Ar Bobl (1904 - 1914)

Le journal de Taldir Jaffrennou: "le Peuple"

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09/08/2017

D) Les fronts ou champs de bataille:

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Journal de Pontivy et de son arrondissement, 8 avril 1906

  De toute évidence, la rue constitue l'un des lieux majeurs d'affrontements, comme ici à Silfiac, aux portes de Pontivy

 

L'entrefilet ci-dessous, paru dans le "Courrier du Finistère" (le "Piti Courrier", ultra-catholique), permet de dresser une liste presque complète des "fronts":

 

Plonévez-du-Faou

Union ar Gatoliked

Disul diveza, an aotrou Balanant, persoun Sant-Mark, Brest, a gomze dirak parresioniz Plonevez-ar-Faou divar ben "Union ar Gatoliked". Daou c'hant goaz, da nebeuta, a oa deuet da glevet ar prezeger dispar, anavezet, koulz lavaret, e peb parrez euz an Eskopti.

 Setu aman eun diverra euz ar e brezegen:

Diou Loden - I. Brezel great d'ar reljion en hor bro Frans

Perak ar brezel-se ? Evit digareziou henvel-tre euz an digarez en doa ar bleiz da zailla var an danvad. Rag ar c'hatolik guirion a dle senti euz ar Pab. Hogen piou ne oar ket petra en deus goulennet ar Pab gant katoliked Frans ? Respeti furm or gouarnamant. Ar c'har a zo mad; ar c'hezek eo a zo fall. Guellaomp anezo, hervez hor posubl. 

    Petra en deuz great hon enebourien en ho c'hounar .

  1) Frered a seurezed kasset euz ho skoliou. Elez mad ar vugale, ar famillou, ar parreziou. Elez mad ar vro, en despet d'ar vad great, ho deuz renket mont d'ar broiou all da glask aluzen ar bara ag al liberte.

2) Soeurezed an hospitaliou stlapet er meaz...Ia, epad ma roent ho iec'hed, ho buez d'ar zoudard, d'ar martolod, pell euz ar vro; epad ma renke ar ministr staga ar groaz a henor euz ho feultrin, an toussek-franmasson a laboure dre zindan evit o c'hass er meaz. Daoust ag ar soeurez en hospital a glaske diskar ar gouarnamant ? Pa vint klanv o hunan, vo klasket eur soeurez var o zro, evel en deuz gret Clemenceau. 

3) Belek ebed mui en hospitaliou, nemed goulennet e vije gant ar c'hlanvour [...] Ober a reont goab ouzomp, en hano al liberte. Al liberte ne zeo nemed evitho d'ober o reuz, da garga o godellou. 

4) Tennet ar groaz euz an tribunaliou. Eur rebech a oa evitho, evel guechal da Judas.

5) Tennet ar groaz euz ar skoliou. Mad, kerent kristent kizellit anezi e kalon o pugale. O c'horf d'ar vro pa vo necesser, mez o ene da Zoue, ato.

6) Torret o deuz a c'honkordat a great lezen an disparti. A pe seurt disparti ! Ar bleiz var an danvad adarre.

  Petra zo en em gavet neuze. Daou veachour o treuzi eur c'hoad. Sevel ra etrezho. En omp zispartiomp, eme an hini krenva: mez da genta ro din da ialc'h, da zillad a kerz e noaz pill da bourmen. A raktal laeret ar semineriou, laeret an Ilizou, laeret ar presbytaliou, ag ar madou staget outho. Laeret an dud varo.

II) Eil Loden.

A ni, petra or beuz great evit ho diarben ? Netra nemed huanadi. Petra or beuz da ober ?

1) Da genta union evit ar skoliou. Anaout a rit var ar poent-se o tever

2) Union evit ar c'hazetennou: brezel d'ar re fall, a skignomp ar journaliou mad.

3) Union evit an Electionou. Ne ran forz pe seurt liou gouarnamant, gant ma vo honest, ma lezo liberte gant an tad, ar vam, an den yaouank kristen da ober ho dever hervez o c'houstians, da vont d'ar baradoz evel ma lez an dud fall da vont d'an Ifern.

  An dra-man, n'eo ket politik: komzou ar skiant vad, netra ken.

Setu aze petra glask "Union ar Gatoliked" savet en ho parroz. Ne glask diskar den; klask a ra dalc'her sonn en e zao feiz hon Tadou koz

Plonévez-du-Faou

Union des Catholiques

Dimanche dernier, M. Balanant, curé de Saint-Marc à Brest, entretint les paroissiens de Plonévez-du-Faou de l'"Union des Catholiques". Deux cents hommes, au moins, étaient venus écouter cet orateur exceptionnel, connu, dit-on, dans toutes les paroisses de l'Evêché.

Voici un résumé de son discours:

Deux parties - I. La guerre faite à la religion dans notre pays: la France

    Pourquoi cette guerre ? Pour des prétextes semblables à celui du loup s'élançant sur le mouton. Et le catholique véritable doit obéissance au Pape. Mais qui ignore ce que le Pape a exigé des catholiques français ? De respecter formellement notre gouvernement. La charrette convient; mais le cheval est mauvais. Nous verrons à faire selon nos possibilités. 

  Qu'ont fait nos ennemis en fureur ?

1) Les Frères et les Soeurs, expulsés de leurs écoles, ont dû quitter beaucoup d'élèves, de familles, de paroisses. Et leur pays, en dépit du bien accompli, ils ont dû l'abandonner pour émigrer dans d'autres Etats pour y mendier leur pain et jouir de la liberté. 

2) Les soeurs des hôpitaux jetées dehors.. Oui, alors qu'elles ne regardaient pas à leur propre santé et qu'elles dispensaient leurs soins aux soldats et aux marins outre-mer; pendant que le ministre épinglait sur leur poitrine une médaille d'honneur, le crapaud de franc-maçon complotait leur expulsion. Est-ce qu'une soeur, employée dans un hôpital, cherche à abattre le régime ? Quand un ministre est lui-même malade, il fait venir une soeur de sa région natale, comme Clémenceau. 

3) Plus d'aumônier dans les hôpitaux même si les malades en faisaient la demande. Nos ennemis ne font que se moquer de nous, au nom de la liberté. Cette liberté ne sert qu'à répandre le désordre et à remplir leurs poches. 

4) Les crucifix enlevés des tribunaux; ils endossent ce crime, comme autrefois Judas.

5) Le crucifix retiré des salles de classe. Bien sûr, les parents chrétiens façonnent le coeur de leurs enfants. Leur corps appartient au pays quand cela est nécessaire, mais leur âme appartient toujours à Dieu. 

6) Ils ont aboli le Concordat et fabriqué la loi de Séparation. Et quelle Séparation ! Le loup se jetant encore une fois sur l'agneau. 

  Qu'observons-nous alors ? Deux voyageurs traversant un bois. Le plus fort dit à l'autre: nous allons nous séparer, mais, d'abord, donne-moi ta bourse et tes habits et déguerpis tout nu. Et aussitôt ils se sont emparé des séminaires, des églises, des presbytères et des biens de fabrique. Ils ont dépouillé les morts. 

Deuxième partie

Et nous, qu'avons nous fait pour notre sauvegarde ? Rien que soupirer. Que devons-nous faire ?

1) D'abord, fréquenter l'école chrétienne. Vous savez quel est votre devoir sur ce point.

2) Lire  et répandre les mêmes bons journaux, mettre à l'index les mauvais

3) Voter pour le même candidat. Peu importe la couleur de gouvernement, pourvu qu'il soit honnête, qu'il laisse la liberté au père, à la mère, aux jeunes gens chrétiens de faire leur devoir selon leur conscience afin de gagner le paradis et laisser les mauvaises gens descendre en enfer.

Ceci n'est pas de la politique; seulement des paroles de bon sens

Voilà les buts de l'"Union des catholiques" fondée dans votre paroisse. Elle ne cherche pas à abattre personne. Elle entend que vous restiez fidèles à la foi de vos ancêtres.

Le Courrier du Finistère, 5 octobre 1912 Traduction: Jean Yves MICHEL, mars 2016


  Six bâtiments leur servent de points d'ancrage dans le paysage communal, de prétexte à débats, invectives, dégradations, expulsions, menaces, procès:

L'école, ses classes, sa cour, son préau, sa fosse d'aisances, les logements des instituteurs, l'approvisionnement en bois de chauffage, mais aussi les livres de classe...

L'église, son mobilier (meubles, statues, instruments de musique, objets du culte: vases, bannières), sa toiture, ses "biens" ou "donations"...

Le presbytère, la quête de beurre

La maison des soeurs: infirmières, catéchistes, enseignantes, ravaudeuses et repasseuses d'habits sacerdotaux, brodeuses de bannières, fabricantes d'hosties...

Les soeurs du Saint Esprit, congrégation fondée en 1706, sont frappées par le décret de fermeture d'office du 1er août 1902: elles doivent abandonner leurs établissements de Cast, Brasparts, Saint-Nic, Crozon, Gouézec, PLONEVEZ-DU-FAOU et HUELGOAT.

De là, la naissance d'un mouvement d'opinion: la "cause des soeurs"... Au Huelgoat, la population serait hostile à la fermeture, mais la résistance est inorganisée. A Plonévez-du-Faou, le curé prêche ouvertement la désobéissance civile, apparemment sans succès; celui de Carhaix "tente de faire vibrer la fibre cléricale, mais n'y parvient pas". Cependant, l'établissement de la capitale du Poher échappe, comme ceux de Pleyben et de Châteaulin, à la fermeture.

Renseignements tirés de "Les soeurs du Saint-Esprit de l'arrondissement de Châteaulin", de Monique Kermorgant, mémoire de maîtrise, Faculté des Lettres de Brest, 1976-1977, archives départementales du Finistère, 1 F 89

Le patronage: A quelle mauvaise besogne s'y livrerait-on ?

Le bureau de tabac






Dernière modification le 09/03/2016

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