Ar Bobl (1904 - 1914)

Le journal de Taldir Jaffrennou: "le Peuple"

[PNG] ArBobl_logo_100

Identifiez-vous pour accès privé

Déconnexion.

 

09/08/2017

Janvier 2015


 Le théâtre catholique en breton: une réplique aux "persécutions" parisiennes et municipales

 

Ainsi à Carnoët, en 1910..

 

 Karnoët - Eun abardaëvez lawen

Disul goude kreiste, Karnodiz o deus bet eun abardaëvez a blijadur gwir vreton hag a ziduamant honest en Kouant Goz ar Merc'hed.

 En Karnoët, evel en kalz a barroziou all, siwaz, venjanz ar frammasoned he deuz skoët var merc'hed santel ha didamall, hag oblijet anê da zihan da ober skol.

  Al leanezed gwen, en despet d'an droug a rer d'ê, a zalc'h da ober ar vad, ha savet o deuz eur Patronaj Merc'hed etre merch'ed iaouank ar barrez.

  Ar  merc'hed-ma ho deuz displeget ebarz unan euz ar c'hlatou koz euz ar Gouant, dirag daou c'hant a dud, eur pez en brezonek hanvet Tabatierien an Diaoul ha trotou kam Jannet da Itron ar Chastell Ru.

   Ar pez-ma a zo bet troet divar ar gallek gant al Leanez Emmanuel ha disket ganthi d'ar merc'hed.

  Ar sal a oa leun kouch, vel a meuz laret. An aotrone Abaded Gouranton hag ar Bourse, an Aotrou hag an Itron Jaffrennou, an Aotrone Débordès, Corbel, Bosquet, Touboulic, An Naour, etc.. An Itronezed Gouranton, Ar Roc'h, Mahé, Derrien, Couillec, etc, hag e leiz a dud all a famillou a-zoare a oa eno prezant.

 Da genta, bugale an aotrou G. o deuz diduet an holl gant eur monolog gallek brao-tre, ha dispaket c'houek. Mez a pez braz a oa Tabatierien an Diaoul. An Aktourezed a zo bet an eil hag eben dign a beb meuleudi. Na pegen naturel e oaint holl ! Kaër zo laret, ar brezonek a zo kalz bravoc'h evid ar gallek: mond a ra eonoc'h d'ar galon. 

  Louise Bosquet a zo bet eur vatez fentuz tre; Rosalie Chauvel, eun Itron goz tangnouz; Maria Couillec, eur courc'hizez lorc'hus; hanvomp c'hoaz Angela Derrien, Joséphine Tilly, Caroline Couillec, Marivona Ar C'haz, Philomène Morellec, Anna-Marie Paul, Lucie Riou, Maria Provost, Marie ar Barz, Josefin Briand, Josefin ar Gak. 

   Ar strak o douarn deuz diskuezet d'ar merc'hed-ma ha d'o seurezed ken karet pegemend a levenez o deuz digaset dan oll silaouerien. Ha p'ho deuz an holl verc'hed iaouank asamblez kanet ar Brogoz ma Zadou evit echui, ne oa nemed eur vouez da laret: "Enor ha trugare d'ê !".

 Peber skuer kaer da galz a strak-dimezelled ! Pec'hed a ve ankouaat an diou seurez Emmanuel ha Marie Blandine; trugare d'ê ive rag kalz a boan o deuz bet a benn obtenn eun trec'h ken dispar !

  Doue d'o faëo, ha Breiz da virviken !

Eur mignon

 Carnoët - un joyeux après-midi

  Dimanche après-midi les habitants de Carnoët ont eu un moment de plaisir breton et de divertissement moral dans l'ancien couvent des Soeurs.

   A Carnoët, comme dans bien d'autres  communes, hélas, la vengeance des francs-maçons a frappé des Soeurs irréprochables et les a obligées à mettre fin à leur enseignement.

  Les soeurs blanches, malgré le mal qu'on leur a fait subir, ont tenu à faire le bien, et constitué un patronage féminin regroupant toutes les jeunes filles de la commune.

 Les filles ont joué dans une des anciennes classes du Couvent, devant deux cents personnes une pièce en breton ayant pour titre: les tabatières du Diable et le dandinement de Jeannette vers la dame du Château rouge.

 Cette pièce a été traduite du français par Soeur Emmanuelle qui l'a apprise aux filles. La salle était pleine, comme je l'ai dit. Les abbés Gouranton et Bourse, M. et Mme Jaffrennou, MM. Débordes, Corbel, Bosquet, Touboulic, Le Naour, etc... Mesdames Gouranton, Le Roc'h, Mahé, Derrien, Couillec, etc, et une foule de gens accompagnés de leurs familles étaient présents.

D'abord, les enfants de M. G. divertirent l'assemblée par un monologue très beau en français, récité doucement.

 Mais le principal était les Tabatières du Diable. Tous les acteurs furent dignes d'éloges tant ils furent naturels. Il nous plaït de dire que le breton est plus beau que le français: il fait davantage honneur au coeur.

   Louise Bosquet fut une servante très drôle; Rosalie Chauvel, une dame geignarde; Marie Couillec, une courtisane orgueilleuse; nommons encore Angela Derrien, Joséphine Tilly, Caroline Couillec, Maryvonne Le Chat, Philomène Morellec, Anne-Marie Paul, Lucie Riou, Maria Provost, Marie Le Bars, Joséphine Briand Joséphine Le Gac

 Les applaudissements démontrèrent à ces jeunes filles et aux Soeurs si aimées quelle joie elles avaient apportée aux spectateurs. Et quand toutes les jeunes filles chantèrent, pour achever le spectacle, le "Vieux pays de mes pères", il n'y eut qu'une seule voix pour dire: "Honneur et merci à vous !".

      Quelle  belle  expérience pour beaucoup d'éclatantes demoiselles. Ce serait un péché d'oublier les deux Soeurs Emmanuel et Marie-Blandine; merci à elles aussi pour la peine qu'elles ont prise pour parvenir à un succès aussi incomparable !

  Dieu les récompensera et vive la Bretagne éternelle !

Un ami

 Ar Bobl, n° 276, 9 avril 1910
 Traduction: Jean Yves Michel, septembre 2014







Dernière modification le 22/01/2015

Site motorisé par ZitePLUS 0.9.1