Ar Bobl (1904 - 1914)

Le journal de Taldir Jaffrennou: "le Peuple"

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09/08/2017

 

Page complétée le 13 mars 2016

 

 

LES HABILES

Le député...

L'hebdomadaire morlaisien de droite catholique l'"Echo du Finistère" se rit de Dubuisson en 1906

[PNG] Dubuisson sur la sellette n° 6 13 01 1906.PNG                                                                          N° 6, 13 janvier 1906

 

[PNG] Dubuisson en difficulté à Spézet n° 10 10 02 1906.PNG                                                                                       N° 10, 10 février 1906

« Le Révérend Père  abstentionniste [1]  M. Dubuisson, le député ni chair ni poisson  (Comité de l’Action libérale  populaire de Carhaix) »

Ar Bobl, n° 80,  31 mars 1906 

 [1] Jeu de mot sur "assomptionniste" ; les Pères assomptionnistes, fondateurs du journal de combat "la Croix", se lancèrent sans retenue dans la campagne antidreyfusarde.

 

 

[PNG] Dubuisson Panthéon 85 5 mai 1906.PNG

 

In Ar Bobl, n° 85, 5 mai 1906


« M. Dubuisson fut élu pour la première fois en 1898 […] A cette époque, M. Dubuisson était tout simplement républicain, sans épithète. En réalité, il a toujours été opportuniste.

    En 1906, les républicains progressistes, malgré l’évidence des votes sectaires de M. Dubuisson, malgré son alliance avec l’extrême-gauche, continuèrent à lui donner leurs suffrages, alors que le programme franchement républicain de M. de Kercadio leur offrait toutes garanties. Ils forgeaient ainsi leurs propres entraves.

   M. Dubuisson a fait l’éloge de M. Combes le 23 janvier 1910 à Carhaix au banquet privé de la section carhaisienne du Comité Mascuraud »

Ar Bobl, n° 268, 12 février 1910

       Le terme "républicains progressistes" ne doit pas être mal interprété. Qui saurait être hostile au "progrès" ? Mais il existe presqu'autant de définitions du contenu du "progrès" que d'électeurs.

Les "progressistes" de 1910 sont des hommes de droite...

    Le Comité Mascuraud rassemble des commerçants, artisans, industriels et membres de certaines professions libérales, tous anticléricaux...


Quimper – Dubuisson au Conseil général 

    « Contre l’avis de la Gauche et du Préfet, Dubuisson est favorable à ce que les prêtres âgés continuent de jouir de la Maison des Vieux prêtres de Saint-Pol »

Ar Bobl, n° 286,   18 juin 1910

 

Quimper – Séance du Conseil général

    « Dubuisson s’oppose au voeu d’un collègue demandant que les livres en usage dans les écoles laïques soient choisis parmi ceux n’ayant fait l’objet d’aucune critique épiscopale »  

Ar Bobl, n° 306,   5 novembre 1910

 Résumons: Dubuisson est hostile à la Séparation des Eglises et de l'Etat républicain, au collectivisme, au cléricalisme, à l'impôt sur le revenu et au rachat des chemins de fer déficitaires par l'Etat, à la loi de trois ans, mais il est favorable à l'approbation par l'épiscopat des manuels en usage dans les écoles publiques, c'est-à-dire laïques.

 

Il existe aussi des habiles qui se fourvoient... ainsi Anthoine, républicain anticlérical, partisan de Dubuisson, puis radical-socialiste refusant de soutenir Nicol; maire de Carhaix (1900-1906), conseiller général (1900-1904); battu par un co-listier soutenu par les "réactionnaires" lors des élections départementales de 1904, rejeté pour cause de "dubuissonnisme" par les radicaux-socialistes contre qui il doit faire le coup de poing, il en perd la raison et doit démissionner le 1er août 1906 de la mairie de Carhaix. Enfermé à l'asile des aliénés, il meurt en 1908. Dans le texte ci-dessous, il est question des élections législatives remportées par Dubuisson aux dépens de Nicol...


[PNG] Carhaix Anthoine demeles A Courrier29 12 05 1906.PNG

[PNG] Carhaix Anthoine demeles B Courrier29 12 05 1906.PNG

[PNG] Carhaix Anthoine demeles C Courrier29 12 05 1906.PNG                                                                       Le Courrier du Finistère, 12 juin 1906                     


Le conseiller municipal puis maire (1906) et conseiller général (1904) de Carhaix 

 

[JPG] Lancien et ses amis

Photo extraite de l'ouvrage de Dominique MESGOUEZ, Histoire de rues: Carhaix, Keltia Graphic, 1991

Le quatrième personnage en partant de la gauche au dernier rang est Auguste Le Vincent, sellier-bourrelier

Carhaix –« Fernand Lancien, conseiller général, s’est prononcé en faveur du maintien du Concordat… Le Nouvelliste, organe monarchiste, dans son numéro du 9 mai, étale contre M. Lancien, une série de griefs aussi injustifiés les uns que les autres. Il prétend qu’à la récente session du Conseil général, M. Lancien « n’a pas défendu les droits des catholiques », que M. Lancien « a mêlé sa voix à celles de nos ennemis »…

      Or,  dans ses votes, M. Lancien s’est montré très logique et, disons-le, très libéral. Il s’est abstenu, dans le vote tendant à émettre le vœu « contre la Séparation de l’Eglise et de l’Etat », en séance. Mais lorsqu’il s’agit de voter, hors séance, le même vœu demandant le maintien du Concordat, M. Lancien y a apposé sa signature. Qu’est-ce que le Nouvelliste désirait de plus ? »

Ar Bobl, n° 34, 13 mai 1905


"Elu conseiller général sur un programme libéral, M. Lancien siège à la gauche du Conseil général, ce qui lui valut l'hostilité des réactionnaires et ne lui a pas acquis la sympathie du Cercle radical de Carhaix qui le combat par tous les moyens"

Rapport du Sous-Préfet de Châteaulin au Préfet du Finistère, 3 juin 1910, archives départementales, 1 M 135

 

Carhaix - « Décorations : Officiers d’Académie ; deux nouveaux décorés, ce qui porte à dix [2] sur vingt-et-un le nombre de membres de la Municipalité Lancien décorés en l’espace de quatre ans »

Ar Bobl, n° 369, 20 janvier 1912

[2]  Lancien, Guéguen et Penn, adjoints, Fontaine, Branellec,  Quilliou, Le Sauz, Thomas, Le Bescond, L’Hostis

 

. Elu Président de la Délégation cantonale pour l'enseignement primaire public par neuf voix sur douze en 1908, notre homme est qualifié de « méliniste honteux » par son adversaire radical-socialiste, l'ancien maire de Saint-Hernin Lefranc et de « révolutionnaire » par la droite carhaisienne.  Lancien évolue, comme son frère le notaire : « Mon frère ne fait pas de politique militante à cause de son étude, mais il est nettement républicain et très anticlérical. Ni Mélou, ni Henriet et tutti quanti, membres du cercle ayant le monopole des idées républicaines ne pourraient vous donner, eux dont les femmes ( par un procédé de balance destiné à ménager tout le monde) sont tout le temps fourrées à l’église, une meilleure preuve de leur loyauté. Ma belle-sœur ne va pas plus à la messe que son mari, au grand scandale des bien-pensants » [1]. 

[1]   Lettre de Ferdinand Lancien au sous-préfet de Châteaulin, 4 février 1908, Archives départementales du Finistère, 1 T 18

En 1910, Ferdinand Lancien adhère au Comité radical Mascuraud  [2]: c’est un jalon vers la députation ; il lui reste cependant à faire oublier son « passif » politique..  Il est politiquement pris en tenaille : « Elu au Conseil général sur un programme libéral, M. Lancien siège à la gauche du Conseil général, ce qui lui vaut l’hostilité des réactionnaires et ne lui a pas acquis les sympathies du Cercle radical de Carhaix qui le combat par tous les moyens » [3]

.[2]    « Comité républicain pour le commerce et l’industrie » désigné sous le nom de son fondateur, le bijoutier Mascuraud (Comité « de gauche »), devenu sénateur et franc-maçon

[3]   Rapport du sous-préfet de Châteaulin au préfet du Finistère, 3 juin 1910, Archives départementales du Finistère, 1 M 135

 


 

.

 

 

Le maire de Plouguer

Le maire de Plouguer : « Ni rouge ni blanc »

   « M. François Cougard, maire de Plouguer, n’est ni clérical ni radical. Dans l’espace de la même semaine, il assiste à une réunion du comité républicain radical de Mascuraud; il reçoit des mains de M. Dubuisson, député radical, le ruban bien mérité de Chevalier du Mérite agricole et il attelle son char-à-bancs qu’il conduit lui-même pour aider M. l’abbé Quentric, vicaire de Plouguer,  faire sa quête annuelle dans la paroisse » 

Ar Bobl, n° 201,    31 octobre 1908

 

  L'hebdomadaire catholique morlaisien "l'Echo du Finistère" se réjouit de la défaite du maire sortant en 1910:

      " Cougard battu à plate couture le 9 avril 1910 par son neveu par alliance Postollec" (15 avril 1910)

   Bien que le vainqueur soit un ferme républicain, volontiers anticlérical, il a l'avantage, aux yeux du rédacteur en chef de cette feuille de droite, d'éliminer politiquement un hypocrite.



Le maire de Bolazec, François Ropars, grand-père de Taldir, "excellent républicain" selon le Sous-Préfet de Châteaulin, en prend à son aise lors de l'exercice de ses fonctions municipales:

    "Le maire de Bolazec, M. Ropars, a pris la déplorable attitude d'unir les époux à son domicile particulier, une ferme aux abords des plus immondes située à 4 kilomètres de la mairie. De plus, M. le Maire néglige de ceindre toute écharpe, prétendant que cela n'a aucune importance et ajoute qu'il exerce depuis trente ans et qu'il est suffisamment connu des ses administrés. Enfin, il trouve superflu de lire les articles du Code civil relatifs aux devoirs des époux

A. Le Pennec, 26 avenue Bosquet Paris  VIIe"

Lettre au Ministre de l'Intérieur, 1er mai 1912, archives départementales du Finistère, 3 M 446






Dernière modification le 13/03/2016

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