Ar Bobl (1904 - 1914)

Le journal de Taldir Jaffrennou: "le Peuple"

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09/08/2017

                                             Dernière modification: 9 novembre 2014

 

                           Cette page contient des entrefilets concernant les communes de Berrien, Rostrenen, Plonévez-du-Faou

 

7 ) LE COURAGE   ET   L'ESPRIT D'A-PROPOS

 

Rostrenen

 

Rostrenn  - Eur potr iaouank kalonek

D'an iaou 16 a miz-ma, goude kreisde, Josephin Ar Bail, tri bla, a gouezaz barz ar ster kichen milin Rest-Menguy, parroz Bonen. Ar vugale a oa ganthi en em lakaz da grial, ha Herri Lamer, 15 vla, mevel gant Ar Flohic, pehini oa o vês ar saout, a zic'haloupaz hag a lampaz en dour red. Goude mil boan e teuaz a benn da tenna maez ar plac'hig vihan o vond da vanka. Meulodi d'ar potr kourajus-ze: an eil gwech eo d'ean riska e vue evid e nesa. D'ar sort-se a dlecher roi rekompanz.

 

Rostrenen - Un jeune homme courageux

 Jeudi 16 de ce mois, après midi, Joséphine Le Bail, trois ans, tomba dans la rivière près du moulin de Rest-Menguy, commune de Bonen. Les enfants qui l'accompagnaient, crièrent et Henri Lamer, 15 ans, domestique de ferme chez Le Flohic, qui gardait les vaches, se précipita et sauta dans le courant. Après mille peines, il réussit à sortir la fillette de l'eau et à la déposer sur la rive. Félicitations à ce jeune homme courageux: c'est la deuxième fois qu'il risque sa vie pour son prochain. Ce geste mériterait une récompense

 

Ar Bobl, n° 410, 26 octobre 1912 Traduction: Jean Yves Michel, décembre 2013

 

Berrien

 

Berrien - Eun den kourajus

Disadorn, Fransou ar Born, deuz Huelgoat, a oa o tond en gwetur deuz Montroulez, pa spontaz e varc'h, etal Goaskentin Berrien, dirag eur wetur-dre-dan. Ar jô a benfollaz hag a redaz d'ar pevarlamm, hep ma oa posubl arêti anan. Jean-Mari An Oc'h, deuz Kerneve, Berrien, a welaz ar malheur, hag a zaillaz risk e vue deuz penn ar jô. Gallout a reaz areti anan.

  Ar Born a ginnigaz arc'hant d'an mez An Oc'h a revusaz rekompanz

Berrien - Un homme courageux

Samedi, François Le Borgne, d'Huelgoat, allait en voiture à Morlaix quand son cheval fut effrayé près de Goeskentin en Berrien, par une voiture à moteur. Le cheval s'affola et s'enfuit au grand galop sans qu'il fût possible de l'arrêter. Jean Marie Leboeuf, de Kerneve en Berrien, qui avait observé la catastrophe, s'élança à la tête du cheval, risquant ainsi sa vie. Il réussit à immobiliser ce dernier.

  Le Borgne lui offrit de l'argent mais Leboeuf refusa la récompense.

Ar Bobl, n° 2, 1er octobre 1904 Traduction: Jean Yves Michel, octobre 2013

 

Plonévez-du-Faou

 

Plonevez-ar-Faou - Histor bandiou

 Eun toullad bloaveziou zo eur medisin deuz C'hastellnevez a oa o tizrei kreiz an noz deuz Plonevez en gwetur. Erru hanter hent, gant eur tammig krec'hen, eur plac'h groz e mouez a zeuaz da c'houll plas er wetur da vond d'ar C'hastellnevez, rag skuiz e oa, emezi, hag e faner oa pounner. Ar medisin a lesaz anezhi da bignat tal e gichen, mez pa oa azeet var ar bank hen e welaz a oa touzet e fenn. Lezet  a reaz neuze e dok da goueze 'meaz ar wetur, hag oc'h arêti e varc'h e c'houllaz digant ar plac'h-ze diskenne da dapout e dok, e-keid ma talc'he al loen 'n e zao. Ober a reaz houma. Mez dustu doa taolet troad d'an douar, iô Moji, ha fouet d'ar marc'h d'an daoulam-ru ! A-drenv, var greiz an hent, ar plac'h en em lakaz da iudal ha da vallozi, gant e mouez gwirion, mouez eur gwas. Ar medisin na lakaz nemed eun hanter-heur da vond ac'hano da Gastellnevez. Pa oa erru er gear ha divoemet eun tam, e tigoraz ar baner chomet varlec'h ar plac'h: beza oa ennhi eur goutell-sparlet, eur revolver hag eur pennad korden.

  Ken gwaz all zo digouezet n'eus ket pell, mez an histor a dro farsusoc'h ebarz ar fin.

 Job G... deuz Ker... a oa bet en foar ar C'hastellnevez; gwerzet en doa eur pez bioc'h lard eur priz rezonabl hag evel e oa re abred da vond da gear dustu, ec'h eaz, leun e godel a voni, hag e galon a levenez, da ober tro an hostalierou. Araok mond kuit e teuaz da zonj d'ezan en doa e barz e gaô eur varrikennad jistr deuz ar blâ, hag a oa  da doulla prestik.  Mond a reaz 'ta da brena eun duelen beuz digant eur marc'hadour.

Erru oa seiz eur noz  a-benn ma kemeraz hent Ker... en parrez Plonevez. Digoueet kichen eul lann vraz a zo var hanter hent- a-benn neuze oa tenval - eun den, eur sort herkul braz, a lammaz divar ar c'harz, hag en eur hijal eur mellad pen-baz dero, e c'houlennaz digant Job: "ialc'h pe bue". Meur a hini all e plas Job G... a vije pladet eno gant ar spont. Job ive...panevet ar jistr en doa evet. Heb souza eur meur-dad, Job a dapaz e gok-barriken hag o trei  ar bek var zu penn ar bandi, hen ahopaz : "Deuz eur gammed c'hoaz hag out maro !". An herkul braz  a strinkaz d'an daoulin dirag Job  en eur c'houllen truez. Neuze  Job G... a bakaz e bistolen en e jaket: "Mad eo, emezan, sao alese, bandi; ha diwal deuz da ler". Ha Job, leun a assuranz, a zalc'haz gant ar hent-braz.

Plonévez-du-Faou - Histoires de bandits

 Il y a bon nombre d'années, un médecin de Châteauneuf revenait au milieu de la nuit de Plonévez en voiture à cheval. A mi-parcours, dans une petite côte, une femme à la grosse voix vint lui demander une place dans la voiture pour se rendre à Châteauneuf, car elle se disait fatiguée et portait un lourd panier. Le médecin la laissa grimper près de lui,  mais quand elle fut assise sur le banc, il vit que sa tête était rasée. Il fit tomber son chapeau à terre et, arrêtant son cheval, demanda à cette femme de descendre pour prendre sa coiffure, pendant qu'il tiendrait le cheval immobile. Ainsi fit-elle. Mais dès qu'elle mit pied à terre, fouette cocher ! le médecin mit son cheval au triple galop. Derrière, au milieu de la route, la femme insultait et maudissait de sa voix véritable, celle d'un homme. Le médecin ne mit qu'une demi-heure pour atteindre Châteauneuf. Parvenu chez lui et un peu remis de ses émotions, il ouvrit le panier laissé par la femme ; il y trouva un couteau à cran d'arrêt, un revolver et un bout de corde.

 Une autre histoire aussi dangereuse est arrivée il y a peu, mais elle a tourné finalement davantage à la farce. Job G... de Ker... était allé à la foire de Châteauneuf et y avait vendu à un prix raisonnable une grande vache grasse et, comme il était trop tôt pour rentrer chez lui, il fit, la poche pleine d'espèces sonnantes et trébuchantes et le coeur rempli d'allégresse, la tournée des auberges. Avant de repartir il songea que dans sa cave une barrique de cidre de l'année attendait d'être mise en perce le plus tôt possible. Il acheta une clé de buis chez un marchand. Il était sept heures du soir quand il prit la route de Ker... en Plonévez. Parvenu près d'une grande lande à mi-chemin - il faisait déjà sombre - un individu, une sorte d'hercule géant, sauta du talus et, agitant un bâton de soule en chêne, jeta à Job: "la bourse ou la vie !".

Plus d'un homme, à la place de Job, aurait été glacé de peur.  S'il n'avait pas fait une ventrée de cidre, Job l'aurait été aussi.. Sans  plus réfléchir, il s'empara du robinet de la barrique et en pointa l'extrémité percée sur la tête du bandit en lui assenant: "Un pas de plus et tu es mort !". Les genoux de l'hercule tremblèrent pitoyablement. Alors Job mit son pistolet dans sa veste: "Cà va, dit-il, debout et va-t-en, bandit; et fais attention à ta peau !". Et Job, plein d'assurance, se remit en route.

 Ar Bobl, n° 173, 18 avril 1908
 Traduction: Jean Yves Michel, octobre 2014







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