Ar Bobl (1904 - 1914)

Le journal de Taldir Jaffrennou: "le Peuple"

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09/08/2017

3)  Le problème des retraites : qui doit cotiser ?

    Il ne s’agit évidemment pas des retraites pour les paysans, artisans ou commerçants, professions libérales, mais de celles des ouvriers, d’usines, d’atelier ou de la terre, de certains « fonctionnaires »..

    « Les retraites ouvrières :

     Le peuple réclamait les retraites ouvrières ; des fumistes répondaient : « Attendez, électeurs, nous allons chasser les Congrégations et avec leurs dépouilles vous aurez votre caisse de retraites ! ». Le fameux milliard, qu’est-il devenu ? On n’en cause plus […] La grande majorité des électeurs réclame toujours le vote des retraites ouvrières, la majorité gouvernementale répond : « Nous allons voter la séparation de l’Eglise et de l’Etat ! ». Et l’an prochain, les candidats bourgeois socialistes anticléricaux, ces prétendus amis du peuple, inscriront en tête de leur programme : retraites ouvrières, secours mutuels, bien-être du peuple – J.M. Solu »

Ar Bobl, n° 29, 8 avril 1905 

  Les congrégations de Sœurs (Ursulines, Bénédictines, Carmélites etc…), de moines (Franciscains, Assomptionnistes, Chartreux, Dominicains, etc…), de Frères des Ecoles chrétiennes, de Frères de la Doctrine chrétienne, possèdent des biens, donnés ou achetés grâce à l’argent des élèves… On disait que le montant de ces biens s’élevait à un milliard de francs-or.. Mais, comme le Garde des Sceaux du Ministère Combes avait recommandé aux tribunaux de nommer des liquidateurs bons républicains, beaucoup de ces derniers, assurés d’une sorte d’impunité d’origine politique,  escroquèrent l’Etat, qui ne toucha que 35 millions au total.

 

Retraites du personnel des chemins de fer

  « La Société générale des chemins de fer économiques institue à partir du 1er janvier 1910 une retraite à 55 ans et 25 ans de service. La Compagnie, sans diminuer les salaires, fera au Fonds de la Caisse de retraite un versement de 10 % sur le salaire payé à chaque agent. Cette mesure fait honneur à la Direction de la Compagnie »

Ar Bobl, n° 268, 12 février 1910

     L’âge de la retraite à 55 ans devient un droit acquis, en faveur duquel les cheminots du début du 21e siècle combattent encore. Cependant en un siècle, l’espérance-vie masculine a cru de 25 ans.

 

Carhaix - Retraites ouvrières et paysannes

    « La loi du 5 avril 1910  se heurte à beaucoup de difficultés, venant principalement des assujettis. Ce qu’il y a de curieux là-dedans, c’est que l’opposition se rencontre uniquement chez ceux-là même qui sont appelés à bénéficier de la loi. Il nous semble que ceux qui devraient le plus se plaindre seraient les employeurs, puisqu’ils sont appelés à verser de l’argent sans aucune espèce de compensation. Les salariés ne versent qu’une bien petite somme mais cela les effraie et on nous cite des cas d’ouvriers de la localité qui ont détruit les feuilles d’inscription que la Mairie leur avait fait parvenir »

Ar Bobl, n° 330, 22 avril 1911

   Le refus de cotiser peut être expliqué de diverses manières : d’abord, la conviction fortement ancrée que seul l’employeur doit cracher au bassinet ; ensuite,  la crainte, aussi, de décéder avant de bénéficier de la retraite, d’autant que,   par rapport à la loi de 1906 : l’âge de la retraite est  relevé de 60 à 65 ans ; la part de l’Etat, qui était de 400 millions de F par an, est désormais de 150 millions de F. ; la pension minimale pour un cotisant tombe de 360 à 120 F par an.

    Au sein du Parti socialiste, Jaurès accepte la nouvelle loi tandis que Guesde, marxiste dans les moëlles, la combat, comme aussi la CGT, dominée par les anarchistes.






Dernière modification le 14/03/2013

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