Ar Bobl (1904 - 1914)

Le journal de Taldir Jaffrennou: "le Peuple"

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20/07/2018

                                  Page complétée en avril et mai 2017, en mars et avril 2018

 

Cette page comporte des entrefilets concernant les communes de Saint-Nicolas-du-Pelem, Rostrenen, Mûr-de-Bretagne, Carnoët, Plouguernével (2),Plounévez-Quintin, Plusquellec, Le Moustoir, Trébrivan, Plévin,  Kergloff, Scrignac (3), Plonévez-du-Faou, Spézet (3), Lanvénégen, Rouen

La mort conséquence de la bêtise

"La bêtise humaine est la seule chose qui donne une idée de l'infini" (Ernest Renan, Dialogues et fragments philosophiques)

a) L'alcool

Spézet

 

Torfed war torfed en Spezet

    Eur gwaz skotet gant e wreg.

Dilun vintin, Guillom Poupon, labourer en Trevily, a verve e ti e vreur en Kerren. Ar vrud a redaz ne oa ket eur maro naturel e oa.

   An Doktor Coquil, deuz C'hastell-Nevez, galvet var e dro, a refusaz rei permission da interi anezan. Korf ar Poupon ne oa med poac'hadur. Ar vrud a damallaz dustu e wreg da veza gret an tol.

  Ar pez a ree ze da gredi, oa ne c'hee ket an daou bried mad asamblez pell zo. Gwreg Poupon a oa droug deuz e gwaz, eun den jentil koulskoude, aliez e vije red d'ean chom er maez da gousket. Hen neuze, dre zizesper, a oa 'n em roët d'ar boëson.

    Dirgwener da noz e ieuaz meo d'ae gear, hag ec'h eaz 'n e wele. Neuze, e wreg dinatur, an diaoul 'n he c'horf, a lakeaz eur chodourennad dour da virvi war an tan ha pa oa tom mad, e skotaz he gwaz en e wele. Ar paour kez den a oa laket en eur stad truezus. E vreur deus Kerren, pa glevaz, a zeuaz disadorn da gerc'hel anezan, hag a c'halvaz eur medisin.

   Siwaz, mervel a reaz dilun.

Ar wreg, koulskoude, na golle ket he fenn. Derc'hel a reaz da nac'h dirag barnerien Kastellin ha dirag jandarmed Keraez, deut dimerc'her da gistioni anei.

    Mez an testou a zo ferm da laret penoz, araok mervel, Guillom Poupon an noa tamallet e vreg da veza stlapet dour bervet varnan. E vreur hag ar maër en e raport a lavar memez mod. Hi a respont d'ê e oa kouezet he gwaz pa oa meo ebarz ar chodourennad dour tom a oa var an oaled hag e oa 'n em boac'het e-hunan.

   Diriaou vintin, an Doktor Marchais, deuz Keraez, a zo bet o tispenn korf Poupon. Lavaret neuz e oa maro divar e  c'houliou e beultrin, e gof,  a oa poac'het evel pa vijent bet en tan-ru.

   Gwreg Poupon a zo bet aretet ha digaset da Geraez etre daou archer. Dirgwener eo bet kaset da brizon Kastellin. E-barz an affer-ze evel ebarz ar re all a zo 'n em gavet er c'hanton, jandarmed Keraez a verit gourc'hemennou evid ar boan hag ar trubuill o deuz kemeret noz de.

Crime sur crime à Spézet

   Un mari ébouillanté par sa femme.

Lundi matin, Guillaume Poupon, cultivateur à Trevily, est mort chez son frère à Kerren. La rumeur qui court prétend qu'il ne s'agit pas d'une mort naturelle. Le docteur Le Coquil, de Châteauneuf, appelé à son tour, refusa de signer le permis d'inhumer le défunt. Le corps de Poupon n'était que brûlures. La rumeur accusa aussitôt son épouse d'avoir fait le coup.

  Ce qui accrédite cette hypothèse est que les deux époux, depuis fort longtemps, ne s'entendaient plus. Madame Poupon faisiat preuve de méchanceté à l'égard de son mari, un homme pourtant gentil, le faisant souvent dormir dehors. Alors, lui, par désespoir, s'était mis à boire.

Vendredi soir, il rentra soûl et se coucha. Alors, son épouse dénaturée, le diable au corps, mit à chauffer sur le feu une chaudonnée d'eau et quand elle fut bien chaude, elle en aspergea son mari alité. Le pauvre homme faisait pitié. Son frère, de Kerren, quand il eut vent de l'incident, vint le chercher le samedi et appela un médecin.

   Hélas ! Il succomba le lundi.Sa femme, cependant,ne perdait pas la tête. Elle s'entêta à nier devant les juges châteaulinois et les gendarmes carhaisiens, venus le mercredi l'interroger. Mais fermes furent les témoignages selon lesquels Guillaume Poupon, avant de mourir, avait accusé sa femme de l'avoir inondé d'eau bouillante. Son frère et le maire, dans sont rapport, dirent la même chose. Elle rétorqua que son mari, ivre, était tombé dans le chaudron d'eau chaude qui était sur le feu dans l'âtre et qu'il s'était brûlé lui-même. Jeudi matin, le docteur Marchais, de Carhaix, examina en détail le corps de Poupon. Il établit que ce dernier était mort des ses plaies à la poitrine et au ventre, qu'il était brûlé comme s'il avait subi le supplice du feu.

   La femme Poupon a été arrêtée et conduite à Carhaix entre deux gendarmes. Vendredi, elle entra à la prison de Châteaulin. Dans cette affaire, comme dans toutes celles qui ont remué le canton, les gendarmes de Carhaix méritent des félicitations pour la peine et les ennuis encourus nuit et jour.

 

Ar Bobl, 30 mars 1912 Traduction: Jean Yves MICHEL, avril 2018

 


Saint-Nicolas-du-Pelem, 1908

 

Torfed eur wreg

 Eur plac'h demeet Marie Philip, greg Hamonou, boureller, he deuz lac'het he gwaz gant eun taol kontel en e gof.

     Ar vreg hag an oac'h en em chikane aliez hag aliez en em vevent. Dirgwener greg Hamonou a oa mevez; kemer a reaz kig ha bara, ha hi da zibri gant e bizied. He gwaz a laraz d'ei implija eur fourchetez. Kement-ma a zisplijaz d'ar vaouez, pehini a dapas eur gontel kigin hag a blantaz anei en kof he gwaz:" Sell, emei, sell aze eur fourchetez !".

   Hamonou a c'hourveaz raktal var e vele. Kalz  a rea gwad ha bouellou, hag a-benn ma oa erru ar medisin, e oa marvet. Ar torfetourez a zo bet aretet ha kaset da brizon Pors Anken  en Gwengamp. Pemp bugel bihan he devoa; ar plac'h kri-ma na ouelaz ket a-grenn en eur guitaat anezo.

Le crime d'une épouse

 Marie Philip, mariée au bourrelier Hamonou, a tué son époux d"un coup de couteau dans le ventre.

  La femme et le mari se chamaillaient très souvent  pendant leur vie commune. Vendredi, madame Hamonou était ivre; elle prit de la viande et du pain et les mangea avec les doigts. Son mari lui dit  de se servir d'une fourchette. Cela déplut à la matrone, qui prit un couteau de cuisine et le planta dans le ventre de son mari en disant "Regarde, regarde, çà, c'est une fourchette  !".

    Hamonou s'allongea aussitôt sur son lit. Ses entrailles répandaient beaucoup de sang et, à peine le médecin était-il arrivé qu'il expira. Arrêtée, la criminelle fut transférée à la prison "Place du chagrin" à Guingamp. La criminelle avait cinq petits enfants. Cette femme cruelle ne versa pas une larme en les abandonnant.

Ar Bobl, 24 octobre 1908 Traduction: Jean Yves MICHEL, avril 2018

 


Rostrenen

 

Rostrenn  - Darvoud marvel

Fransou Kere, 42 bloaz, pehini a oa meo, a fellaz d'ezan pignat ebarz train Rostren daoust da aliou e gamaraded. Koueza a reaz war e benn war al linen hent-houarn. Adsavet raktal, hema a varvaz eune neubeud goude.

Rostrenen - Accident mortel

François Quéré, 42 ans, qui était ivre, voulut monter dans le train de Rostrenen, en dépit des conseil de ses camarades. Il tomba la tête la première sur la ligne de chemin de fer. Relevé aussitôt, il mourut peu après.

 Ar Bobl, n° 181, 13 juin 1908
Traduction: Jean Yves Michel, septembre 2012

 

Mûr-de-Bretagne

 

Mur -  Bugel lac'het gant gwin ardant

 Herri ar Briz, paotr saout bihan, deuz Kerhalek, e-pad e oa an tud o kozeal en penn an nec'h an ti, a ieaz d'ar penn d'an traon hag a lonkaz eun hanter litrad odivi a oa  eno. Mond a reaz neuze er porz hag a koueaz eno maro-mik

Mûr - Un enfant tué par l'eau-de-vie

Henri Le Bris, jeune gardien de vaches, de Kerhalek, pendant que les adultes de la maison conversaient dans le haut bout de celle-ci, pénétra dans le bas bout et but un demi-litre d'alcool de pommes qui se trouvait là. Il sortit alors de la maison mais tomba mort dans la cour.

 Ar Bobl, n° 119, 5 janvier 1907
 Traduction: Jean Yves Michel, octobre 2013

 

 

Carnoët...

 

Karnoët - Ar gwin-ardant milliget

An deiou diveza eun neubeud paotred deuz ar vilajen a oa labourat er park var kont X., merour. Gante oa eur voutailad loko, rag, evel ma larent, an amzer a oa ien, ha hennez a zo tom ! Pa oa hanter-evet ar voutaill, a tiek a lavaraz d'e vab chouec'h vla, an oa eno o c'hoari, mond da gas ar peurrest d'ar ger. Mond a reaz ar mab bihan. Pa oa erru en ti, e lavaraz d'e vam: "Mam, 'ro kig din ! - Pera, ma mab ? - Me zo meo ".

  Hag en gwirione, meo oa ar bugel, rag evet en doa tout ar gwin ardant a oa er voutaill. Laket e oa e paour kez bihan en e wele, hag an tro noz e varvaz. Imposubl eo konta glac'har an tad hag ar vam dirag maro ken trist eur mab karet.

 Mez ive, piou a zo en faot, pe ar bugel, pe ar re a lonke lako dirag-an ?

Carnoët - l'eau-de-vie maudite..

Ces jours derniers quelques hommes du village travaillaient dans un champ pour le compte de X., métayer. Ils avaient un bouteille de "fort" car, comme ils l'affirment, il faisait froid et l'alcool réchauffe. Lorsque la bouteille fut à moitié vide, le cultivateur demanda à son fils de 6 ans, qui jouait là, de l'apporter à la maison. Le jeune enfant y alla. Quand il arriva à la maison, il dit a sa mère: "Maman, donne-moi de la viande - Pourquoi donc ? - Je suis ivre".

Et l'enfant était véritablement saoûl d'avoir bu  le reste entier d'eau-de-vie. On l'alita, mais à la nuit il mourut. Impossible de donner la mesure du chagrin éprouvé par le père et la mère frappé par le décès de leur fils aimé.

Mais aussi, à qui la faute, à l'enfant ou à ceux qui se mettent à boire devant lui ?

Ar Bobl, n° 173, 18 avril 1908 Traduction: Jean Yves Michel, juin 2014

 

Plounévez-Quintin

 

Plonevez-Kintin - Ar gwin-ardant flerius

 Eur maro ouspenn, dleet d'ar gwin-ardant louz ha maro eur plac'h zo gwasoc'h.

  Pélagie X.... a zo bet kavet an de all, he c'horf en eur foz dour gant Mattilin Lorinquer, gwiader, pehini oa da vond da Sant-Nikolas. Pelagie a oa roulerez.

Plounévez-Quintin - L'infecte eau-de-vie

Une mort de plus, dûe à cette saleté d'eau-de-vie et la mort d'une femme est pire.

L'autre jour, le corps de Pélagie X... a été trouvé dans un fossé plein d'eau  par Mathurin Lorinquer, tailleur, qui se rendait à Saint-Nicolas-du-Pélem. Pélagie était tombée dans la débauche.

Ar Bobl, n°260, 18 décembre 1909 Traduction: Jean Yves Michel, juin 2014

 

 

Scrignac.

 

Huelgoat - Eun den friket gant an train

Diriaou da noz, an train a dremen en gar Huelgoat da 10 heur noz, erru eun tam en tu-all d'ar stasion, en deuz frikat eun den deuz Skrignak, e hano Rolland ar C'hoz, intaon, 45 bloaz. Kavet eo bet e gorf antronoz vintin friket ha distummet holl. Rolland ar C'hoz a dlee beza meo, rag na greder kete vefe eat d'en eun daol dindan an train

Huelgoat - Un individu écrasé par un train

Jeudi soir, le train qui passe en gare d'Huelgoat à 22 heures, a, à peine sorti de la station, écrasé un individu de Scrignac, nommé Rolland Le Coz, veuf, âgé de 45 ans. Son corps, écrasé et entièrement déchiqueté, a été retrouvé au petit matin. Rolland Le Coz devait être saoûl, sinon il ne serait pas allé tout à coup se jeter sous le train.

 Ar Bobl, n° 115, 8 décembre 1906
 Traduction: Jean Yves Michel, juin 2014

 

 

 

Plonévez-du-Faou: misère et "boisson" font trop souvent bon ménage


Plonevez-ar-Faou - Paourkeaz den

Dimerc'her ha diriaou e oa eun eured braz en Kerhoaden, Plonevez, eured Yves Seven ha Marianna an Hours, intanvez Pelloté. Eur paour keaz klasker boued, oajet a dri-ugent vlâ, a oa deut ive da glask e dam friko, vel ma ve ar c'hiz en Breiz Izel, hag evel just pa gavaz d'eva, e reaz eur c'hovad. Ar paour-ma a zonje d'eon e oa deut da veza prinz evid eur pennadik.

Diriaou d'abardaë e ieaz, hag hen mêo mat, tresek Loqueffret. Mez koueza reaz e foz an hent-braz, hag eno ec'h bet kavet maro. Interet eo bet disadorn. Den na oar piou a oa na doch a belec'h oa deut.

Plonévez-du-Faou - Pauvre femme

Mercredi et jeudi, à Kerhoaden en Plonévez, c'étaient les noces de Yves Seven et Marianna L'Hours, veuve Pelloté. Une pauvre mendiante, de 60 ans, s'en vint demander un peu de ragoût, comme c'est la coutume en Basse Bretagne et, bien sûr, quand l'occasion se présenta, elle s'emplit de boisson. La pauvresse pensa pendant un petit moment qu'elle était devenue une princesse.

Jeudi après-midi, elle s'en alla, bien saoûle, vers Loqueffret. Mais elle chuta dans le fossé de la grand- route et elle y fut trouvée morte. Elle a été enterrée samedi. Personne ne connaît son identité ni d'où elle venait.

Ar Bobl, n° 7, 5 novembre 1904  Traduction: Jean Yves Michel, juin 2014

 

Langonnet

 

Maro eva lagoutt

Eun den hanvet Ar C'hozik, o chom tal kichen abbati Langonnet a oa aboue maro e vreg hag eun doc'h e vugale, troet e spered. Na laboure kin, hag eva forz a reê. Dimeurz, da 6 heur doc'h ar mintin, heon a iaz en eus hostaliri tost eno da brena eur voutaillad hani-krenv, ha doc'htu e ieaz da lonka anaon en eur park. Da eiz heur, e teuaz var e giz en hostaleri da c'houlenn eur voutaillad all c'hoaz, en eur laret: "Gast, n'on ket maro c'hoaz !"Mez a-boan m'en doa kozeet, e koueaz hed e gein var al leurzi, an eon gwen doc'h e c'hinou. An hostiz a zougas anaon d'ar ger, mez eno e varvaz kazi doc'htu e kreiz poaniou estranch"

Mort d'avoir bu la "goutte'

 Un individu nommé Le Cozic, habitant tout près de l'abbaye de Langonnet, avait, depuis la mort de son épouse et de l'un de ses enfants, perdu la tête. Il ne travaillait plus et buvait énormément. Mardi à 6 heures, il s'en vint dans une auberge proche pour y acheter une bouteille de "fort" et aussitôt, il s'en alla en boire le contenu dans un champ. A 8 heures, il était de retour - dans quel état - et réclamait encore une autre bouteille en disant :"Putain ! Je ne suis pas encore mort !". Mais à peine avait-il prononcé ce paroles qu'il tombait sur le dos sur le sol de terre battue, une bave blanche aux lèvres. L'aubergiste le transporta a son domicile mais il y mourut aussitôt au milieu d'étranges douleurs"

Ar Bobl, 26 mai 1905 Traduction: Jean Yves MICHEL, mars 2018


 

 

 b) L'inattention:

Lanvénégen, 1905

 

Lannvinijen - Eur plac'hik losket beo

Mari-Anna Ar C'hor, greg Barber, a zo terhel tavarn e Touldren etal Lannvinijen. En de all, vel ma oe kalz a dud en ti, hi a reaz hi merc'hik oajet a 5 miz d'he merc'h all oajet a 5 plâ. Honez azeaz var an oaled. Dre valeur eun den meo a harpaz diouthi hag a ziskaraz ar c'hrouadurig a bemp miz en tan. Daouasta ma oa bet bet tennet er mez doc'htu, losket oa kement, ma de maro eun heur divazetoc'h e kreiz er soufrans vrasan

Lanvénégen - Une fillette brûlée vive

Marie-Anne Le Corre, épouse Barbier, tient une taverne à Touldren près de Lanvénégen. L'autre jour, comme l'estaminet était rempli de monde, elle confia son bébé de 5 mois à son autre fille de cinq ans. Celle-ci s'assit dans l'âtre. Par malheur, un homme ivre s'appuya contre elle et précipita la petite créature de cinq mois dans le feu. Bien qu'elle en retirée aussitôt, elle était si brûlée qu'elle mourut une heure plus tard dans les plus grandes souffrances

Ar Bobl, 6 juin 1905 Traduction: Jean Yves MICHEL, avril 2017


Plusquellec, 1909:

 

Pluskellek - Bugel dantet

Mab an Ozaïk, deuz ar Guellek, oajet a 10 vla, a zo bet dantet gant eul lon-kezek a nevez-zo, hag an despet d'ar soagn, eo marvet divar ar gouli-ze.

Plusquellec - Enfant mordu

   Le fils de Lozahic, du Guellec, âgé de 10 ans, a été récemment mordu par un cheval  et, en dépit des soins prodigués, il est décédé de cette blessure.

Ar Bobl, n° 235, 26 juin 1909 Traduction: Jean Yves Michel, octobre 2013

 


Scrignac

 

Skrignak - Mouget gant eur c'has

N'eus ket pell, Anna-Mari Marrec, greg Mignon, pemp pla varnugent, deuz Kersauz, Skrignak, he doa laket e merc'hik eiz miz en e c'havel. An de warlec'h ar gwaz a zavaz hag a welaz ar c'has kousket war bruc'hed e verc'h, ha homa eno hep bue. Maro oa ar plac'hik vihan, mouget gant ar c'haz

Scrignac - Etouffé par un chat

Il y a peu, Anne-Marie Marrec, épouse Mignon, 25 ans, de Kersauz en Scrignac, avait mis sa petite fille de 8 mois dans son berceau. Le lendemain, le mari vit le chat endormi sur la poitrine de sa fille sans vie. La petite fille avait été étouffée par le chat.

Ar Bobl, n° 33, 6 mai 1905 Traduction: Jean Yves Michel, juin 2014

 

Le Moustoir...


Ar Vouster - Beuzet

Eur mab 18 miz da Bier Nicolas, labourer-douar en Kerleon en Vouster, a oa koueet dre walchanz en punz ar vilajenn. Eur plac'h iaouank, deut da vit dour eur pennadig goudeze, a welaz korvik maro ar bugel. Gelven a reaz sikour, hag ar bugel a oa chechet 'meaz ar punz, mez kaër oa ober, imposubl e oa bet addigas anean d'ar vue

Le Moustoir - Noyade

Un fils, âgé de 18 mois,  de Pierre Nicolas, cultivateur à Kerléon au Moustoir tomba, par malchance, dans le puits du hameau. Une jeune fille, venue peu après puiser de l'eau, aperçut le corps sans vie de l'enfant. Elle réclama du secours et l'enfant fut sorti du puits, mais on eut beau faire, il fut impossible de le ramener à la vie.

 Ar Bobl, n° 48, 19 août 1905
 Traduction: Jean Yves Michel, juin 2014

 

Kergloff:   le décès tragique d'un nourrisson,  1904


Kergloff – Eur bugel debret gant eur porc’hell.

 Cornec hag e vreg a oa deut da varc’had Keraez disadorn. An nor a oa lezet digor, hag eur pemoc’h a entreaz en ti, a ziskaraz ar c’havel a-lech ma oa eur bugelik seiz miz, hag a zebra e zorn deou. Ar bugel paour a varvaz an de varlec’h.
   

Kergloff – Un enfant dévoré par un pourceau

  Samedi, Cornec et son épouse s’étaient rendus au marché de Carhaix. La porte était restée ouverte, et un cochon entra dans la maison, renversa le berceau où se trouvait un bébé de sept mois et lui dévora la main droite. L’infortuné enfant mourut le lendemain.
Ar Bobl, n° 10, 26 novembre 1904 Traduction: Jean Yves Michel, mai 2014

 

Trébrivan - Une fillette brûlée au troisième degré...

 

Trabrian - Devet gant an tan

Skrivet rer d'emp:

Eur plac'h vihan deuz Ladien, Trabrian, eur verc'h da Ber Bellegou, oajet a 4 blâ, a zo bet devet dimerc'her 1 a viz meurz. He mam e oa klask an aluzen, he zad a zevejate en ti an Den- An tan a zo bet kroget en he dillad, dre ma oa re dost d'an oaled

Trébrivan - Brûlée vive

On nous écrit:

Une petite fille de Ladien en Trébrivan, une fille de Pierre Bellegou, âgée de 4 ans, a été victime du feu mercredi 1er mars.  Sa mère cherchait l'aumône, son père travaillait en journée chez L'Homme. Le feu a pris dans ses vêtements parce qu'elle se tenait trop près du foyer

Ar Bobl, n° 24, 4 mars 1905 Traduction: Jean Yves Michel, juin 2014

 

 

c) La gourmandise, à Scrignac: la mort par étouffement le premier de l'an 1906



Skrignak – Mouget gant eur grampouenn.

 Jan-Mari ar C’hous, o chom e Kermark, a zo bet mouget da ze kenta ‘r bla en eur zibri eur grampouenn. Fransou-Mari Ar Jeun, kiger, a dapaz krog ennan hag a eseaz dibrenna e zillad d’ean ha kas anean meaz an ti, mez Ar C’hous a varvaz eur pennadik goude.
Scrignac - Etouffé par une crêpe

Jean-Marie Le Cousse, habitant Kermarc, a été étouffé  le premier de l’an en mangeant une crêpe. François-Marie Le Jeune, boucher, le saisit et tenta de défaire ses vêtements puis le sortit de la maison, mais Le Cousse mourut peu après.
Ar Bobl, n° 68, 6 janvier 1906 Traduction: Jean Yves Michel, mai 2014



d) Coups mortels

 

Plévin: un meurtre non élucidé...

 

Plevin - Torfed Kerlouet

Ar Bobl, disadorn a gelaoue e oa bet eur gann etre Tremeur An Deuff hag eun toullad tud all, hag a oa gwall bleset an Deuff. Allaz, ne oa eno nemed eun hanter euz ar wirione, rag an Deuff a varvaz.

D'ar sul 25 a viz ebrel, Tremeur An Deuff, labourer-douar en Kerlouet, tost da vourk Plevin, a oa deut da Geraez. Al lun vintin, eur fakteur a gavaz anezan astennet en foz ar hent-braz. Ar paour kez den a oa bronnduet holl hag eun vrec'h d'ean torret. Galvet e oa an Doktor Marchais, pehini a redaz da Gerlouet. An Deuff ne oa ket maro tre mez kollet e oa e anaoudegez gantan ha n'hallaz lavar gir. D'ar iaou da greizte e varvaz.

  Ar polis ha barnerien Gwengamp a ziskennaz var ar plas dirgwener. An Deufff a zo bet skoet gant sovajerez: e gorf e oa nemed gouliou. Ar varnerien a gasaz an ankêt en dro da c'houzout asamblez gant piou a oa bet Tremeur An Deuff. Darn a lavar eo bet ataket deuz noz. Beteg-henn, kalz zo bet interojet, mez arestasion a-bed c'hoaz. An Deuff,  a bretanter, a oa mevier hag emganner. Intanf e oa, var o lec'h e chom tri bugelik.

 

Plévin -Le crime de Kerlouet.

Samedi, le Peuple a eu vent d'une bagarre entre Trémeur Le Deuff et une troupe d'individus, et de la blessure survenue à Le Deuff. Hélas, ce n'était là qu'une moitié de la vérité: Le Deuff mourut.

Le dimanche 25 avril, Trémeur Le Deuff, cultivateur à Kerlouet, près du bourg de Plévin, se rendit à Carhaix. Lundi matin,un facteur le trouva allongé dans le fossé de la grand route. Le pauvre homme était tuméfié et avait un bras cassé.  On appela le docteur Marchais qui  se dépêcha d'accourir à Kerlouet. Le Deuff n'était pas mort mais n'avait plus sa connaissance et n'avait pu dire un mot. Le jeudi vers midi, il trépassa.

La police et le juge d'instruction de Guingamp vinrent sur place vendredi. Le Deuf avait été frappé avec sauvagerie; son corps n'était que plaies. Le juge lança une enquête afin d'identifier ceux qu'avait rencontrés Le Deuff. Certains disent qu'il fut attaqué la nuit. Jusqu'à maintenant, beaucoup ont été interrogés, mais, pour encore, aucune arrestation n'a été effectuée. On prétend que Le Deuf était un ivrogne et un bagarreur. Il était veuf et laisse après lui trois jeunes enfants.

Ar Bobl, n° 228, 8 mai 1909 Traduction: Jean Yves Michel, mai 2014


 

 

Plouguernével....


Plouguernevel - Kann marvel

Dilun diveza, daou botr-mat anaveet reiz en Plouguernevel evid bout chikanerien, potred an Even, emgannerien "pur sang", a oa tommet d'ê, ha c'hoant o devoa da gomandi tout ar bourk. Int a gomansaz dre hostaleri tal ar gar, ha goude e kendel-c'hont dre re-all, en eur grozel an dud, en eur skei var an noriou, kontel en dorn.

An dud, spontet dirakê, hag evid harz anê d'ober eur maleur, a zeuaz d'esat dousaat d'ê; prestik e oa en dro d'ê hanter-kant bennag. François Even a oar deut a-benn anean da genta; mez ar iaouanka, Leon Even, mevel en Kerbrezoz, Ploneve-Kintin, a stourme hag a oa sklapet var e benn kichen mur ar vered. Eur gouli a reaz en e ividik hag a roaz ar maro d'ean var an tol.

 Darn a lavar e koueaz var e benn var e gontel digor. Var dro 6 heur deuz an inder a oa neuze. Jandarmed Rostrenn a erruaz kreiz an noz hag a gistionnaz François Even [...] Daoust ha n'em gaout a rei an enklask da c'hout piou zo kaoz deus maro Even ? N'eo ket assur. An teodou a zo minellet en bourk Plouguernevel, hag e laret gwir, an holl dud asamblez, evid en eme difenn, eo a zo reponsabl deuz an tol maleüruz a zo erruet.

François Even a zo bet leusket en liberte. Leon Even a zo bet interet dimerc'her da 4 heur

Plouguernevel - Bagarre mortelle

Lundi dernier, deux costauds bien connus à Plouguernevel pour être des chicaniers, les Even, ayant la bagarre dans le sang, s'échauffèrent au point de vouloir tout régenter dans le bourg. Ils commencèrent par l'auberge proche de la gare puis passèrent en revue toutes les autres, en grondant les gens et, couteau en main, frappèrent les portes.

 Les gens, apeurés, afin d'éviter un malheur, essayèrent de les amadouer: ils furent bientôt une cinquantaine. François Even, le premier, vint à résipiscence; mais le plus jeune, Léon Even, domestique de ferme à Kerbrezoz en Plounévez-Quintin, se battit et fut jeté à terre, tête en avant, près du mur du cimetière. Une blessure à la tempe le fit immédiatement passer de vie à trépas. Certains prétendent que sa tête est tombée sur son couteau ouvert. Cela se passait vers 6 heures de l'après midi. Les gendarmes de Rostrenen arrivèrent au milieu de la nuit et questionnèrent Francois Even [...] Malgré tout, y aura-t-il une enquête pour identifier le responsable de la mort de Even ? Ce n'est pas sûr. Les langues sont muettes au bourg de Plouguernével, et, pour dire vrai, tous les participants, pour les défendre, sont responsables du coup malheureux. François Even a été laissé en liberté. Leon Even a été enterré mercredi à 16 heures

 Ar Bobl, n° 132, 6 avril 1907
 Traduction: Jean Yves Michel, juin 2014

 

Plouguernevel - Maro Leon Even

E-pad an ankêt a zo bet gret e-pad tri devez goude maro Leon Even, eur plac'h hostaleri deuz an ti Kenver gant pehini e oa bet ar gann e devoa lavaret d'ar barner e doa gwelet Prosper Bourse ha Léon Even krog ouz krog. An doktor Corson, deuz e du, a lavare penoz Even ne oa ket maro dre ar gouil a oa en e ivedik, mez e oa var e gouk merk daouarn hag o doa mouget anêan. Lez-varn Gwengamp e deuz neuze gret eur mandat digas eneb d'ar Bourse pehini zo bet serret en prizon Gwengamp. An dud a zalc'h da lavaret koulskoude penoz Leon Even a zo bet penn-kaoz e-hunan deuz e varo.

Plouguernével - la mort de Léon Even

Au cours de l'enquête de trois jours qui a suivi la mort de Léon Even, une servante de l'auberge Guenver proche du lieu de la bagarre, a dit au juge avoir vu aux prises Prosper Bourse et Léon Even. Le docteur Corson, de son côté, affirme que Even n'est pas mort de sa blessure à la tempe mais que  son cou portait la marque de mains qui l'ont étranglé. Le juge d'instruction de Guingamp a lancé un mandat d'amener contre Bourse qui a été jeté en prison à Guingamp. Cependant, les gens ici continuent d'affirmer que Léon Even lui-même est la principale cause de son décès

 Ar Bobl, n° 133, 13 avril 1907
 Traduction: Jean Yves MICHEL, juin 2014

 

Spézet, 1912

 

Eur gavaden estranch en punz Restangoff

 Sonj ho peuz c'hoaz deuz ar c'horf bihan maro kavet en Punz Restangoff ?

   Ar vrud en parroz Speyet a lavare skler piou he doa gret an taol. Memez tra, ne finve ket ar justis.

   An Aotrou Nedelec, konsailler munisipal, an euz graet eur gavaden er punz hag a zo kapabl da lakat ar justis var roudou an vam dinatur. An Nedelec an euz skrivet da Varner Kastellin ha sinet e lizer. Gant eur c'hrog, Nedelec an euz dichechet maez ar punz eun davanjer hag eur sac'h lian. Aez awalc'h eo goût eo bet laket an danve-ze da bakat korflik paour ar bugel neve dennet  maez deuz ar punz-ze.

     Mez da biou e oa an davanjer ? Goulennet digant gwreg Failler, ganet Com, ha hi laro d'ac'h. Hi zo kemenerez deuz e micher, hi deuz gret an davanjer. An traou-ze a zo bet diskuillet d'ar prokuror.

    Gant eun tam bolonte-vad, n'eo ket diez brema klask ar wirione.

Une étrange découverte dans le puits de Restangoff

N'avez-vous pas encore pensé au petit cadavre trouvé dans le puits de Restangoff ?

    La rumeur communale, à Spézet, affirme clairement le nom du criminel. Tout de même, la justice ne s'active pas. M. Nédélec, conseiller municipal, auteur de la découverte faite dans le puits, est capable de lancer la justice sur les traces de la mère dénaturée. Nédélec  a écrit et signé une lettre adressée au juge d'instruction de Châteaulin. Muni d'un croc, Nédélec a retiré du puits un tablier et un sac de toile. Il est assez facile de comprendre que le petit cadavre du pauvre nouveau-né sorti de ce puits était enveloppé  dans ce tissu.

   Mais à qui appartenait le tablier ? Demandez à Madame Failler, née Com, elle vous le dira. C'est elle la couturière qui a fabriqué ce tablier. Tout ceci a été révélé au procureur de la République.

    Avec un peu de bonne volonté, il n'est pas difficile désormais de mettre au jour la vérité.

Ar Bobl, 30 mars 1912 Traduction: Jean Yves MICHEL, avril 2018

 

Spézet: affaire du puits, suite

 

An torfejour war ar maëz

 Ar c'heariou braz a deuz muioc'h a vuntrerien evid ar maeziou; mez war ar maëz, a gant a grimou a chom heb beza diskuillet ha kastizet. Pa ve 'n em gavet eur gwall daol var ar maëz, an teodou, elec'h sikour ar justis da ziluia ar wirione, a bak er baner hag a ro peoc'h.

    En eur barroz a goste Kerne a zo bet a nevez zo eur skuer euz a gemend-ze. Eur bugelik bihan maro a zo bet kavet en eur punz, e benn distaget divar e gorf; er memez punz e o eun davanjer hag eur sac'h.

    An holl a lavar en kuz ano ar vamm dinatur, mez pa zeu ar jandarmed hag ar justis, den na n'euz gwelet na klevet. Mud eo an holl.

    Hervez doare an torfetourez a zo uhel e stad, fortun a c'hall kaout; petra ober d'ei ? Ar pennou huella ha santella euz ar barrez a ra o posubl evid mouga an affer. Skriva zoken a reont d'ar journaliou da c'houlen peoc'h.

    Petra vank war ar maëz evid dizolei ar wirione ? Poliserien hag a ouezfe brezonek. Beza a zo en Roazon eur vrigaden mobil hag a gas ajanted ken duma-duhont pa vo bet eun torfed estranch; mez a vrigaden mobil a dleche komprenn na glevo netra he c'hannaded en Breiz Izel mar na ouezont ket ar vrezonek.

   Ra vezo savet eta eur vrigaden polis mobil evid Breiz-Izel, gant poliserien hag a oueza komz brezonek mad.

              GUILLERM

Le criminel de campagne

   Les grandes villes recèlent bien plus de meurtriers que les campagnes. Mais dans celles-ci, de très nombreux crimes ne sont pas élucidés et châtiés. Quand est perpétré un mauvais coup à la campagne, les langues, au lieu d'aider la justice à faire la lumière, cachent la vérité au fond du panier et font silence.

     Une commune cornouaillaise a donné à nouveau un exemple de ce genre. On a trouvé dans un puits un nouveau-né mort, la tête séparée du corps, ainsi qu'un tablier et un sac.

   Tous, de manière anonyme, nomment la mère dénaturée, mais lors de la venue des gendarmes et des juges, personne n'a vu ni entendu quoi que ce soit. Tous sont muets. Apparemment, la criminelle occupe une position sociale élevée, elle peut être fortunée. Que peut-on lui faire ? Les notables et les bonnes âmes de la commune font leur possible pour étouffer l'affaire. Ils écrivent même aux journaux pour réclamer le silence.

  Que manque-t-il dans les campagnes pour établir la vérité ? Des policiers qui sachent le breton. Rennes possède une brigade mobile qui envoie des enquêteurs partout où sera commis un crime étrange. Mais les chefs de cette brigade doivent admettre que leurs émissaires ne comprendront rien en Basse Bretagne s'ils ne savent pas le breton.

   Que soit donc organisée cette brigade policière mobile en Basse-Bretagne et qu'elle soit formée d'agents qui parlent bien le breton.

GUILLERM

Ar Bobl, 6 avril 1912 Traduction: Jean Yves MICHEL, avril 2018

 

 

L'assassinat d'un "jaune " a remué la France entière, si l'on en croit Ar Bobl...

 

Sekretour sendikat barnet d'ar maro

 En kear Rouen, ar breujou o deuz kondaonet eur micherour hanvet Durand d'ar boan a varo. Setu ama penoz.

  Eur micherour all hanvet Dongé a felle d'ezan derc'hel da labourat var e vicher a c'hlaouer, petra bennag ma oa diskleriet ar grèv gant ar sendikat. Gouzout a rer brema ar sendikajou o deuz kemend droet zo, zoken da herzel da labourat an ouvrierien a c'hoanta derc'hel var o micher.

  Ac'hanta, pe glevaz ar sendikat e talc'he Dongé da labourat, e oa great eur votadenn, hag ar sekretour Durand a lavaraz ar giriou-ma:

- Red eo rei eur fread d'an Dongé.

Awalc'h a oa evid entana pennou al loened gwez a oa eno o silaou. Kenta gwech en em gavaz Dongé gant an ouvrierien Mathieu, Boyer, Couillandre, Lefrançois ha Barzin, ar re-ma a zornaz anezan kemend ma oa lac'het mik gantê.

  An jury a glev pemzek test ha triugent. An torfetourien a lavar e oant meo. Ar prokuror a laka a bec'h braz var sekretour, pehini, emezan, a zo kiriek dre wal-brezeg deuz ar pez a zo digouezet.

 Ha sethu ama ar varnidigez: Bauzin ha Boyer, akuitet; Mathieu ha Couillandre, 15 vloaz galeou; Lefrançois, 8 vloaz galeou; Durand, dibennet. Ar varnidigez-ma he deuz souezet meur a hini, rag ne ve ket gwelet aliez rei ar maro d'an hini n'en deus ket great an taol e-hunan.

   Jaurès hag ar sosialisted a zo fuloret. Lavaret a reont eo kement-se eur varnidigez disleal, ar vourc'hizien oc'h esa kabestri ha dic'houga ar sendikajou mez n'o deuz ket eur gir a c'hlac'har var maro a paour "louarn" Dongé pehini a lez eur wreg ha tri bugel.

   Euz o zu, bourc'hizien evel Aotrone Paul Bourget ha Levasseur euz an Institut, a lavar eo red difenn ar "société" deuz ar gwall bennou a c'hoanta distruj anezi.

    Ar jureed o deuz sinet eur goulenn evid kaout gras Durand.

Un secrétaire syndical condamné à mort

 A Rouen, les assises ont condamné un ouvrier nommé Durand à la peine de mort. Voici comment..

   Un autre ouvrier nommé Dongé voulait continuer à travailler de son métier de charbonnier, alors que le syndicat avait déclenché la grève.Vous savez que maintenant les syndicats ont tous les droits, même celui d'empêcher de travailler les ouvriers qui veulent continuer à exercer leur métier.

   Donc, quand les syndicalistes entendirent que Dongé continuait de travailler, ils organisèrent un vote et le secrétaire Durand laissa tomber ces mots:

- Il faut donner du fil à retordre à Dongé

Cela suffit à enflammer les cervelles d'oiseaux qui l'écoutaient là. La première fois que les ouvriers Mathieu, Boyer, Couillandre, Lefrançois et Bauzin mirent la main sur Dongé, ils le frappèrent jusqu'à le tuer raide.

   Le jury entendit 75 témoins. Les assassins arguèrent qu'ils étaient ivres. Le procureur attribua la culpabilité principale au secrétaire qui, dit-il, était responsable en raison du méchant discours dont tout avait découlé.

 Et voici le jugement: Bauzin et Boyer, acquittés; Mathieu et Couillandre, 15 ans de bagne; Lefrançois, 8 ans de bagne; Durand, décapitation. Ce jugement en étonna plus d'un, car on ne voit pas souvent condamner à mort un individu qui n'a pas donné lui-même un seul coup.

  Jaurès et les socialistes sont furieux. Ils affirment que ce jugement est déloyal, que les bourgeois essaient d'enchaîner et de décapiter les syndicats, mais ils n'ont pas un mot de pitié pour le pauvre "jaune" Dongé qui laisse sa vie,  une épouse et trois enfants.

   De leur côté, des bourgeois comme Messieurs Paul Bourget et Levasseur, de l'Institut, affirment que la société  doit se défendre des mauvais cerveaux qui veulent la détruire.

Les jurés ont signé un recours en grâce en faveur de Durand.

Ar Bobl, 3 décembre 1910
 Traduction: Jean Yves MICHEL, avril 2018








Dernière modification le 29/04/2018

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