Ar Bobl (1904 - 1914)

Le journal de Taldir Jaffrennou: "le Peuple"

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09/08/2017

 

                                                       Cette page a été complétée le 27 février 2016

 

 

b) Fermeture d’écoles privées et ouverture d'écoles publiques

Berrien, 1905

[PNG] Berrien laicisation ecole 11 03 1905.PNG                                                                            Le Courrier du Finistère, 11 mars 1905

 

Carhaix  - « Sur 20 conseillers municipaux en exercice, 3 seulement n’ont eu aucun membre de leur famille scolarisé aux Ursulines,  17 d’entre eux ont 48 parentes directes scolarisées aux Ursulines »

Ar Bobl, n° 40, 24 juin 1905

Les Ursulines, établies à Carhaix sous le règne de Louis XIII (1610-1643), y enseignent depuis la fin de la Restauration (ordonnance royale du 27 avril 1828) .

   Sous la Seconde République, en 1850, les autorités académiques leur font encore confiance : « Le local des Dames Ursulines à Carhaix est bien disposé sous le rapport des dortoirs, réfectoires, lieux de récréation, la discipline, les bonnes mœurs. Il y a lieu d’accorder à Mlle Lamy, religieuse de cette Communauté, l’autorisation de la tenue d’un pensionnat privé » 

   Lettre de l’Inspecteur d’Académie au curé de Carhaix, 9 mai 1850, archives départementales du Finistère, 1 T 481

      Les Soeurs ont fait construire un grand bâtiment, utilisé par les 400 élèves, qui sont très majoritairement des filles, de familles nobles, surtout de moyenne et petite bourgeoisies, mais aussi de la paysannerie aisée des alentours.

 

[JPG] monastère des Ursulines

Photo extraite de l’ouvrage de Dominique MESGOUEZ, Histoire de rues, Carhaix, Keltia Graphic, 1991

 

 

    Dès 1902, le Gouvernement Combes (1902-1905) s’en prend aux congrégations enseignantes. Les Ursulines sont condamnées en 1902 devant le Tribunal correctionnel de Châteaulin :    « Sœur Anastasie, directrice de l’école congréganiste de Carhaix (Ursulines) est condamnée à 10 F [1] d’amende pour avoir refusé de laisser l’inspecteur primaire de Châteaulin visiter les classes de l’école »  

   Minute de jugement, 1902, archives départementales du Finistère, 10 U  7/71

[1]   Environ 50 euros  2011

     Dans le cadre du processus de la Séparation des Eglises et de l’Etat républicain, les dix-neuf Sœurs Ursulines de Carhaix sont, comme toutes les congrégations religieuses, frappées de dissolution par la loi du 7 juillet 1904.

 


 

 

Carhaix  - Au  24 juin 1905, l’école des Ursulines de Carhaix est  la seule de cet ordre  en France à poursuivre ses activités

Filles de cette école reçues au CEP : 24 sur 29

 

Lettre de la Supérieure des Ursulines au Maire de Carhaix, Anthoine, à la suite d’un voeu d’intérêt local que la Municipalité est priée d’émettre concernant la fermeture de l’école des Ursulines

    « Je viens vous confier la cause des Ursulines qui, établies depuis près de trois cents ans dans votre bonne ville de Carhaix, ont le plus vif désir d’y continuer leur oeuvre. Je ne sache pas que les Carhaisiens aient eu à se plaindre de nous.... Aussi avons nous peine à admettre que les Conseillers municipaux nous soient hostiles.... »

      Soeur Hyacinthe, Supérieure

Ar Bobl, n° 40,  24 juin 1905 

 

   Séance du Conseil municipal de Carhaix, 1905

"Les Congrégations - Monsieur le Maire annonce qu'il a reçu une lettre de la Supérieure des Ursulines. Cette lettre, dont il donne lecture, fait appel aux sentiments généreux du Conseil pour qu'un voeu favorable soit émis pour demander le maintien  à Carhaix de  Religieuses établies ici depuis 300 ans. Elles ont contribué à la prospérité de la ville et ne demandent rien à personne. Elles ne sont hostiles à personne. Elles espèrent donc un voeu favorable à leur conservation.

 M. Anthoine - J'estime que cette question n'est pas de notre compétence. La Loi étant votée, nous n'avons pas à la critiquer. Je demande donc que les choses soient laissées telles qu'elles sont.

  M. Marchais - Un voeu n'engage à rien et n'est pas fait pour critiquer la loi

 M. Lemoine - Un voeu ne changerait rien au cours des événements.

  M. de Léseleuc - Nous avons bien voté un voeu favorable au maintien des Frères.

  M. Anthoine - Il a été signifié aux Ursulines qu'elles devaient avoir cessé de faire classe avant 1906: nous n'avons pas à revenir là-dessus.

   M. Marchais - Le délai peut être poussé jusqu'à dix années. Nous demandons donc que le Conseil soit appelé à se pronocer, non pas sur le maintien indéfini des Soeurs, mais pour qu'elles restent le plus longtemps possible.

  M. Anthoine - Je refuse de mettre ce voeu aux voix

   M. Marchais - Vous êtes obligé de tenir compte des voeux proposés par les Conseillers.

   M. Anthoine - Je lèverai plutôt la séance.

   M. de Léseleuc - Vous lèverez la séance illégalement . Je demande le vote sur la question. Les membres présents au nombre de plus du tiers vous le demandant, vous devez donc mettre le voeu aux voix. Je demande que votre refus soit inséré au procès-verbal.

   M. Anthoine - C'est là un voeu politique, je n'irai pas contre la loi.

  M. Marchais - Vous allez contre les droits des Conseillers municipaux et contre l'intérêt de la ville. Ce voeu n'est nullement politique, il ne vise que le maintien des Ursulines jusuq'à l'expiration du délai le plus éloigné, fixé par la loi de 1901.

  MM Montfort et Connan protestent avec MM.Marchais et de Léseleuc. M. Anthoine se lère et se couvre. Se lèvent également MM. de Jaegher et Lemoine, adjoints, Henriet et Frédéric Mélou. Les autres demeurent assis quelques instants. Il est visible qu'ils blâment l'attitude du maire en cette affaire qui eût pu être résolur par un vote au scrutin public à la demande du quart des Conseillers, ou au scrutin secret à la demande du tiers des Conseillers présents. (article 51 de la loi municipale du 5 avril 1884).

  Le nombreux public qui remplissait la salle accueille avec un profond silence la brusque décision de M. Anthoine et des membres radicaux du Conseil.[...]

Ar Bobl, n° 40 , 24 juin 1905

 

[PNG] Ursulines chassées n° 95 28 09 1907.PNG

 

[PNG] Ursulines B n° 38 20 09 1907.PNGExtraits d'un article de la Semaine religieuse de Quimper et Léon, n° 38, du 28 septembre 1907

 

Ecoles primaires libres de filles fermées :

 

Commune

Communauté

Fondation

 Classes

Elèves

Propriétaire

Fermeture

Motreff

Filles de Jésus

  1884

   1

   80

De Réals

15 07 1902

Landeleau

Filles de Jésus

  1898

   2

   70

Clergé

15 07 1902

Huelgoat

S. du St-Esprit

  1874

   3

  150

s. civile

15 07 1902

Plonévez

S. du St-Esprit

  1895

   3

  160

Du Cleuziou

15 07 1902

Cléden-P.

S. du St-Esprit

  1858

   1

   86

 

  1902

Châteauneuf

St-Joseph

 

 

   141

 

  1903

Spézet

St-Joseph

 

 

   100

 

  1903

Scrignac

Immac. Conc.

 

 

 

 

  1903

Collorec

St-Joseph

 

 

    91

 

  1903

Berrien

St-Esprit

  1864

 

 

 

  1905

Carhaix

Ursulines

  1828

 

   164

 

  1907

 

 

« Les Ursulines payaient 2 500 F d’impôts [1]. Elles nourrissaient sur place 150 élèves. Elles s’approvisionnaient en ville. Tout cela est un revenu qui disparaît, un trou qu’il faudra boucher. Mais avec son insouciance plus qu’ordinaire, sa versatilité, ce bon contribuable carhaisien, qu’on gruge, qu’on berne et qui s’en amuse, ce bon contribuable, dis-je, pleure sincèrement aujourd’hui ses bonnes sœurs mais lorsqu’il y aura une élection, il traitera de « sales cléricaux » les gens sensés qui lui rappelleront cet événement et renouvellera sa confiance à ceux-là même qui les auront chassées  - An Dorner [2]

Ar Bobl, n° 96, 21 juillet 1906

 


[1]   L’équivalent, à peu de chose près, du salaire annuel d’un instituteur de première classe

[2]   « Le batteur » (de blé)

 

Huelgoat – « Construction de l’école publique de filles : 62 000 F »

Ar Bobl, n° 265, 22 janvier 1910

 

Carhaix -"Le Ministre de l'Instruction publique a approuvé par arrêté du 26 janvier 1912 la création d'une Ecole primaire supérieure de filles à Carhaix, avec 4 enseignantes. Ouverture: octobre 1912"

Ar Bobl, n° 317, 16 mars 1912






Dernière modification le 27/02/2016

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