Ar Bobl (1904 - 1914)

Le journal de Taldir Jaffrennou: "le Peuple"

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09/08/2017

Page complétée le 3 mars 2016

 

 

La querelle du presbytère oppose le nouveau propriétaire: la commune, aux occupants: les prêtres

Les expulsions manu militari du clergé

Huelgoat

  « Expulsion des prêtres du presbytère d’Huelgoat décidée par le Conseil municipal » 

Ar Bobl, n° 141, 8 juin 1907

 

Huelgoat – «  Expulsion des prêtres du presbytère, exécutée le 22 juin 1907 

      Une bonne partie de la population était présente à l’opération, le crocheteur a enfoncé le battant d’une fenêtre. Le peu de mobilier qui restait fut jeté  à la rue pendant qu’on poussait dehors le curé et son vicaire. La foule des paroissiens fit une belle ovation aux deux vénérables ecclésiastiques et les suivit dans l’église. Il n’y aura donc plus à Huelgoat ni messes ni offices religieux » 

Ar Bobl, n° 144, 29 juin 1907 

 

M. Robinaud, curé-doyen d'Huelgoat, écrit à l’Evêque :

   « Depuis ce matin, mon vicaire et moi sommes hors du presbytère. Hier et avant-hier, l’huissier avait effectué de nombreuses démarches pour trouver les deux témoins dont il avait besoin pour notre expulsion. Le maire l’a aidé autant qu’il l’a pu. Pourtant, ils ont essuyé des refus ; les gens dont ils se croyaient les plus sûrs, ont déclaré ne vouloir en aucune façon prendre part à une aussi vilaine besogne.

      Hier soir enfin, deux carriers, deux malheureux sans foi ni loi, ont accepté de rendre ce service déshonorant. Un forgeron, créature du maire, a été prié d’ouvrir ou d’enfoncer la porte : il ne l’a pas voulu ; un ouvrier qui se trouve depuis huit jours à Huelgoat, s’est chargé de ce rôle..

      Je refuse toujours de sortir. Il faut réquisitionner la gendarmerie. La brigade arrive au complet vers 7 heures. Sur l’ordre du brigadier, un gendarme saisit par le bras mon vicaire et le met dehors, puis c’est mon tour. Une centaine de personnes assistaient à l’expulsion ; elles ont plusieurs fois conspué les témoins et le crocheteur ; plusieurs pleuraient.

      Je me suis rendu tout de suite à l’église où j’ai fait prier pour tous ceux qui ont contribué à mon expulsion. J’ai dit la messe. Quelques ouvriers hostiles au prêtre étaient groupés près du presbytère. Mais pas un n’a proféré une parole contre nous. Ils paraissaient plutôt peinés de ce qui se passait » .

   Lettre du curé-doyen Robinaud  (1857- 1908) à  Mgr Duparc, in Semaine religieuse de Quimper et du Léon, 22 juin 1907, archives de l’Evêché de Quimper

 

Huelgoat: les faits relatés par un journal ultra-catholique, le Courrier du Finistère, 29 juin 1907

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     Carhaix:

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« De notre excellent confrère, le « Réveil breton «  de Lorient :

         Il y a 5 ans                                                  Aujourd’hui

Le maire à la mairie                                            Le maire au presbytère

L’instituteur à l’école                                         L’instituteur partout

Le curé au presbytère                                         Le curé à la belle étoile »

Ar Bobl, n° 153, 31 août 1907



Carhaix - « Les cambrioleurs légaux -

         Expulsion des trois prêtres (MM. Berthou, Morizur, Morvan) de Carhaix le 16 octobre 1907, par 50 gendarmes et un commissaire venu de Quimper; les cloches sonnent le tocsin; une cinquantaine de personnes s’opposaient de l’intérieur à l’entrée de la force publique; à l’extérieur, la foule chantait des cantiques et criait « Vive les prêtres ! », « Vive Dieu ! », « Vive la liberté ! ». Le journalier Tranchard, marié, père de famille, illettré, 35 sous par jour, arrêté 48 heures et condamné à 16 F d'amende.

Ar Bobl, n° 160,  19 octobre 1907

Voici le texte complet de la relation de l'expulsion  (ar Bobl, n° 160, 19 octobre 191

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« A Plounévézel et Poullaouen, les prêtres expulsés des presbytères ne trouvent pas à se loger dans la commune »

Ar Bobl, n° 156,  21 septembre 1907


     Le Recteur de Plounévézel obtient de la nouvelle municipalité de louer le presbytère du 24 avril 1908 au 31 décembre  1916 pour une somme annuelle de 20 Francs-or (environ 600 euros). Le Recteur Com acquiert le bâtiment avec ses dépendances pour 2390 F en 1918  (Archives départementales du Finistère, Aliénation des presbytères par les communes, 1909-1919, 2 V 110) 

 Le conseil municipal à majorité de gauche de Plounévézel est complètement renouvelé lors des élections municipales de mars 1908: le nouveau maire (Yves Mével) est un républicain catholique, favorable au retour des prêtres dans le presbytère.  

 

Les prêtres reviennent au bercail.....

Huelgoat – « Retour des prêtres »

Ar Bobl, n° 163, 9 novembre 1907

 

La Feuillée: les prêtres reviennent

« Les habitants consultés par référendum sur la question de la résidence du clergé dans la paroisse et du rétablissement du service paroissial se sont prononcés..

  oui: 323 chefs de famille

  non:    9

  abstentions ou absents: 45

Nouveau recteur: M. Le Séac’h »

Ar Bobl, n°N° 167,  7 décembre 1907


Racheter ou louer le presbytère ?

Poullaouen – « Attribution des presbytères

    Le presbytère du bourg est adjugé au curé aux enchères publiques à 150 F par an, le second à Saint-Tudec à M. Sibiril, négociant, pour 50 F par an »

Ar Bobl, n° 172, 11 avril 1908

 La Feuillée – « Par sept voix contre six, le Conseil municipal a refusé de vendre le presbytère au clergé, qui s’était porté acquéreur »

Ar Bobl, n° 226, 24 avril 1909

    Finalement, en se faisant tirer l'oreille, le conseil municipal de la Feuillée  accepte de vendre le presbytère au recteur Le Séac’h le 2 janvier 1911 pour 3151 francs-or (environ  9 000 euros actuels) (Archives départementales du Finistère, Aliénation des presbytères par les communes, 1909-1919, 2 V 110)

 

"Dans bien des communes, les prêtres déclarent ne vouloir payer aucun loyer quel qu'il soit"

Rapport du  Sous-Préfet de Châteaulin au Préfet du Finistère, 30 avril 1907, ADF 1 M 135

 

"Treffrin - Le presbytère

 "Le conseil municipal qui occupait la mairie avant les élections de 1908, avait pris une délibération mettant le presbyyère communal et la jardin à la disposition du clergé, à titre gratuit. La Préfecture avait rejeté cette délibération.

 Le conseil actuel, présidé par M. Manac'h, le nouveau maire, s'est réuni dernièrement et a fixé le prix de location à 20 F l'an, plus les réparations.

  M. Tatton, recteur, a déclaré ne pouvoir accepter ces conditions"

Ar Bobl, n° 209, 26 décembre 1908

Scrignac: « Conflit entre le clergé et la municipalité radicale menée par Le Foll

   Les trois prêtres ont refusé d’accepter l’augmentation de 200 à 300 Francs du loyer du presbytère et surtout la charge financière des gros travaux y afférant... L’évêque, le 21 octobre 1910, a ordonné le retrait des prêtres de la paroisse »  

Ar Bobl, n° 305,    29 octobre 1910

   « Scrignac – A la suite de nombreuses vexations de la part de la municipalité, Mgr l’Evêque s’est vu contraint de prendre une grave mesure : le retrait du clergé paroissial.

  Dimanche dernier, M. le Curé-Doyen d’Huelgoat s’est rendu à Scrignac et a promulgué du haut de la chaire l’ordonnance épiscopale :

    « Nous, Adolphe-Yves-Marie Duparc, Evêque de Quimper et Léon,

    Considérant que la résidence du clergé paroissial de Scrignac a été rendue impossible dans cette localité par le fait du conseil municipal

   Avons ordonné ce qui suit :

Article premier – M. Norgant, Recteur, MM. Moreau et Le Moign, vicaires, quittent immédiatement la paroisse.

Article 2 – Un prêtre résidera au presbytère de Berrien et sera chargé de faire le catéchisme aux enfants, d’administrer les malades et de procéder aux enterrements, sans aucune solennité.

Article 3 – Pour les baptêmes et mariages, les habitants de Scrignac devront s’adresser aux paroisses voisines tant que durera la crise actuelle.

Article 4 – Toutes les sonneries religieuses sont interdites, même pour l’Angélus et pour les enterrements.

Article 5 – Nous ne rétablirons le clergé paroissial à Scrignac que lorsque un logement convenable lui sera assuré .

                                       Quimper, le 27 octobre 1910

                                             Adolphe, Evêque de Quimper et de Léon

Après la messe, la lampe du sanctuaire a été éteinte et les portes de l’église fermées. La population, visiblement émue, assistait à ce douloureux spectacle. « Puissent les prêtres revenir au plus tôt ! », criait-on…"

Semaine religieuse de Quimper et de Léon, 14 novembre 1910


Scrignac: « Mise en interdit de la paroisse

     Aucune sonnerie, pas même l’Angélus... Les commerçants du bourg sont devenus subitement les amis des prêtres, ils ont peur que leur bourse n’ait à souffrir de la suppression des offices du dimanche.. Le maire déclara qu’il n’ira jamais demander à l’évêque le retour des prêtres, plutôt démissionnerait-il... »  

Ar Bobl, n° 306,     5 novembre 1910

 

Scrignac – La délégation chez Mgr Duparc

      « Deux anticléricaux, M. Huet, marchand de vins et adjoint au maire, Boscher, également marchand de vins, ancien conseiller d’arrondissement, ont été à Quimper vendredi dernier. Les pèlerins ont été reçus courtoisement par l’Evêque. Ils lui ont exposé qu’ils avaient mandat du maire de proposer la location du presbytère à l’ancien tarif. On abandonnait également la condition qui mettait les réparations au compte du desservant. Alors les deux braves montagnards sont revenus au bourg de Scrignac. Là, une foule enthousiaste les attendait. Ils ont dû raconter dans les menus détails le récit de leur excursion dans la plaine jusqu’aux tribus éloignées que l’on dit vêtues de bleu »

Ar Bobl, n° 307, 12 novembre 1910

 

Scrignac – Justice de paix d’Huelgoat

    « Lozach, tailleur d’habits, pour s’en être pris à Huet le 30 octobre 1910 à l’occasion du départ des prêtres, est condamné à 15 F d’amende pour tapage injurieux »

Ar Bobl, n° 308, 19 novembre 1910

   Lozach est un "calotin"

Scrignac : retour des prêtres dans la paroisse ; le culte catholique est rétabli

Ar Bobl, n° 325, 18 mars 1911

 







Dernière modification le 03/03/2016

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