Ar Bobl (1904 - 1914)

Le journal de Taldir Jaffrennou: "le Peuple"

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09/08/2017

  Cette page a été complétée en octobre 2014 et mai 2017

 

Elle contient des entrefilets concernant les communes de Plouguer, Poullaouen, La Feuillée (2), Scrignac (2), Huelgoat, Plusquellec, Calanhel (2)

 

LES PRETRES AFFIRMENT QU'ILS SONT VICTIMES DE PERSECUTIONS


1) Les atteintes à l’intégrité physique des prêtres

 


Poullaouen - « Ar voyoujeu ru . Eur bochad voyoujeu ru euz ar vourk Poullaouen a zo bet, n’eus ket pell, e-kreiz an noz, o terri ar gwer war di ar Person. Setu aze peseurt stad truezus a goue ar parroujou pere zo renet gant franmasoned. N’eus ket ken liberté ‘bet, na memeuz eurz da gousket sioul evit an dud a honestiz »
 « Les voyous rouges. Une équipe de voyous rouges du bourg de Poullaouen a, il y a peu, au milieu de la nuit, cassé les vitres du presbytère. Voilà dans quel état pitoyable sont parvenues les paroisses dirigées par les francs-maçons. Il n’y a plus de liberté ni même, pour les honnêtes gens, la possibilité de dormir tranquilles »
Ar Bobl, n° 8, 12 novembre 1904

 
  
Anticléricalisme et atteinte à la propriété et à la tranquillité publique…


 Plouguer – « Bizet e fuzul var ar c’hure – Eun den hanvet ar Gall, daou bloaz ha tregont, deuz Karaëz, o tond deuz ar chase diriaou d’abardaë an neuz troët bek e fuzul var zu an aotrou Kentric, kure Plouguer, en eul larët « sell emean, eun tenn d’id ! ». An A. Kentric a saillaz dustu var an hini a iea da vea torfetour, hag a ziframmaz e fuzul deuz tre e zouarn »
 
  « Le vicaire mis en joue – Un individu nommé le Gall, trente-deux ans, de Carhaix, qui s’adonnait à la chasse jeudi dans la soirée dirigea son fusil dans la direction de M. Quentric, vicaire de Plouguer, en lui disant : « Tiens, un coup de fusil pour toi ! ». M. Quentric se jeta aussitôt sur le criminel et lui arracha le fusil des mains »
  Ar Bobl, n° 16, 7 janvier 1905 Traduction: Jean Yves Michel, septembre 2012

 



 

 

2) Les atteintes aux ressources matérielles des prêtres

Plusquellec, 1904

 

Pluskellek - Al laëron

Laëret eo bet e baë, digant an Ao. Chaux, person en Pluskellek, abalamour e kozee brezonek er Gador. Gallaoued daonet ! Birviken na ziframet ar brezonek deuz ar c'hornik douar-ma !

Plusquellec - Au voleur

Le traitement de M. Chaux, recteur de Plusquellec, lui a été volé, parce qu'il prêche en chaire en breton. Damnés Français ! Jamais vous n'arracherez le breton de ce coin de terre ci !

Ar Bobl, n° 5, 22 octobre 1904 Traduction: Jean Yves Michel, février 2014

 

   Calanhel


Kalanhel - E draitament laëret digant ar person ha laket en godel ar Re-Ru.

Kustumi a rer deuz an traou tout, memez deuz ar fallagriez. Tud boazet da plega o c'hein evit reseo toliou skourje, eo gret benn ar fin ar plas var o diskoaz ha kaledet o lêr. Evelse c'hoarve kont pobl parrroziou Breiz-Izel, ha gant Kerne ipsisial.

 Ar gwechou kenta mo oa bet kleved penoz eun neubeud beleien breton a oa bet dilemmed o draitament digantê evit kozeal breoneg er gador, ne oa bet er vro vro holl nemed eur c'hri a vil malloz var ar c'houiled louz a skoe evelse ar Vretoned er pez zo an tosta d'o c'halon: o langach koz.

Ar beleg laëret en injust a gave en peb kosteen tud da gemer e zifenn ha kalz a dud a zo deut zoken, abalamour d'ar viloni-ze da guitaat kosteen ar re-werzet ha d'en em renki deuz tud al liberte.

 Mez allaz, ar Breton a zo breman henvel deuz eun oan, respet d'eoch, astennet war ar bank etre daouarn ar c'higer. Pa zant ar gontell o vont en e c'houg, e tiskrap eun tammig hag e leusk eun neubeud bl^jadennou, mez seul vui ma tiskrap seul vui e vont ar c'higer war ar gontell, ken a ve bet diwadet korf al lon kez !

 Pobl foll ha naï ma''z omp-ni en Breiz-Izel. [...] Gweled bek fri eur Mestr bennak, lakez dindan ar Republik, a zo awalc'h evit lakaat ar paizanted Kerne da gac'hat en o bragou !

Ac'hanta, en parroz Kalanhel a zo erruet pez a dlee naturelamant erruout. Dre ma lakeint ae Re-Ru da c'honid ar maout e oa eaz d'an dud gouzout petra c'hoarvefe goude: viloniou a vije great gwasa ma vije gallet d'ar re oa deuz ar parti gwir ha mad.

Gweled e memp pe

tra zo bet great gant Feliz an Du: gwelomp brema petra zo neve c'heat d'ar person an Aotrou Raoul. Hidu, vel ma ouiet, e ma deut ar c'hiz da ober flatrourelez pe delation en gallek. Ar franmasoned eo deut ar mod-ze gantê barz ar vro, hag evel ma ra eur marmouz, ar memez geizou vel ma rei eun den evelse ive ar Ruien dister kollet er bourkigou a hast kemer skouer war pêz a ve great ganto cheffou braz en Pariz. Hag e ve flatroullet hema-henhont gantê, skrivet lizer ama, lizer-aze (lizeriou hep sin vel in kustum), denonset tud just, laket ar fonksionieren dizroug da vea deut fall gant o superiored. Kant feson zo da flatal, pa ve c'hoant de vea kasteloden.

Var ar veleien e vefe diesoc'h d'ar Gastelodennou (pilligou-toull a rer anê a-wechou) en eme venji, panevert an neuz lakeet ar Gouarnamant eun arm danjirus etre o douarn: sufiz eo d'eur c'hoz vestr-skol pe d'eur poutfêr bennag kas lizer d'ar prefed ha laret e komz ar Person Brezonek er Gador, evid ma tennet e baë digantan. Setu aze 'ta tud ganet en Breiz-Izel, ha na oar o zud nemed brezonek, hag a zeu a volonte vad, dre vis-fall ha dre venjanz, da waski en injust war o breudeur...

Laërez paë eur beleg evit komz Brezonek a zo ober eun insult da gemend den a zo er barroz, penegwir a komzer brezonek dre holl, hag ouspenn-ze, paë eur beleg a vo miret memez tra war ar c'hontribusionou, hag vo roët da Botred la bomb' ru da ober cher-vad, da greski o c'honverz diwar goust an dud.

Piou a lak tenna e baë digant eur beleg breizad ? Daou a c'hall hen ober: eur maër ma n'eo ket fur, hag eur skolaër mar deo venjansus.

Sethu c'houi brema prevenet, Kalanheriz. C'houi, vel kalz a barroziou all a zo o sikour ar Gigerien da ziwada mui oc'h-mui ar Vretoned. Digoret ho taoulagad keid en poënt c'hoaz.

Calanhel - Le recteur dépouillé de son traitement, empoché par les Rouges

Les choses, même les pires, deviennent habituelles. Les gens accoutumés à courber l'échine pour recevoir des coups de fouet, leur font à la fin des fins une place sur leur épaule et épaississent le cuir de leur peau. Il en va ainsi pour les paysans de Basse Bretagne et spécialement de Cornouaille.

   Les premières fois où le bruit nous vint aux oreilles que quelques recteurs avaient été dépouillés de leur traitement pour usage du breton en chaire, cela déclencha une protestation promettant mille malheurs aux sales vicieux qui avaient ainsi frappé les Bretons dans ce qui leur tenait le plus à coeur: la langue traditionnelle.

Le prêtre injustement dépouillé trouve de tous côtés des défenseurs et bien des gens abandonnèrent le parti des vendus et rejoignirent le camp de la liberté.

Mais hélas le Breton est maintenant comme l'agneau, sauf votre respect, allongé sur l'étal entre les mains  du boucher. Lorsqu'il sent le couteau s'enfoncer dans son cou, il recule un petit peu et lâche quelques plaintes mais plus il recule plus il se rapproche du couteau du boucher qui est à même de saigner la pauvre bête !

Beaucoup de Bas-Bretons sont fous et naïfs. La seule vue de la gueule d'un petit maître quelconque, laquais de la République, suffit pour que les paysans cornouaillais défèquent dans leurs culottes !

Eh bien, dans la commune de Calanhel est arrivé ce qui naturellement devait arriver. Si vous laissez triompher les Rouges, il est facile de deviner les conséquences: les pires bassesses, auxquelles j'ai assisté,  sont infligées aux partisans de la vérite et du bien.

De même, nous avons vu ce qui est arrivé à Félix Le Dû et nous constatons ce qui arrive à M. l'abbé Raoul. Il m'est venu aux oreilles que la hideuse habitude de la délation s'est installée. Les francs-maçons l'ont introduite dans notre pays, et, comme des singes imitant les mêmes grimaces, les méchants rouges, dans les plus petits bourgs, font leur l'attitude de leurs chefs de file parisiens. Et on dénonce les gens irréprochables, en écrivant de ci de là (des lettres annonymes évidemment), poussant les fonctionnaires jusque-là sans méchanceté à malmener leurs supérieurs. Il ya cent façons de dénoncer, quand on veut être une casserole.

   Il est plus difficile, pour les casseroles (des bassines parfois) de se venger des prêtres, sauf que le Gouvernement détient une arme dangereuse: il suffit qu'un vieux maître d'école ou une marmite quelconque écrive au préfet que le recteur utilise le breton en chaire pour que son traitement soit suspendu. Et il y a des gens nés en Basse-Bretagne, dont les proches ne savent que le breton et sont de bonne volonté, qui, par vice et désir de vengeance, étranglent injustement leurs frères.

  Supprimer le traitement d'un prêtre pour utilsation du breton revient à insulter chaque paroissien, puisque tous utilisent le breton et, en outre, le traitement d'un prêtre est prélevé, de toute manière, sur les contributions; cette somme sera donnée aux adeptes de la bombance rouge  afin qu'ils fassent bonne chère et accroissent leurs affaires grâce à l'argent des autres.

Qui dépouille le prêtre breton ? Deux individus s'en chargent: un maire, qui manque de sagesse, un instituteur mû par la vengeance.

 Vous voilà prévenus, habitants de Calanhel. Vous qui, dans bien d'autres communes, prêtez main forte aux Assassins qui saignent de plus en plus les Bretons. Ouvrez les yeux tant qu'il en est encore temps.

  Ar Bobl, n° 18, 21 janvier 1905

Traduction: Jean Yves Michel, novembre 2012

 

 

Calanhel, encore...

 

Kalanhel -

Skriva rer d'eomp - Fall evidon-me, mad evidon-te !

 Trist eo gweled lemmel e baë digant eur person, abalamour ma kaoze brezoneg en oferen har er c'hatekizou. [...] Piou vo well deuz an taol divalo-ze ? Den-a-bed rag ar c'hontribusionou zelc'ho da vond war(rok, ama vel lec'h all.

Eun dra fentus a-vad, ec'h eo kleved brezonek dalc'hmad en ti-kear gant ar maër hag ar c'honsaill. Na laran ket e raint fall, er c'hontrol mez neuze' ta perag e vo kaozeet galleg en iliz ! Evid ma n'allo den-bet komprenn ar relijion ?

Calanhel

On nous écrit: Le malheur des uns fait le bonheur des autres

C'est une chose bien triste que de d'ôter son revenu à un recteur, sparce qu'il a utilisé le breton  pour dire la messe et faire le catéchisme. Qui tirera bénéfice de ce mauvais coup ? Personne, car les impôts n'en continueront pas moins à l'avenir, ici comme ailleurs.

 Une chose comique: on entend toujours le maire et les conseillers municipaux parler breton dans la mairie. Je ne dis pas qu'ils sont dans l'erreur, qu'ils devraient se contrôler, mais alors pourquoi on   parlerait français à l'église ? Pour que personne ne puisse comprendre la religion ?

 

Ar Bobl, n° 19, 28 janvier 1905 Traduction: Jean Yves Michel, novembre 2013

Le maire de Calanhel, Jean Louis Desbordes, a accompli 9 mandats de 1868 à 1903. En 1905, il remplit son dixième (1904-1908).

La Feuillée

Le recteur de la Feuillée ne se fait pas faute d’exploiter la quasi-suppression du traitement des ecclésiastiques:

 « Aboue lezen an disparti, ar veleien hag an iliz ar Fouille en deuz 1650 F neubeutoc’h beb bloas, hag an dud kris-ma o deuz plijadur o’ c’hoardin deomp.  Mes lezomp da vont. Doue an eo e dro » (« Depuis la Loi de Séparation, les prêtres et l’église de la Feuillée ont chaque année 1650 F de revenu de moins et les gens cruels d’ici ont plaisir à se moquer d’eux. Mais laissons-les faire. Dieu aura son tour »

 

Sermon du recteur de la Feuillée, 1907, archives du presbytère de la paroisse

Traduction: Jean Yves Michel, janvier 2013

 

   .

Scrignac - « Kenavo, kest amann ! Oblijet a vo ar veleien gant ar Foll da zibri bara sec’h. Ar sort-se zo gwir republikaned, ac ‘hanta ! » "Adieu, quête de beurre. Les prêtres seront obligés par Le Foll de manger du pain sec. Ainsi agissent les « véritables » républicains ! »   .

Ar Bobl, n° 185, 11 juillet 1908

Traduction: Jean Yves Michel, février 2012

 

  Maire républicain radical de Scrignac, Le Foll compte parmi les plus grands bouffeurs de curés de l'Arrée..

 

« Ar Foll a zo ‘n em gavet eun orator deuz ar c’henta, beb sul e ia var ar groaz da zisput ar veleien. Pursuet eo e spered gant hunvre a zaeïou du ; en en gousked zoken na vel nemed beleien en dro d’ean ha gant eur sabrenn goat e fell d’ean brezelli ouz kement offerenner a zo er c’hontre » « Le Foll s’est découvert des dons oratoires de premier ordre, chaque dimanche, il monte sur la croix pour s’en prendre aux prêtres. En rêve, il poursuit les soutanes noires ; même dans son sommeil, il ne voit autour de lui que des prêtres et, avec un sabre de bois,  fait volontiers la guerre à tous les diseurs de messe de la région »
Ar Bobl, n° 185, 11 juillet 1908 Traduction: Jean Yves Michel, février 2013

 

     Parfois, les prêtres sortent vainqueurs de la lutte: Huelgoat, 1907

 

Huelgoat - Distro ar veleien

 Ar Sizun Relijius a lavar penoz katoliked Huelgoat o veza lakeet eul lojez deread en dispoz ar veleien euz ar barrez-ma, pere a oa et da Verrien da chom aboue o chase, ar re-man a zo distroet var o c'hiz d'o farrez.

Huelgoat - Le retour des prêtres

La Semaine religieuse affirme que les catholiques d'Huelgoat ont mis un logis convenable à la disposition des prêtres qui, après leur expulsion, s'étaient réfugiés à Berrien et en sont donc revenus, selon leur voeu, dans leur paroisse.

Ar Bobl, n° 164, 16 novembre 1907 Traduction: Jean Yves Michel, septembre 2013






Dernière modification le 07/05/2017

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