sa distribution annuelle de vêtements aux indigents de Carhaix.. »

Le Secours catholique avant l’heure…

Carhaix – « Le Fourneau économique, institut charitable, avait été organisé par la Municipalité Anthoine sur l’initiative de MM. Lemoine  et de Jaegher »

Ar Bobl, n° 222, 27 mars 1909

Médecin, Lemoine fut un conseiller municipal catholique de Carhaix (décès en 1892)

Un catholique et un protestant unissant leurs efforts… Voilà qui, en ce début de 20e siècle, n’est ni courant ni  dénué de suspicion… Les « restaus du cœur » avant l’heure., là aussi.

Carhaix -  Fourneau économique

« La soupe est servie à 146 indigents – Le soir, un ragoût leur a été donné. Les pauvres étaient enchantés et reconnaissaient tous la bienfaisante utilité de cette institution »

Ar Bobl, n° 26, 18 mars 1905

 

Carhaix – Obsèques de Mme de Léseleuc de Kerouara

    « La défunte laisse parmi les indigents de la région, dont elle s’est toujours montré la providence, des regrets unanimes »

Ar Bobl, n° 65, 16 décembre 1905

 

Carhaix - « M. de Léseleuc est élu pour cinq ans Président de la Société de secours mutuels »

Ar Bobl, n° 72, 3 février 1906

    Augustin de Léseleuc de Kérouara, né en 1862, propriétaire terrien, assureur, conseiller municipal pendant un quart de siècle, catholique pratiquant, président du conseil de fabrique de l'église de Carhaix depuis 1893. Un aïeul qui fut évêque d'Autun; un grand-père médecin à Carhaix en 1852, un père juge de paix, secrétaire du Comice agricole du canton de Carhaix en 1885.. Notre homme est décrit comme "nationaliste et réactionnaire par le Sous-Préfet de Châteaulin en 1907 et le maire de Carhaix comme"conservateur, mais adversaire très loyal et excellent collaborateur municipal".

Carhaix –  « Mme Lancien, Vice-Présidente de la loterie de bienfaisance » 

Ar Bobl, n° 92, 23 juin 1906

« Carhaix – Le Fourneau économique a distribué 28 000 soupes gratuites en  1913 à Carhaix »

Ar Bobl, n° 475, 24 janvier  1914

 On trouve donc ici la preuve de l’existence d’un sous-prolétariat venu de la campagne voisine : ouvriers agricoles victimes de la morte saison hivernale, surchargés d’enfants ; ouvriers d’ateliers accidentés ou licenciés ; domestiques trop âgés pour travailler….

« Carhaix – « Loterie de bienfaisance ; dons de Mme Lancien : une chaise, un fauteuil ; Mme veuve de Jaegher : un dessous de plat »

Ar Bobl, n° 484, 28 mars 1914

 

b)   S’aider les uns les autres…

« Carhaix – « La Coopérative de consommation  l’ « Union des travailleurs » fondée à Carhaix  le 18 janvier 2007 « en dehors de toute politique et de toute religion »; administrée par une gérante ouvre  une épicerie rue de la gare » .

     Les militants ouvriers d’extrême-gauche de Carhaix fondent donc une coopérative qui vend épicerie et pain à bon marché.

     Cette initiative est combattue : « Depuis quelques semaine, un certain nombre de feuilles réactionnaires ont entrepris une campagne des plus vives contre la Coopérative de l’Union des travailleurs fondée à Carhaix en dehors de toute politique et de toute religion, par les employés des chemins de fer. Ces journaux sont dans leur rôle quand ils cherchent par tous les moyens d’entraver le progrès et l’émancipation des « Gueux » qui ont bien l’outrecuidance, vraiment, d’ambitionner quelque petite place au soleil »

    Lettre du secrétaire de la Coopérative, publiée par ar Bobl, n° 124, 9 février 1907

   Fondateurs : Claude Caroff, Jean Bouguennec, Joseph Evano, Guillaume Pinson, Ferdinand Le Blanchec, Yves Ferrec, Valentin Le Guern, Louis Liziard, Charles Cadiou, Pierre Le Roy, Olivier Guillerm, François Derriau, Jean Gourio, Auguste Deblanchet, Clément Le Fèvre, Lucien Berrey, Jean Scouarnec, François Lascun, Charles Le Roy, Anatole Dufourneau, Charles Cochard, Pierre Kernoas, Claude Michat

  Ar Bobl, n° 124,   9 février 1907

Quelques-uns de ces fondateurs sont candidats, sans succès, aux élections municipales de 1912 sur une liste socialiste.

« Carhaix - « La Coopérative de consommation « l’Union des travailleurs » fondée en 1907 ferme boutique en mai 1908 »  

Ar Bobl, n° 180,  6 juin 1908

     L’expérience a duré un an. Deux raisons essentielles peuvent expliquer cet échec : la difficulté de s’approvisionner à meilleur coût que les concurrents « capitalistes », la volatilité de la clientèle des épouses de cheminots.

 

« Plonévez-du-Faou – « Le percepteur a accepté d’effacer la dette des époux Bidor, qui n’ont pu acquitter un impôt de 32 F, parce que la femme, mère de neuf enfants, est enceinte et que le mari gagne 30 sous par jour »

Ar Bobl, n° 165, 23 novembre 1907

 

c)  Prendre aux morts pour donner aux vivants…

 « Carhaix –« Attribution des biens de la fabrique à l’Hospice, le 29 mai 1911 »

Ar Bobl, n° 336, 3 juin 1911

    La fabrique est un groupe de laïcs bons chrétiens chargé par l’Evêque, qui procède à leur nomination sur proposition du curé de la paroisse, de veiller au fonctionnement matériel de la vie religieuse : pour célébrer les offices, il faut des cierges, des hosties, des flambeaux, des bannières, des statues, un harmonium ou un orgue, des vases sacrés ; il faut rétribuer un sacristain ; il faut réparer les huisseries dans l’église, les chapelles, le presbytère. Bref, il faut de l’argent.

    Les quêtes en nature ou en argent n’y suffisent pas toujours. Ce sont les donateurs de champs, d’exploitations agricoles, d’immeubles, d’actions, de rentes, de titres d’emprunts russes, qui sont la providence de l’Eglise. Tous ces biens donnés portent le nom de « fondations » parce qu’ils servent de fondements à des messes à dire à perpétuité ( !) pour le repos de l’âme des donateurs.  

   Mais, en 1905-1906, l’Etat s’est approprié les biens d’Eglise. Comme il n’a que faire de champs et d’immeubles, il fait procéder à leur vente aux enchères publiques. Les acheteurs encourent une excommunication dont ils s’accommodent…

     C’est la seconde fois dans l’histoire de la France, après le précédent de 1791-95 (« biens de première origine ») que les biens d'Eglise sont "nationalisés" puis vendus. Bien sûr,  les communes, devenues propriétaires, parfois à leurs corps défendants, des édifices religieux, doivent les entretenir afin que le clergé puisse les utiliser dans de bonnes conditions (églises et chapelles) ou les vendre (presbytères).






Dernière modification le 14/03/2013

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