Ar Bobl (1904 - 1914)

Le journal de Taldir Jaffrennou: "le Peuple"

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09/08/2017

   2)  Scrutin universel, scrutin d'arrondissement, scrutin proportionnel

« Le suffrage, ironiquement sans doute, appelé universel »

Ar Bobl, n° 228, 8 mai 1909

Ar Bobl se moque du suffrage universel parce qu’il serait vicié par le scrutin dit d’arrondissement, majoritaire à deux tours. Celui-ci ne permet qu’exceptionnellement aux « petits » partis d’obtenir des représentants lors des élections

 

"La démocratie, c'est le pouvoir pour les poux de manger les lions" (Clémenceau)

 

  « La poussée vers la représentation proportionnelle – Quel admirable terrain de culture que le scrutin d’arrondissement pour les médiocrités de hameau […] Quels étroits sentiers hérissés d’obstacles pour les hommes de réel mérite qui tentent d’affronter la lutte, bourg par bourg et village par village, à coups de chopine chez ces rois des périodes électorales que sont MM. Les cabaretiers  - Jaffrennou »

Ar Bobl, n° 217, 20 février 1909


« Le scrutin de liste– La confection d’une liste départementales permettrait d’empêcher d’entrer au Parlement quantité de médiocrités, de nullités, qui, dans leur bourg pourri, sont considérés comme de grands hommes »

Ar Bobl, n°67, 30 décembre 1905

 

  Le scrutin de liste est le scrutin proportionnel. Son grand défaut est de favoriser l’émiettement de l’Assemblée nationale et donc de rendre difficile et fragile la constitution de majorités de gouvernement. La rançon du scrutin proportionnel est l’instabilité gouvernementale.

    Le principal reproche adressé au scrutin majoritaire de circonscription électorale est le clientélisme : le député élu distribue les subventions… La circonscription devient ainsi un « fief »… Mais ce scrutin permet de préférer l’efficacité (la capacité à bâtir de solides majorités parlementaires soutenant des gouvernements assurés de disposer de temps pour appliquer leurs programmes) à l’injustice électorale (les électeurs des « petits » partis ne sont guère représentés au parlement).

  D'une manière générale et quelle que soit l'époque, les électeurs et les dirigeants des "petits" partis ou des partis qui ne trouvent pas d'alliés électoraux, revendiquent mordicus le scrutin proportionnel. Et pourtant le peuple anglais conserve depuis deux siècles le scrutin majoritaire à un seul tour, dit scrutin-guillotine (si le candidat A obtient 34 % du total des suffrages exprimés contre 32,9 % à B et 33,1 % à C, il est élu député)...

   Le 10 juillet 1912, la Chambre, par 339 voix contre 217, avait adopté le scrutin proportionnel départemental et le principe du quotien électoral. Les socialistes et une partie de la droite avaient fait cause commune contre les radicaux, tenants du scrutin majoritaire de circonscription. Le 11 juillet, deux sénateurs radicaux qui se détestaient cordialement, Clémenceau et Combes, créèrent un groupe sénatorial de "défense du suffrage universel". Il se démenèrent si bien que la Haute Assemblée repoussa le projet de loi établissant le scrutin proportionnel le 18 mars 1913. Briand porta aussitôt la démission de son gouvernement à l'Elysée.






Dernière modification le 16/05/2017

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