Ar Bobl (1904 - 1914)

Le journal de Taldir Jaffrennou: "le Peuple"

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09/08/2017

                                                                                                        Page complétée en mars 2017

 


Cette page contient des entrefilets concernant les communes du Moustoir, Carnoët, Maël-Pestivien, Carhaix, Poullaouen, Saint-Hernin, Châteauneuf-du-Faou, Plonévez-du-Faou

 

2) De la vie quotidienne

a) Naissances

Le Moustoir, phare breton, se distingue aux yeux de la France entière...

 

Ar Vouster - Tri bugel asamblez -

Eur vreg deuz Kerdavid e deuz ganet tri bugel asamblez. Poënt eo da skriva ze d'an Aotrou Piot, senatour, an hini a lavar hag a skriv bemde na zeu ken a vugale d'ar Fransizien. Gwir eo eur Vretonez eo ar vreg-ma.

Le Moustoir - Des triplés

Une femme de Kerdavid a accouché de triplés. Il est temps de le faire savoir au sénateur Piot qui affirme et écrit chaque jour qu'en France on ne fait pas d'enfants. Il est vrai que cette femme est une Bretonne.

At Bobl, n° 179, 29 mai 1908  

 

 


 

 

 

 

 

 

 


 

Carnoët - Un très jeune père de cinq enfants


Karnoët - Eur soudard iaouank tad da bemp bugel

Kasimir  Kouillek, mab da vaër Karnoët, pehini  zo aët d'ar rujumant da Wengamp, a zo ar c'honskrit euz ar Frans an hini a c'hell lavaret eo tad d'ar muia  a vugale. Dimezet da drivec'h vla da eun intanvez  a zigasaz d'ezan eun bihan, houman en deus bet en tri bla pevar bugel, deuz pere daou euz eur memez kovad.

Kouillek a zo eta en eur zigouezont er c'hazern tad da bevar bugel ha lez-tad d'eun all.
Carnoët - Unjeune soldat père de cinq enfants

 Le fils du maire de Carnoët, Casimir Couillec, qui accomplit son service militaire à Guingamp, est, de tous les conscrits français, celui qui peut se targuer d'être le père du plus grand nombre d'enfants.

Il a épousé à dix-huit ans une veuve déjà mère d'un enfant; celle-ci lui a donné en trois ans quatre enfants dont deux de la même couvée. Couillec, à son arrivée à la caserne, est père de quatre enfants et beau-père d'un cinquième.
Ar Bobl, n° 108, 13 octobre 1906 Traduction: Jean Yves Michel, juin 2014

 

De toute évidence, Taldir se plaît à souligner les exploits familiaux du fils de son pire ennemi politique, le maire "rouge" de sa commune natale. Ce dernier  a donné à son fils un prénom si peu répandu en Basse-Bretagne qu'il n'évoque rien pour les catholiques. Couillec signifie en français "qui a de gros testicules". En bon héritier d'un anticlérical acharné, Casimir a fêté Pâques avant les Rameaux...

 

Carhaix - Taldir et sa fille

 

Keraez - Genivelez

Mignoned ar barz Taldir a glevo gant plijadur penoz e bried he deuz laket er bed d'ar 6 a viz mae eur verc'h hag a zo roet d'ezhi an hanoiou Rozen-Wenn-Anna

Carhaix. Naissance

Les amis du barde Taldir apprendront avec plaisir que son épouse a mis au monde le 6 mai une fille qui a reçu les prénoms de Rose-Blanche-Anna

Ar Bobl, n° 333, 13 mai 1911 Traduction: Jean Yves Michel, octobre 2012

 

Vêlage ou accouchement simultanés de l'épouse: un dilemme saint-herninois, 1906


Saint-Hernin -  Eun estoni

An de-all, en Kerour, Sant-Hernin, ti Pier an Troadec, eur veuc'h he deuz alet tr luë bihan en eun taol. Maleüruzamant, an tri luë a varvaz dustu dre askont-ma: greg an Troadec he doa bet eun bihan tro ar memez heur ha tud an ti n'o doa bet amzer d'en em okupi deuz al luëou.

 Ar bugel bihan hag ar vam a zo leun a brosperite

Saint-Hernin - Une chose étonnante

L'autre jour au hameau de Kerour à Saint-Hernin, chez Pierre Le Troadec, une vache a mis bas coup sur coup trois veaux. Malheureusement, les trois veaux sont morts immédiatement pour la raison suivante: à peu près au même moment, l'épouse de Troadec accouchait et la maisonnée n'avait pas le temps pour prendre soin des veaux.

    Le bébé et la mère se portent on ne peut mieux.

Ar Bob, n° 101, 25 août 1906  Traduction: Jean Yves Michel, octobre 2014

 


b) Mariages

L'hebdomadaire morlaisien "l'Echo du Finistère" (1905-1912) décrit ici un mariage hors-norme qui prend place à Plouguer (n° 95, 28 septembre 1907)

[PNG] quadruple mariage à Plouguer n° 95 28 09 1907.PNG


Châteauneuf


Kastellnevez-ar-Faou – an eured
  « Eured Jul Ropars, fakteur-gar, mab d’an aotrou Fanch Ropars, maër Bolazec. Evid heuil ar c’hiz koz, tud an eured a zo aet da rentizivit da chapel Itron Varia da Porzou »
« Châteauneuf-du-Faou. Un mariage. Noces de Jules Ropars, facteur à la gare, fils de François Ropars, maire de Bolazec. Pour suivre la coutume, les invités ont rendu visite à la Vierge dans sa chapelle de Notre Dame des Portes »
Ar Bobl, n° 338, 17 juin 1911


Poullaouen

 

 

 

 Les protestants :
Poullaouen – « Diou eured protestant – Dimerc’her 28 ar viz gwengolo, diou eured bugale an Aotrou Ropars, miliner, a zo bet great er chapel Aviel  Konval. An Aotrou Ar C’hoat, pastor anglikan en Tremel, en deuz binniget Marianna Ropars ha Loeiz Ropars. Re vihan oa ar chapel da zerc’hel an holl, pere dre garante, pere dre giriusted, a oa deut da weled. An ofis a zo bet great penn da benn en brezonek »

 « Double mariage protestant – Mercredi 28 septembre, les mariages des deux enfants de M. Ropars,  meunier, ont été célébrés à la chapelle évangélique de Conval. M. Coat, pasteur anglican de Trémel, a béni Marianna et Louis Ropars. La chapelle était trop petite pour accueillir tous ceux  venus par sympathie ou curiosité. L’office a été dit d’un bout à l’autre en breton »
 
  Ar Bobl, n° 301, 1er octobre 1910

 

Voici la description que donne de ce mariage le curé de Poullaouen : « Un repas de six cents personnes fut servi. Plusieurs déclinèrent l’invitation , ne voulant pas honorer de leur présence, même au repas, des apostats. En étendant ses invitations, le protestant Ropars n’avait eu d’autre but que d’organiser une manifestation anti-catholique.  Monseigneur fit publier du haut de la chaire le dimanche précédent et dans toutes les paroisses voisines, qu’il n’était pas permis à un catholique d’assister, même en curieux, à une cérémonie protestante et qu’il y aurait faute grave à enfreindre cette défense » 
   (Etat moral et religieux de la paroisse de Poullaouen, 1910, archives du presbytère)

 

   Taldir éprouve à l’égard des protestants de Poullaouen une tendresse que lui reprochent bien des catholiques, et, au premier rang, les prêtres qui les regardent comme des schismatiques, des hérétiques et, surtout, des républicains laïques, votant de surcroît très mal (« à gauche ») .

      Mais tous ces « péchés, sont rachetés, aux yeux de Taldir, par la dévotion que ces protestants manifestent pour la langue bretonne.. Il ajoute, qu’en 1913, alors qu’il assiste aux obsèques du pasteur Le Coat : « Je prononçais quelques paroles bretonnes au nom des bardes. Il fut en effet l’un des meilleurs écrivains en notre langue (c far Bibl santel) ». (Notes de Taldir Jaffrennou sur le pasteur Guillaume Le Coat, 1943, archives départementales du Finistère, 44 J 113)

 

Poullaouen encore:

 

Poullaouen - Diou eured vraz

Diou eureud vraz a zo bet great en Restamenach, Poullaouen, dimerc'her. Pierre-Louis Lostanlen a zemee gant Josephine Navennec, deuz Kergloff, ha Job Lostanlen gant Marianna Suignard, deuz bourk Pouallouen.

En Poullaouen, ugent belek a oa en oferen-eureud. Mil a dud a oa er pred. Pemp soner a oa. E-mesk ar re bedet, e oa c'houec'h maër: Bellec, maër Poullaouen, Ropars, maër Plonevell, Guinamant, maër Skrignak, Cotton, maër Kergloff, Ropars, maër St-Hernin hag ar Guern, maër Trabrian. Gazeten ar Bobl a oa pedet deuz an daou tu. Jaffrennou, goude lein, a neuz kanet son an eureud [...]

Poullaouen - Deux grande noces

Deux grandes noces ont pris place à Restamenach en Poullaouen, mercredi.

Pierre-Louis Lostanlen a épousé Joséphine Navennec, de Kergloff et Joseph Lostanlen, Marianna Suignard, du bourg de Poullaouen.

Vingt prêtres ont concélébré la messe de mariage. Mille personnes ont pris part au repas. Cinq sonneurs. Parmi les invités, six maires: Bellec (Poullaouen), Ropars (Plounévézel), Guinamant (Scrignac), Cotton (Kergloff), Ropars (Saint-Hernin) et Le Guern (Trébrivan). Les journalistes d'ar Bobl étaient invités par les mariés et les mariées. Après le repas, Jaffrennou a entonné la "chanson des noces" [...]

 

 Ar Bobl, n° 145, 6 juillet 1907
 Traduction: Jean Yves Michel, octobre 2013

 

 Les mariages, occasions de cohabitation politique: deux maires de droite (Scrignac, Kergloff), deux radicaux modérés (Trébrivan, Saint-Hernin), deux rouges (Poullaouen, Plounévézel) 

 

Cortège de noce sortant de l'église à Berrien:

[PNG] Berrien noce sortant de l' eglise.PNG

  (les deux coiffes du Poher: la belle et ...l'ordinaire)

  Danse de noce à Berrien

[JPG] Berrien noce gratuite


Un grand mariage à Plonévez-du-Faou, 1905

Plonevez-ar-Faou - Eun eured vraz eston

D'an meurz 25 aviz gouere e oa dastumet eur bobl a dud en bourc'h Plonevez evid eured Jan-Louis ar Guern, labourer-douar, gant ar dimezel Mari an Nours, merc'h d'An Nours, bolonjer.

Mil-pemp-kant-pemzek-ha-tri-ugent den azeet o preja a zo bet kontet d'ar meurz; d'ar merc'her, e oa nao-c'hant, d'ar iaou, ar beorien daou c'hant anê: etre tout, ze ra daou-vil-c'houec'h-kant-pemzek-ha-tri-ugent a brederien. Evet a zo bet 19 barikennad jistr, 7 barrikennad gwin, 2 barrikennad gwin-ardent ha debret daou vil daou c'hant hanter c'hant liur vara. Deuz ma gont ar vrud, en Plonevez an eured-ma a zo kostet daou-vil skoed d'ar Gwern ha d'An Nours. Ha c'hoaz e vo lavaret koste Pariz penoz eo peorien an dud divar ar maez en Breiz-Izel

Plonévez-du-Faou - Une grande noce étonnante

Le mardi 25 juillet, une foule de gens était assemblée au bourg de Plonévez à l'occasion du mariage de Jean-Louis Le Guern, cultivateur et la demoiselle Marie L'Hours, fille du boulanger

1575 personnes, assises pour le repas, ont été comptées le mardi. Le mercredi, 900, le jeudi, 200 pauvres. En tout, 2675 personnes burent 19 barriques de cidre, 7 de vin, 2 d'eau-de-vie, et mangèrent 2250 livres de pain. D'après la rumeur qui court à Plonévez; cette noce a coûté à Le Guern et L'Hours 2000 écus (1). Et on dira encore à Paris à quel point sont pauvres les campagnards de Basse-Bretagne.

Ar Bobl, n° 46, 5 août 1905 Traduction: Jean Yves Michel, mai 2014

(1) 6000 Francs-or, soit environ 20 000 euros 2013

 

Maël- Pestivien: le fiancé tourne bride en 1912

 

Maël-Pistien - An oac'h eured ne oa ket deut

Dimerc'her vintin e tlee an aotrou person eureuj eur plac'h iaouank deuz ar barroz gant eur potr iaouank deuz Maël-Keraez, Jules P. e hano.

  Prest e oa an traou, an dud a oa pedet, ar c'hig a oa dispennet hag an daoliou savet, prest da zigemer ar mignoned. Mez dimerc'her vintin eun depech a erruaz gant gerent ar wreg-eured: "Torret an traou. Na eureujet ket - Sinet: Jules". Penoz diskleria tristidigez ar wreg neve. Kouez a reaz fatiket eno. He c'herent evel just a zavaz c'houad droug ennê mez deuz gwall fortun e rechont min vad ha fe 'ta pegwir e oa prest ar friko ne oa ken nemed dibri anean.

  Hag ar pred en devoe lec'h memez tra. Kistion zo gant kerent ar plac'h da c'houll didomajamant digant ho danve-mab-kaër

Maël-Pestivien - Le futur marié n'est pas venu.

Mercredi matin, monsieur le recteur devait marier une jeune fille de la commune avec un jeune homme de Maël-Carhaix, nommé Jules P.. Les préparatifs étaient achevés, les invités avaient été avertis, la viande était découpée et les tables mises, prêtes à accueillir les amis. Mais mercredi matin, les parents de la future mariée reçurent un télégramme: "Projets enterrés - Je ne me marie pas - signé: Jules".

  Comment dépeindre la tristesse de la fiancée. Elle tomba sur place de fatigue. Naturellement, ses parents se mirent intérieurement en colère, mais ils firent contre mauvaise fortune bonne mine et puisque le fricot était prêt, autant le manger.

Et le repas eut lieu quand même. Il est question d'une demande de dédommagement adressée par les parents de la fille à leur ex-gendre

Ar Bobl, n° 372, 10 février 1912 Traduction: Jean Yves Michel, juillet 2014

 

  Quand ce n'est pas le fiancé... Lohuec

 

Lohuek - Avantur en den demeet

Eur gwas hanvet Ar Jeun, ganet en Lohuek, a oa darbarer en Sant-Jagut-ar-Mor, en tu all da Sant-Briek. Ober a reaz anoudegez gant ar dimezel Pilard, deuz bourk Sant-Jagut, ha e temeaz ganthi var dro miz du. Ar dimezel Pilard a brestaz arc'hant ha dillad d'Ar Jeun, mez eun devez hema bartiaz, ha nê ket bet deut var e giz d'eureuji !

Lohuec - Odyssée d'un fiancé

Un jeune homme nommé Le Jeune, né à Lohuec, était serveur à Saint-Jacut-de-la-Mer, de l'autre côté de Saint-Brieuc. Il fit la connaissance de la demoiselle Pilard, du bourg de Saint-Jacut et ils se fiancèrent aux environs de décembre. La demoiselle Pilard prêta argent et vêtements à Le Jeune, mais un jour celui-ci prit la poudre d'escampette: se marier ne faisait pas partie de ses projets !

Ar Bobl, 13 janvier 1906 Traduction: Jean Yves MICHEL, mars 2017






Dernière modification le 10/03/2017

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