Ar Bobl (1904 - 1914)

Le journal de Taldir Jaffrennou: "le Peuple"

[PNG] ArBobl_logo_100

Identifiez-vous pour accès privé

Déconnexion.

 

09/08/2017

Cette page a été complétée en février  2016


Elle contient des entrefilets qui concernent les communes de Spézet, Landeleau, Carnöet, Callac, Calanhel, Plouguernével

 


L'anticléricalisme virulent...

 

 Le très catholique " piti Courrier" dénonce dans un article en breton  une plaisanterie malodorante et blasphématoire:


             Stotat 'bars er pinsin

             Ha mont er maez da c'hoarzin

       Pisser dans le bénitier

       Et sortir en rigolant

"Courrier du Finistère", 4 juin 1904 Traduction: Jean Yves MICHEL, février 2016

 

 

Speyet - Ekleo ar vot - Skriva rer d'eomp

 En parrez Speyet, beza 303 mouez da Gergadio, a zo eun triomf gwirion, dreist-oll pa zonjfez penoz an holl bennou braz  a oa en em la keet eneb d'ezan. Mond a reeint zoken betek lavaret penoz  mar na votet ket evid Ta' Koz e Gorn butun, e oad o vont d'ober eun tor divanj d'ar barrez.

 Ar buro a oa bet digoret d'a 7 heur e-lec'h 8. E-pad ar votadek, an treut Breniel, kenta azen ar barrez, en doa dastumet kement heillon a oa dre eno, hag en doa mevet anezo evit hopal:" Hou ! Hou ! La Calotte !". An dud a reponti: "An hirvoan d'an traon ! Serr e vek d'ar glep !".

An Aotrou Bervas, kure ar barrez , a oa antreet en sal ar ti-kear, evel ma oa e zroet a elektour. Etre diou wech an azen Breniel a eseaz kas anezan er-meaz: "Au nom de la loi, faites sortir, meucheu le curé !" [...]

  Goude lein, Breniel a reaz eun diskour divar an droajou an ti-kear. Sed ama e gomzou dispar: "Sitoianed, ar c'henta republikan a zo bet war an douar oa Doue, ar mestr-braz kondaonet d'ar maro gant Caïphas. C'hui, Otrou Kure, tachet mond meaz ar maëri !" C'hui a zo aman war mad ar gommun !". Ar c'hure a respontaz: "Me m'euz urz da veza aman !"

[...] D'ar Iaou-Bask, ar memez Breniel, pehini ne bad ket gant ar c'hoant da gas e drabell en dro, a bignaz var ar groaz goude an oferen evit trugarekaat ar gommun da veza votet mad. "Gras d'an vot mad-ze, emezan, hent Speyet da Roudouallek a vo great 'benn eiz de dre a ket an Aotrou Loeiz Dubuisson". Dud diot awalc'h a oa da gredi anezhan ! Komprenet penoz n'eus ket bet adjudikasion a-bed c'hoaz zoken !

[...] A oulet-hu pesort rezon a roent  c'hoaz evid voti a du gant Dubuisson ? Mar na vote ket ar re baour evid Dubuisson, na vije ken a louzou na medisined evid netra ! Red eo beza tremen trelatet a-benn kredi a -sort paribolennou, n'oa nemed ar randonerez-ze gant mignoned Ta' Koz e Gorn Butun.

Memez tra, despet d'ê, al liberte he deuz er barrez-ma tri-ha-tri-c'hant mignon gwir !

Spézet - Echos du vote - On nous écrit:

 Dans la commune de Spézet, les 303 suffrages de Kercadio constituent un véritable triomphe, surtout si l'on songe que les notables s'étaient dressés contre lui.. Ils sont allés jusqu'à affirmer que si la commune ne votait pas pour Le vieux Père la Pipe, la commune en subirait un tort irréparable. Le bureau de vote ouvrit à 7 heures au lieu de 8. Pendant les opérations de vote, le maigre Breniel, premier âne de la commune, rassemblant les hésitants qui se trouvaient là, voulait en faire ses marionnettes politiques en les excitant aux cris de "Hou hou la calotte". Des gens répondirent: "A bas l'escogriffe ! Ferme ton clapet à bêtises !".

 M. Bervas, vicaire, entra dans la salle de la mairie, comme tout électeur en a le droit. Par deux fois, l'adjoint Breniel tenta de le faire expulser: "An nom de la loi, faite sortir M. le curé (sic) !". Après le déjeûner, Breniel se lança dans un discours au sujet des droits de la commune. Voici ses paroles, sans pareilles: "Citoyens, le premier républicain sur terre fut Dieu, le Seigneur et Maître, condamné à mort par Caïphas. Vous, M. le vicaire, sortez de la mairie; vous êtes ici sur un bien communal !". Le vicaire répliqua: "J'ai ordre de rester sur place"

  A Pâques, le même Breniel, qui n'est jamais tenté de mettre une sourdine à son moulin à paroles, monta sur la calvaire après la messe afin de remercier les électeurs d'avoir bien voté: "Grâces soient rendues pour cet excellent vote, dit-il, la route de Spézet à Roudouallec sera faite grâce à M. Louis Dubuisson sous huit jours !". Des gens assez idiots le crurent.  Vous comprenez pourquoi il n'y pas encore eu  d'adjudication !

 Demandez les raisons qui ont poussé à voter encore  pour Dubuisson. Si les pauvres ne l'avaient pas fait, ils n'auraient plus bénéficié de la gratuité des soins médicaux et des médicaments ! Seuls les radoteurs au service des partisans du Grand Père à la Pipe peuvent faire croire ces fariboles.

  Et pourtant, en dépit d'eux, la liberté compte dans cette commune trois cents trois véritables soutiens.

 Ar Bobl, n° 89, 2 juin 1906  Traduction: Jean Yves Michel, octobre 2014

 

 

   De Kercadio, candidat libéral, soutenu par Taldir, est battu dans la commune de Spézet et la circonscription par le député sortant, Louis Dubuisson (353 suffrages), vieux radical qui refusé de voter la loi de Séparation en 1905

 

Callac

 

 Kallak - Insulter ar c'hroasiou

Eun den hanvet Ropars a oa dimerc'her 11 a viz Here o vont da gas Kroaz an iliz da di e vam varo. En eur dremen dre tal ar gar, eun den hanvet Manac'h ar c'houllaz:

- Petra zougez-te aze ?

- Da Vestr ha ma hini, eme Ropars.

Neuze Manac'h a dapaz krog er grusifi hag a stlapaz anean en eur vojen spern. Kalz a dud a oa o sellet hag a gomansaz da huchal var an den sod ha fallakr-ze ! Gwaz a vije bet d'e ier panevet e oa harzet ar bobl d'hen drasta.

 

Callac - Insulte à la Croix

Mercredi 11 juillet, un homme nommé Ropars portait la croix de l'église à la maison de sa mère décédée. Sur le chemin, près de la gare, un individu nommé Manac'h demanda:

- Que portes-tu là ?

- Ton Maître et le mien, dit Ropars.

Alors Manac'h s'empara de la croix et la jeta dan un buisson d'épines. Bien des gens qui avaient assisté à la scène protestèrent à haute voix contre la méchanceté de ce fou. Son sort eût été bien pire si la foule avait continué à le corriger.

 Ar Bobl, n° 57, 21 octobre 1905
 Traduction: Jean Yves Michel, juin 2014

 

Calanhel

 

Kalanhel - Ti Kola - Skriver rer d'eomp:

Kerneut a zo ankoueet, na dalv ken netra. Kalanhel a zalc'h brema ar renk kenta evid meskachou sod. N'eus ken kont med euz ar varaken, baraken an El Kola, savet dre an urz an aotrou maër galloudus meurbed ha den a spered uhel, eneb hag en despet da Galanhel, en toull porz ar presbitor.

Re vihan eo c'hoaz ar varaken evid digemer antrone vraz Kalanhel, ha brema aboue disul zo eun tam bec'h var ar bloc'harded. Dastumet eo ar c'honsaill en doare da beur rei an tam plas vihan da Gola; dre walchanz ne oa nemed c'houec'h bloc'harded eno, ar pemp all a oa enebour, hag o doa sonjet chom er ger. Na oa ket moien da vond arok.

Calanhel - La "maison" de Kola - On nous écrit

Kerneut est oublié, il ne vaut politiquement plus rien. Calanhel tient désormais le premier rang pour les idioties. On n'y parle plus que de la baraque, celle de Kola, bâtie sur l'ordre du maire, courageux en diable, suprêmement spirituel, contre l'avis et au mépris des Calanhellois, dans le porche d'entrée du presbytère.

 La baraque est trop petite pour  accueillir les "huiles" de Calanhel et, depuis dimanche, les blocards se disputent quelque peu. Le conseil municipal est assemblé de manière à faire une toute petite place à Kola; par malchance il n'y avait là que six blocards, les cinq autres, leurs adversaires, songeaient qu'ils auraient mieux fait de rester chez eux. Situation bloquée.

 

 

 Ar Bobl, n° 57, 21 octobre 1905
 Traduction: Jean Yves Michel, juin 2014

Kerneut est le maire battu lors d'élections partielles  

 

Landeleau

Landelo - An dristidigez var ar barroz - Eur maëri fentus

 Aboue m'eo interdizet iliz Ladelo gant an Eskob, dre fot ar maër Ar Bec, pehini neus laket kas ar veleien dirag an tribunal ha kondaoni anê d'ar prizon, en dristidigez hag ar poan a zo var ar barroz.

Na zeu ken d'ar vourc'h da zul, ar c'honvers a gomans mond d'an traon. N'eus nag interamant na badeiant. A wechou e c'haller kaont eur belek deuz eur barrez all, mez ral eo.

Disul ar c'honsaill a zo en em reunisset da gouzout petra d'ober. Skrivet zo d'an Eskob. Ar gwella tra da ober a ve lavaret d'ar Bek roi e zilez deus e garg, ha mond e-kuit ! E zotisou, a ia da revina ar barrez net. En Landelo na n'euz maëri a-bed. Kredi a rafec'h ? Gwir eo ! N'eus ti-kaër a-bed. Sal ar c'honsaill a zo en eun hostaleri, hag en hostaleri-ze ma ive ar c'hadastr. Kaierou an Etat-civil a zo en ti eur bolonjer, pehini zo ive sekretour-maëri. Na lavaromp netra deuz an tud-ma, ar maër an hini zo en fot.

Sur awalc'h, n'eus ket en Franz eur maër all hag a lakfe an traou da  vond ken fall en e barrez, evel an Aotrou Ar Bek. Mar be votet ar 6 a viz Maë evid Deputed ru, a-benn eur blâ ama me asur doc'h a vo en Breiz-Izel kalz a ilizou serret, ha kalz a gonversanted sklapet en dienez hag er baourentez. Gant ar billet-vot, en eur voti evid ar Re-Enntre, a zo moîen c'hoaz da repari ar fallagriez. Goudeze e ver re zivead !

Landeleau - Tristesse dans la commune - Une mairie comique

Depuis l'interdit jeté par l'Evêque sur l'église de Landeleau, en raison de la faute commise par le maire Le Bec qui a traîné les prêtres devant un tribunal qui les a condamnés à la prison, la tristesse et la peine se sont abattues sur la commune.

On ne vient plus guère au bourg, l'activité commerciale diminue. Ni enterrement ni baptême. Parfois, on peut compter sur un prêtre d'une autre paroisse, mais c'est rare.

Dimanche, les conseillers municipaux se sont réunis pour trouver une solution. On a écrit à l'Evêque. La meilleure chose à faire serait de dire à Le Bec de résilier ses fonctions et de s'en aller. Ses sottises ruinent la commune.

Landeleau n'a plus de mairie. Le croiriez-vous ? C'est la vérité. Il n'y a plus de bâtiment de mairie. La salle du conseil et le cadastre se trouvent dans une auberge, les registres d'état-civil chez un boulanger, qui est aussi secrétaire de  mairie. Ne disons rien de mal de ces commerçants, c'est le maire qui est en faute.

Certainement, il n'y a pas, en France, un autre maire qui a envenimé les choses dans sa commune comme l'a fait M. Le Bec.Si vous élisez le 6 mai prochain une majorité de députés rouges, en un an à peine vous pouvez être assurés que bien des églises de Basse-Bretagne seront fermées et beaucoup de commerçants jetés dans la gêne et la pauvreté. Votre bulletin vous permet de voter pour les gens droits et donc de réparer les erreurs nuisibles. Après, il sera trop tard !

 Ar Bobl, n° 81, 7 avril 1906
 Traduction: Jean Yves Michel, juin 2014

 

 

 Landeleau, toujours

 

LANDELO - Tro ar Relegou

Bep bloaz da Lun ar Pentekost e zigoue en Landelo ar pardon braz a reat Tro Relegou Sant Telo anezan. Ar brozision a iea beteg peniti Sant Laurenz hag eur bern tud a zirede d'ar vourc'h deuz a beb kostez. Mez abaoue ar veleien a zo eat e-kuit ha ne oa pardon a-bed da veza ar bloa-ma.

 Ar maër, An Ao. Ar Bec, a lavaraz e vije great ar pardon memez tra. Ar Republik a roaz d'ean eur billed a 50 skoed evid ober jeuiou, galoupadeier, ha beb sort all: hen e-unan a oa o renka hag o kas an traou en dro, ma lavare an dud: Ar Bek a zo maër ha person brema. Prestik a vadeo hag a intero.

    Mez an tonton a neuz eur sonj all. Pegwir ne c'houll ket an eskob rei beleien d'ean, dre an askont n'ê ket evid suporti anezo, hen a zo bet o klask beleien protestant. Bet eo er Fouille an de all, evid en eme gleved gant an avieler David; ha kazi zur, an deiou-ma a vo gwelet misionerien anglikan o tond da zermoni da Landelelo.

   Ar maër Ar Bec a zonj e teui evelse a-benn deuz an eskob, rag, emezan "pa welo an eskob eur beleg protestant ama, dustu vo digaset eur beleg katolik da gombati dioutan. Evelse e-lec'h kaout eur relijion, ni hon do diou en Landelo, hag hon brud en em ledo dre ar bed holl"

   Maër Landelo, hennez zo eun hinkin memez tra !

Landeleau - La procession de reliques

 Chaque année, le lundi de Pentecôte, a lieu le grand pardon appelé la troménie des reliques de Saint-Théleau. La procession se rend jus-à Pénity Saint-Laurent et une foule de gens viennent de tous côtés jusqu'au bourg. Mais  le départ des prêtres interdit la tenue du pardon cette année.

  Le maire, M. Le Bec, prétendit qu'un pardon se tiendrait tout de même. La République lui avait donné un billet de 50 écus pour mettre sur pied des jeux, des courses et bien d'autres choses: à lui et à  lui seul d'organiser et de lancer le mouvement, disaient les gens: Le Bec est maire et recteur maintenant, toujours prêt à se montrer généreux et à prendre soin de ses intérêts.

   Mais Tonton poursuivait une autre idée. Puisque l'évêque lui refusait le retour des prêtres, il n'était pas question d'endurer cette situation, il se rendit donc à la Feuillée pour s'entendre avec l'évangéliste David; et, presque à coup sûr, on aurait entendu le jour du pardon le sermon de missionnaires anglicans à Landeleau.

  Le maire Le Bec pense qu'il viendra ainsi à bout de l'évêque, car, dit-il "Quand l'évêque s'apercevra de la présence d'un pasteur protestant ici, il enverra aussitôt, un prêtre catholique combattre ce dernier. Ainsi, au lieu de n'avoir qu'une religion, nous en aurons deux à Landeleau, et notre renommée s'élargira au monde entier !"

Le maire de Landeleau, celui-là est tout de même un freluquet !

Ar Bobl, n° 90, 9 juin 1906 Traduction: Jean Yves Michel, septembre 2014


 

 

Carnoët

Première escarmouche...

 

Karnoët - Feurmach ar presbitor

En e vodad miz Maë, Konsaill parrez Karnoët en deus votet eur goulen da lavaret ne vije brema feurmet ar presbitor d'ar person nemed evid ar som a gant skoëd, pe ahendall ne chomche ken ebarz. Ar person ne oa ket prevenet gant ar maër en feson-a-bed. Lavaret a neuz deuz lein ar gador, disul, ne baëche ket kant skoëd ar bla evid ar presbitor, rag bolante ar re goz a doa savet an ti-ze a oa rei anean evid netra nompaz d'eur belek mez d'an iliz- Rak-se kentoc'h evid paëa, ar veleien a guiteo ar barrez, mez ne guitefont nemed dre soudarded.

Ar c'honsaill a-bez, nemed an adjoint, pehini a oa chomet er gear, en doa votet ar priz ar feurm.

Carnoët - Loyer du presbytère

Dans sa séance de mai, le conseil municipal de Carnoët a décidé ne plus louer le presbytère au recteur à moins de 300 F, sinon le prêtre devrait en sortir. Un maire impoli ne prévint pas le recteur. Dimanche, du haut de la chaire, le curé déclarait qu'il ne paierait pas 300 F par an pour occuper le presbytère, car c'est par la volonté des aïeux que cette maison fut édifiée et donnée sans contrepartie, non pas au clergé mais à l'Eglise. Par conséquent, plutôt que de payer, les prêtres quitteront la paroisse, mais ne le feront que contraints par les soldats.

 Le conseil tout entier, à l'exception de l'adjoint, demeuré chez lui, a fixé par un vote le montant du loyer.

Ar Bobl, n° 142, 15 juin 1907 Traduction: Jean Yves Michel, juin 2014

 


 

Deuxième escarmouche

Karnoët - Divar benn feurm ar presbitor

 Lavaret zo bet ama e oa bet divizet gant konsaill parroz Karnoët heb memez konsultil ar person, e vije goulennet kant skoed feurm digant ar veleien evid lezel o presbitor gantê.

Ar person a noa enebet deuz ar giz-ober-ze ha disul diveza, ar c'honsaill a oa galvet adarre gant ar maër da nav heur, ha galvet ive ar person evid en em gleved var ar priz. Ar c'honsaill a zalc'haz d'e friz kenta. Ar person a ginnigaz dek lur ha tri ugent hag ar frêjou ouspenn var e gont. Ne oa ket digemeret ar ginnig, hag e-pad an ofern 'bred, ar person a roaz da anaout d'ar gristenien penoz e oa tremenet kont. Lavaret a reaz o gwirione en komziou skler, da gonsaillerien "Guillomik" " pere n'ouzont na lenn na skriva". Ar C'hapitan, deus Trevarek, ar Morvan braz deuz an Angl ha Guillerm ar Rouz a glevaz o fater. "Pelec'h eme an Aotrou person, ema ar gonsaillerien fentus-ze . Ne maint ket en iliz; en hostaleri emaint eun tu bennag, oc'h eva gwin gwen. Ped anê a oar lakat e hano var ar paper ?".

Ar person a c'houllaz neuze hag hen a oa tud en iliz a oa a-du gand ar maër . Den na lavaraz e oa. "Ha koulskoude, a zalac'haz c'houi ho peuz hanvet anê, mez ne poa ket dibabet anê da gas ar veleien er-maez".

 Ar person a lavaraz c'hoaz ne oa nemed unan hag a noa asanted lezel ar presbitor gantan evid 70 lur: Jean Marie Couillec, deuz ar bourk; hennez hepken a noa votet evel eur c'hristen mad. En eur echui e lavaraz ne iache er-maez ar presbitor nemed dre nerz: "Ar maër a ve red d'an, emean, digas ar jandarmed ha lakat eun espes machinn a ve gantan en dro d'e gof, eun espes gouriz, panevet ze, me n'anvein ket anean. An ajoent a vo red d'ean ober memez tra. Eur wech a vo et ar c'hure ha me e-kuit, na zeuie ken a veleien katolik da Garnoët. Na vo badeiant nag interamant en iliz".

Komziou an Aotrou Person o deuz touchet kalz a galonou. Mez re all a lavare ive:"oh, veleien a zo pinvidik awalc'h- Ar re-ze a zeuio var o c'hiz. Dre ar veleien eo deut ar relijion ha dre ar veleien ac'h, eio kuit. Pa na vo ken a veleien en Karnoët, ec'h eï an traou memez tra evel kent". Mignoned ar maër a gomze evelse; mez mignoned ar relijion a lavare ive e oa trist gweled an traou o fond mod ma c'haint.

Ar veleien a zo red kaout anê da gonsoll ar glanvourien ha da harz an dud fall da heuil o fasionou. Et ar relijion kuit, o vo muioc'h a zizurz, ha neubeutoc'h a gonverz. Eno ma an traou. Gweled a rimp petra rei ar prefet.


Carnoët - Au sujet du loyer du presbytère.

On a parlé dans nos colonnes de la décision du conseil municipal de Carnoët de demander, sans même consulter le recteur, aux prêtres d'acquitter un loyer de 300 F pour occuper leur presbytère.

    Le recteur étant opposé à cette façon de procéder, le maire convoqua à nouveau le conseil pour dimanche à 9 heures et le prêtre également afin de s'entendre sur le montant du loyer. Le conseil maintint son prix. Le recteur proposa 70 francs et offrit d'acquitter les frais . Cette offre ne fut pas acceptée et pendant la messe basse le recteur donna connaissance aux fidèles des tenants et aboutissants de ce désaccord. Il ne trahit pas la vérité dans ses propos limpides lorsqu'il fit allusion aux conseillers "Guillaume" qui ne savent ni lire ni écrire: Capitaine, de Trévennec,  le grand Morvan de l'Angle et Guillaume Le Roux: "Où sont, dit le recteur, ces conseillers du plus haut comique ? Pas à l'église, mais dans une auberge, dans un coin quelconque, à boire du vin blanc. Lequel d'entre eux est capable d'écrire son nom ?". Le recteur demanda si l'assistance comptait des partisans du maire. Personne ne dit mot. "Et cependant, continua-t-il, vous pouvez nommer, mais vous ne pouvez ôter ceux qui voudraient jeter les prêtres dehors". Le recteur révéla encore qu'un seul conseiller avait accepté le loyer à 70 F: Jean Marie Couillec, du bourg; lui seul avait voté en bon chrétien.

Dans sa péroraison, il affirme que seul l'usage de la force le contraindrait à quitter le presbytère: "le maire devra faire venir les gendarmes et se mettre autour de la taille, une espèce de machin, de ceinture, je n'en ai rien à faire. L'adjoint peut bien l'imiter.  Le vicaire et moi expulsés, il ne viendra plus de prêtres catholiques à Carnoët. Il n'y aura ni baptême ni enterrement à l'église".

Les paroles du recteur ont touché beaucoup de coeurs. Mais d'autres personnes disent aussi: "Oh, les prêtres sont suffisamment riches. Ceux-là vont et viennent quand çà leur convient. Avec les prêtres est venue la religion, avec les prêtres elle s'en ira. Quand il n'y aura plus de prêtres à Carnoët, les choses iront comme avant". Les partisans du maire s'expriment ainsi. Mais les cléricaux sont d'avis qu'il est bien triste de constater une situation de ce genre. Les prêtres ont le devoir de consoler les malades et d'empêcher les mauvaises gens de succomber à leurs passions. La religion disparue, le désordre croîtra et le commerce diminuera.

Telle est la situation. Nous verrons ce que fera le Préfet.


Ar Bobl, n° 145, 6 juillet 1907 Traduction: Jean Yves Michel, juin 2014

 

Plouguernével

Plouguernevel - An seminer bihan serret

Isprefed Gwengamp a rene var bandennou soudarded deuz ar 48e, deut da gas er-meaz eun dousen bennag a  brofesored

 

Plouguernevel - le petit séminaire fermé

Le sous-préfet de Guingamp dirigeait une troupe de soldats du 48e, venus expulser une douzaine environ de professeurs

Ar Bobl, n° 117, 22 décembre 1906 Traduction: Jean Yves Michel, juillet 2014

 

[JPG] petit séminaire de Plouguernével gratuite







Dernière modification le 21/02/2016

Site motorisé par ZitePLUS 0.9.1