Ar Bobl (1904 - 1914)

Le journal de Taldir Jaffrennou: "le Peuple"

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09/08/2017

4) Ar Bobl, tête de Turc

a) La presse radicale-socialiste parisienne se gausse...

Carhaix  - « Les intrigues de la « LANTERNE » et de l’ « AURORE "   
Voici les deux entrefilets publiés par les journaux La Lanterne et l’Aurore dans leurs numéros des mardi 21 et 22 février dernier au sujet du projet de représentation de mon drame Pontkallek à Carhaix.

De La Lanterne :
    « Il se passe à Carhaix des choses peu banales. Il y a là un barde nommé Jaffrennou, très catholique et même militant. C’est lui qui, à l’érection du calvaire de « réparation » à Tréguier (1), juché sur un mur, débita des strophes où il exaltait, en dialecte breton, le fanatisme de ses compatriotes.

    Or, le barde Jaffrennou avait écrit un drame historique qu’il voulait faire jouer en breton à  Carhaix. Il lui fallait une troupe d’acteurs : il les recruta parmi les cagots de l’église de cette localité. Et il était entendu que le chantre ferait le père noble, le sacristain, le jeune premier, une sœur, l’ingénue, le sonneur de cloches, le traître, et la tante de la marchande de tabacs, la jeune première.   

      Mais le curé ne l’entendit pas de cette oreille et défendit à tous ceux qui se trouvaient sous sa coupe de jouer leurs rôles. Ceux-ci répliquèrent en se mettant en grève. Et voilà l’église de Carhaix sans chantre, sans sacristain, sans rien. C’est le curé qui est obligé de sonner les cloches. D’ailleurs, on ne s’en porte pas plus mal à Carhaix. Les deux partis couchent sur leurs positions. Mais le poète Jaffrennou commence, paraît-il, à perdre patience. C’est signe que çà va barder »


(1) Combes, chef de gouvernement de 1902 à 1905, vint inaugurer à Tréguier une statue érigée, sur la place de la cathédrale en l'honneur de Renan, considéré comme un libre penseur, un adversaire de la religion et de l'Eglise.  Les discours eurent lieu pendant que le clergé célébrait la messe. A la sortie de l'office, soldats et gendarmes durent séparer fidèles et anticléricaux...Ce fut un beau vacarme..


la Lanterne 600

 

De l’Aurore :
  «A Carhaix, dans le Finistère, il existe un auteur dramatique qui n’a jamais conçu d’ambition plus haute que de voir jouer sur les planches de son village natal un drame historique écrit par lui en breton : Pontkallek. Pour le réaliser, l’auteur, M. Jaffrennou, faute d’acteurs professionnels, avait recruté sa troupe parmi les familiers de l’église, le chantre, le sacristain et sa sœur. C’était, comme on sait, la pratique de nos dévots aïeux.
    A cette nouvelle pourtant, le curé s’alarma et interdit à tous ceux sur qui il avait quelque autorité de prendre part à la représentation.
    Mais il faut croire que, même au fond de la Bretagne, il existe quelque esprit d’indépendance à l’égard du clergé, car les intéressés ont aussitôt répondu au curé que tant que l’interdiction ne serait pas levée, ils cesseraient tout simplement leur service à l’église.
     Voilà huit jours que dure cette grève d’un nouveau genre. Des pourparlers entamés entre l’auteur et le curé sont demeurés sans résultats. Dieu cependant attend, et le service divin chôme aux trois quarts.
   Rien ne permet de prévoir qui l’emportera, du siècle ou de la chaire de vérité.
   Nos meilleurs souhaits aux grévistes. »

 

L'Aurore est le journal de Clémenceau, dans lequel Zola publia en janvier 1898 le célèbre "J'accuse ".


  b) Jaffrennou se défend..

    Et (sic) bien, il nous répugne que ce soit des feuilles comme l’Aurore ou La Lanterne, feuilles qui, comme on sait, ont toujours bavé sur les Bretons, qui prennent en main ma défense et celle des acteurs qui ont accepté de paraître dans la pièce Pontkalleg.

     Nous repoussons carrément leur intervention inopportune et c’est pour que personne ne nous soupçonne, même un seul instant, de vouloir changer notre fusil d’épaule et de vouloir faire à la suite de cette affaire cause commune avec les pires diffamateurs de la race bretonne que nous avons publié tels quels ces entrefilets qu’ils ont dénaturé et dénué de vraisemblance. Donc, Messieurs de l’Aurore, conservez vos souhaits pour d’autres grévistes que nous, car en fait de grève, dans tout ceci il n’y en a pas l’ombre. Et puisqu’il faut parler clair, voici les faits :

Quinze acteurs m’étaient nécessaires pour donner une représentation de Pontkallek. Deux d’entre eux, MM. Jean Marie Solu et Lucien Dévédec étaient l’un chantre, l’autre sacristain. Un troisième, M. Auffret, faisait partie du Patronage. Mlle Dévédec, sœur du sacristain, avait bien voulu, uniquement pour rendre service à la cause du théâtre breton, jouer le seul rôle féminin de la pièce. Tous les autres acteurs ne dépendaient en aucune façon de la cure de Carhaix.
 

   Nous avons fait visite à M. le Curé pour lui demander de vouloir bien nous louer la salle de son patronage. Il nous fut répondu par un refus formel, « parce qu’une femme ne pouvait pas paraître sur la scène dans un patronage de jeunes gens ». C’était logique et nul n’y a trouvé à redire.
   Nous nous sommes alors adressés au Maire de Carhaix, M. Anthoine, qui a aussitôt mis la salle de la Mairie à notre entière disposition. Tout se serait passé comme cela, et la pièce aurait été jouée sans autre incident ; mais dans toute petite ville, il existe des partis politiques, des rivalités, que sais-je ? M. le Curé et M. le Directeur du Patronage s’avisèrent d’intimer l’ordre au sacristain, au chantre et au membre du patronage de quitter sur le champ la troupe d’amateurs en formation.
 

    Ceux-ci, considérant qu’en dehors de leur service ils étaient parfaitement libres de jouer dans une pièce aussi morale que l’est Pontkalleg, même à la Mairie, résistèrent. On se tourna alors de l’autre côté, et on essaya de déconseiller (sic) Mlle Dévédec de jouer le rôle de Lénora ; à cette tentative notre journal a répondu en faisant une enquête sur la Femme au théâtre breton, qui nous a valu une foule d’approbations et de chaudes sympathies pour notre œuvre.
        Comme rien ne pouvait faire avorter le projet de représentation, M. le Curé a pris sur lui de renvoyer son sacristain, ce qui est une mesure inqualifiable. Quant au chantre, M. Solu, il n’a pas été renvoyé, mais il a démissionné.
  

      Voilà un résumé succinct de cette histoire, qui fait actuellement son tour de France, colportée par des messagers que nous désavouons totalement.
   Nous n’avons que faire des articles, élogieux ou non, que publieraient sur notre compte des journaux qui détestent cordialement tout ce qui est breton, et qui ne voient dans tout ceci qu’un prétexte à faire mousser l’anticléricalisme et le spectre de l’homme noir. 
   Je déplore, certes, qu’il y ait dans le clergé des membres aussi intransigeants, aussi jansénistes dirais-je, que MM. Les prêtres de Carhaix, et je suis assez libre et assez indépendant pour le leur dire, mais de là à vouloir faire de moi ce que je ne suis pas, sous peine de forfaire à mon sang et à ma race, je mets le holà et je dis  non !....
    Je serais (sic) toujours ce que j’ai été : le défenseur de la liberté pour les autres comme pour moi-même, car, comme disait Michel de l’Hôpital, « le couteau ne vaut rien contre l’esprit ». F. JAFFRENNOU

 Ar Bobl, n° 23, 25 février 1905


c) Indépendantistes contre  internationalistes, anticléricaux contre bouffeurs de curé


Carhaix – « A la suite des manifestations que l’on sait au sujet de Pontkallek, les enfants du Patronage, dont nous tairons les noms, ont, le jeudi 23 février vers 10 heures du soir, passé devant l’imprimerie du journal en criant « A bas ar Bobl ! Ar Bobl aux ch…. ! »  et autres aménités peu congrues dans la bouche de jeunes gens qui se doivent de donner le bon exemple »
 

Ar Bobl, n° 24, 4 mars 1905

Carhaix – Echo des Fêtes bretonnes
           « Nous lisons dans l’Action du 14 octobre l’entrefilet suivant, que nous donnons sans commentaire : « Des fêtes chouannes viennent d’avoir lieu à Carhaix. Pendant que le barde Théodore Botrel chantait ses œuvres et que les acteurs bretons interprétaient, dans les halles décorées de drapeaux et verdure, le drame de Pontkallek, du sieur Jaffrennou, une contre-manifestation s’est produite autour des halles. Les manifestants qui avaient à leur tête le maire, M. Anthoine et les instituteurs et institutrices de la ville, chantaient l’Internationale. Les bardes et les acteurs ripostèrent par le chant de guerre des Bretons : « Sao Breiz izel da vaniellou », ce qui signifie « Lève, ô Bretagne, tes étendards ! » »
Ar Bobl, n° 57, 21 octobre 1905

      Carhaix – Le pantalon de la manifestation
    « Dimanche matin, le sacristain a trouvé suspendu auprès de l’église un gigantesque pantalon d’institutrice orné de nombreuses inscriptions. Hâtons-nous de dire qu’il était en papier. Dans l’entrejambe pendait une énorme casserole. Sur les jambes, les mots : « Jouy » et « A bas la culotte ! » »
Ar Bobl, n° 57, 21 octobre 1905
 

    Jouy est un journaliste radical-socialiste breton du« Réveil du Finistère

 

Carhaix -  « Ur bragou plac’h a zo bet kavet da noz an todilhon dindan ar c’hourc’hi. Nep he deus ken dianket a zo pedet da zont d’hen kerc’het da vureo Ar Bobl » « Il a été trouvé, le soir du tapage, dans les halles, une culotte de dame. La personne qui l’a égarée est priée de venir la chercher au bureau d’ar Bobl ».
Ar Bobl, n° 57, 21 octobre 1905

 

 
 Carhaix -Botrel et l’Internationale
  « En 1906, Botrel prêta son concours à une fête organisée par les Bardes qui jouaient sous les halles une pièce du temps de l’indépendance bretonne... Sa voix fut couverte par les hurlements et les couplets de l’Internationale... »
Ar Bobl, n° 236,  9 juillet 1909

 

  La pièce de théâtre intitulée « Pontkalleg », due à Taldir, reprend le thème de l’indépendance de la Bretagne. Sous la Régence de Philippe d’Orléans, neveu du Grand Roi, un hobereau breton désargenté de Berné (Morbihan occidental actuel), ourdit un complot avec quelques acolytes, complot dont le but était de chasser grâce à des troupes espagnoles qui débarqueraient en Bretagne, l’occupant, c’est-à-dire le Français…
   
 
   Capturées et jugées à Nantes, les quatre principales têtes de cette pitoyable entreprise furent tranchées sur le billot, sur l’ordre du Cardinal Dubois, éminence grise du Régent. Les nostalgiques de l’indépendance bretonne, disparue en 1532 sous François Ier, s’emparèrent de cette aventure. Parmi eux, de la Villemarqué, qui, au 19e siècle, inclut dans son Barzaz Breiz une complainte (gwerz) dont l’auteur demeure inconnu, mais que maints chanteurs du 20e et du 21e siècle ont mise à leur répertoire… Le film « Que la fête commence » (de Bertrand Tavernier, 1975) campe assez bien le marquis de Pontcallec, incarné par Jean-Pierre Marielle…

 

A Carnoët, un maire opposé à la vente d'ar Bobl, 1904

 

« Karnoët – Ar maër n’eo ket kontant.

Kelou a zeu d’emp n’ê ket kontant maër Kernoët da vea bet laket « var ar journal ». Ar Paour keaz den zo anan a gav gantan eo deut da vea eun doue aboue neuz trec’het var « ar re wenn », evid ar vot divea.

  Mez Taldir, kaër a nevo an otrou-ma hag e glik iudal « A bas », a chomo bepred en e zao dirakê, evel skeuden terrubl ar Virione hag ar Justis, evel eur spontaill hag  a boursuo anê beteg en o hunvriou ! Ar c’hri « A bas la Calotte ! » na spont ket tud didamall, ha Taldir an no mignoned dalc’hmad !

  Ac’hanta, disul maër speredet Karnoët o weled hon gwerzer o kas journaliou ar Bobl er meaz, ma na oa ket hanter traouac’h dioutê, a eseaz, eneb da beb lezen, difenn outan mond var ar blasenn gant e journaliou. Mez hon gwerzer a stouvaz e vek d’ean hag a zelc’haz gant ar werz..

  Dalc’h  ta Guerliskin !

Carnoët - Le maire n'est pas content.

Le journal a fait état d’une nouvelle :le mécontentement du maire de Carnoët. Le pauvre homme a dû se faire à l’idée de l’existence d’un dieu depuis les dernières municipales qu’il a remportées au détriment des Blancs. Tant que cet homme et son petit garde-champêtre hurleront « A bas ! », Taldir  se dressera face à eux comme l’ombre terrifiante de la Vérité et de la Justice, comme un épouvantail et les poursuivra jusque dans leurs rêves ! Le cri « A bas la Calotte ! » n’effraie pas les gens innocents, pas plus que Taldir et nos amis.

   Eh bien ! Dimanche le maire pensant de Carnoët voyant notre vendeur sortir ses exemplaires d’ar Bobl , bien qu’il n’y eût pas là la moitié d’une entorse à la moindre loi, lui défendit d’aller sur la place.

 Mais notre vendeur lui ferma la bouche et poursuivit la vente.  Au pilori, Guerlesquin !

Ar Bobl  n° 7, 05 novembre 1904

 

Note: Le maire, Couillec, est originaire de la commune finistérienne proche de Guerlesquin  


A Carnoët, toujours: un facteur des Postes rechigne à distribuer ar Bobl

 

Karnoët – Klemmou hep rezon

F.Ar B., fakteur, a frap var ar Bobl , abalamour neuz eun dro hir d’ober gantan beb sadorn.

 Daoust hag hen ‘ta n’out ket paëet awalc’h evid an dro feuz d’ober ? Neuze goull kresk digant ar republik !

Plaintes dénuées de fondement –

F. Ar B., facteur, s’en prend à ar Bobl, parce qu’il doit effectuer une longue tournée de distribution de ce journal chaque samedi. Est-ce que tu n’étais pas bien assez payé pour la tournée d’avant ? Demande alors une augmentation à la république !

Ar Bobl, n° 7, 5 novembre 1904

 

A Poullaouen, en 1905, le vendeur d'Ar Bobl est pris à partie par un individu aviné

 

Poullaouen - Eur ginou gleb

Eun otrou hag a respont d'an hano a Sibiril, reseour-buralist deuz a vicher, a gavaz, da ze foar Poullaouen hon gwerzer Jan Solu, deuz Keraez, var dachen ar bourk. Sibiril a eseaz harzel Solu da werza o journalou, hag a glaskaz disput dioutan. Mez re c'hleb a oa o c'hinou da ze. Evid sec'ha anean eun tam e oa bet red d'ar Solu lakaat d'ean eur stouf plouz ebarz. Sibiril  a lavar na zeuï ket kin d'esa ampech gwerza Ar Bobl da Boullaoueniz

Poullaouen - Un visage aviné

Un monsieur, du nom de Sibiril, receveur-buraliste, rencontra à la foire de Poullaouen notre vendeur, Jean Solu, de Carhaix, sur la place du bourg. Sibiril essaya d'empêcher Solu de procéder à la vente de ses journaux et lui chercha noise. Mais il était un peu ivre. Pour éponger un peu ce trop plein d'alccol, Solu se mit en demeure de lui enfoncer une poignée de paille dans la bouche. Sibiril déclare alors qu'il n'essaiera plus d'interdire la vente d'ar Bobl aux habitants de Poullaouen.

 Ar Bobl, n° 42, 8 juillet 1905
 

 

Vengeance à Saint-Hernin, 1906

 

Sant-Hernin - Venjanz

Maër Sant-Hernin a neuz revuzet e gest d'ar sakrist, Guillerm Nicolas, abalamour, emezan, e oa hema a skrive keleier Sant-Hernin ebarz ar Bobl. Nicolas n'eus ket skrivet gwech a-bed ebarz ar Bobl, ha venjanz ar maër en e genver a zo injust

Saint-Hernin - Vengeance

Le maire de Saint-Hernin a refusé au sacristain, Guillerm Nicolas, l'autorisation de faire sa quête, parce que, dit-il, c'est ce dernier qui écrit dans les colonnes d'ar Bobl les entrefilets consacrés aux nouvelles de Saint-Hernin. Nicolas n'a jamais écrit dans ar Bobl et la vengeance du maire à son encontre est injuste.

 Ar Bobl, n° 109, 20 octobre 1906
 Traduction: Jean Yves Michel, juillet 2014

 

Vengeance à Saint-Servais - un collaborateur d'ar Bobl sur la sellette..., 1905

 

 Sant Servez - eur maër diskrupuill

N'eo ket ankoueet c'hoaz gant lennerien ar Bobl an dro louz bet kozeet diouthi ama, ha c'hoariet d'hon mignon ar Barz Bocher gant e vaër, an Aotrou Harnais. Bocher a vev en ti e dud, n'en deuz tra d'ean e-hunan mez na vit-se, ar maër, dre venjans, a zigareaz penoz dre ma skrive Bocher er journalou brezonek, e klee beza gopret, hag evelse en doa peadra da veva. Neuze'ta e choukaz "cote personnelle" d'ean da baëa, memez tra evel d'eur perc'hen danve.

Bocher a enebaz, a zispakaz prouennou ne oa paët gant journal a-bed, e roe skridou evit netra: kas a reaz lizer d'ar prefet, mez Harnais a oa e zorn eno dre zindan ha kaër e nevoa Bocher difrinkal, e c'houlenn a oa great skouarn vouzar outhi.

 Mar varnomp skiant maër Sant-Servez deuz ar vilonie-ze, e c'halfomp lavarout e talc'hfe holl ebarz eur graouen kelve !

Saint-Servais - Un maire sans scrupule.

Les lecteurs d'ar Bobl n'ont pas oublié que nous leur avons relaté dans nos colonnes le sale tour joué à notre ami le barde Bocher par son maire, M. Harnais. Bocher vit dans sa maison de famille, mais ne possède rien en propre; en dépit de cela, le maire, par vengeance,  prétexta  que Bocher, écrivant dans des journaux bretonnants et percevant donc un salaire, avait suffisamment de quoi vivre. Il lui assena une cote personnelle à payer, comme pour un propriétaire étoffé.

Bocher protesta, prouva qu'il n'était rétribué par aucun journal, qu'il donnait ses articles en bénévole; il écrivit une lettre au préfet mais Harnais disposait d'oreilles bien placées à la préfecture et Bocher eut beau s'agiter, ses demandes aboutirent dans les oreilles de sourds.

   La science du maire de Saint-Servais a certes fabriqué cette vilenie, et nous pourrons donc dire que cette science tiendrait toute entière dans une noisette !

 Ar Bobl, n° 57, 21 octobre 1905
 Traduction: Jean Yves Michel, juillet 2014

 

"Saint-Servais - un maire nègre

Il a illégalement frappé d'une cote personnelle le barde Bocher [...] Nous demandons un emploi colonial pour M. Harnais: il a tout ce qu'il faut pour gouverner des nègres. A défaut, une place de garde-chiourme irait bien avec son tempérament"

Ar Bobl, n° 58, 28 octobre 1905

 

Revanche à Calanhel, 1904

 

Kalanhel - Eun enor goneet d'ar mab, eun digoll d'an tad

Felis an Du, deuz Kalanhel, hag zo bet ken goapeet evid ar mare gant bloc'harded Kalanhel, a zo rekonpanset deuz eun tu all, pa wel e vab iaouank an hini a zo en kolaj Itron-Varia Gwengamp o c'honid al lore barz ar c'honkour a zo bet neve c'hreat en Raon evit sevel ar gwerziou brezonek. E vab, Fanch an Du, pehini neus bet skrivet dija barz ar gelaouen Ar Vro, a zo eat eur priz kenta gantan, barz ar c'honkour-ze renet gant an Association artistique et littéraire . Enor ive d'e vestr-skol an Ao. Abad Le Clerc

Calanhel - Un honneur remporté par le fils, une revanche pour le père.

Flélix Le Du, de Calanhel, dont les blocards de la commune se sont moqués - et de quelle manière - a été, d'un autre côté, récompensé par les lauriers conquis par son jeune fils, élève au Collège Notre-Dame de Guingamp, dans le cadre du concours de création de complainte bretonnes fondé récemment à Rennes. Son fils, François Le Du, qui écrit déjà dans Ar Vro a obtenu le premier prix lors du concours organisé par l'Association artistique et littéraire. Honneur aussi à son professeur l'abbé Le Clerc.

Ar Bobl, n° 12, 10 décembre 1904 Traduction: Jean Yves Michel, juillet 2014

 

Félix Le Du, conseiller municipal libéral, est un buraliste de Calanhel auquel le conseil municipal à majorité de gauche (les "Blocards", partisans du "Bloc des Gauches" radical et socialiste) a fait ôter l'autorisation préfectorale de vendre du tabac.

Le journal Ar Vro ("le Pays", sous-entendu breton) est un supplément d'Ar Bobl. Comme François Le Du, Taldir Jaffrennou a fréquenté le collège catholique de Guingamp. Et notre barde est l'un des fondateurs de l'Association artistique et littéraire

Langue, journaux et chanson bretonnes, école chrétienne, libéralisme politique, d'une part; français, école laïque, épuration d'autre part.

 

d) la lutte fratricide des droites, vue par la gauche républicaine..

Ar Bobl est à nouveau sur la sellette, pour une question commerciale et donc financière. L'hebdomadaire républicain "bleu" morbihannais ne pouvait manquer l'occasion de dauber sur un adversaire professionnel et politique, en conflit d'intérêt avec un imprimeur ouvertement catholique...

 

Araok, 3 avril 1910, page 3

 

e) Ar Bobl pris à partie par les "rouges" de Brest:

 

Taldir Jaffrennou stigmatise une violence verbale à laquelle il contribue lui-même quelque peu :

   « Le journal collectiviste révolutionnaire de Brest a ouvert dans ses colonnes une polémique de personnes contre les Régionalistes bretons […] Voici, résumés, les jolis articles à nous consacrés :  « société de ribote. Trembler de colique dans ses braies - arrachons-leur leur faux-nez – œufs pourris – bafouillage- idioties – abracadabrant – comique – grotesques – quelle foirade dans les braies – torchon – bande glapissante – large mornifle – élucubration – calembredaine  fumisterie régionaliste – indigeste presse – français frelaté – dépotoirs – paysan tirant la langue devant le bon Dieu – sous-verge – évacuer leur bile dans les tinettes » » 

Ar Bobl, n° 302, 8 octobre 1910

 






Dernière modification le 08/07/2014

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