Ar Bobl (1904 - 1914)

Le journal de Taldir Jaffrennou: "le Peuple"

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09/08/2017

LE CULTE IRREPRESSIBLE DE LA DIVISION: LES GUERRES PICROCHOLINES...

 

Carhaix – « Séance mouvementée lors de l’élection du bureau du comice agricole:

    « La politique s’en est mêlée. Elle n’avait pourtant rien à y faire... Est-ce que nos vaches, nos boeufs auront bientôt aussi une couleur ? Tout porterait à le croire...Nous avons également assisté au triste spectacle de voir chanter l’hymne prussien (l’Internationale) en pleine mairie, pendant le dépouillement du scrutin »

  Les sortants, Nédellec, le maire Anthoine  sont battus par Ferdinand Lancien, Postollec, Ropars (Saint-Hernin) »

Ar Bobl, n° 10,   26 novembre 1904

   Nédellec est l'un des "363" députés républicains qui, en 1876-1877, ont refusé de s'incliner devant le gouvernement de tendance monarchiste du duc de Broglie. Ces 363 ont renversé ce gouvernement d'"Ordre moral"; la Chambre ayant été aussitôt dissoute par le Président de la République duc de Mac-Mahon, des élections législatives anticipées ont été organisées. En dépit de la pression des préfets en faveur des candidats conservateurs, les républicains emportent la majorité. Anthoine, commerçant en grains, est le maire radical de Carhaix. Lancien est le conseiller général radical du canton de  Carhaix, Ropars est le maire de gauche de Saint-Hernin

L'hymne prussien: le socialisme le plus redoutable, aux yeux des "honnêtes  gens", est le marxisme collectiviste, échafaudé par Marx et Engels, deux Allemands, donc deux Prussiens.

 

 

La Feuillée – Mutuelle bétail

    « Lorsqu’elle a été fondée en février, le secrétaire s’est rendu à la Mairie pour déposer les statuts. Mais M. Cahut, maire, jugeant qu’il avait devant lui des adversaires, refusa. Après une seconde sommation à lui faite par le Président, le maire refusa encore. Un huissier d’Huelgoat dûment requis par les Mutuelles, put enfin forcer les portes.

    Avis : le bureau de la Mutuelle-bétail tient à couper court au bruit répandu par des intéressés qu’elle s’est créée dans un but politico-clérical. Il n’en est rien et ce serait mal connaître les montagnards de l’Arrée que de les croire capables d’aliéner leur liberté »

Ar Bobl, n° 478, 14 février 1914

 

La Feuillée – Lettre du maire à ar Bobl

   « L’ancien maire Salaün : le Salaün d’aujourd’hui n’est plus le Salaün, qui, il y a quelques années, courait après les curés de village en village pour leur interdire de faire leur quête. Il a fait amende honorable : aujourd’hui il va lui-même faire la quête pour acheter des cloches, pendant que sa femme et sa fille quêtent du beurre pour les fritures du presbytère – Cahut »

Ar Bobl, n° 484, 28 mars 1914

     Aux dires du nouveau maire, le radical-socialiste Cahut, qui a battu l'ancien maire, Salaün, ce dernier aurait tourné casaque et chercherait à prendre une revanche en utilisant la Mutuelle-bétail..pour diviser l'électorat de gauche de la commune...

 

Cléden-Poher – Lettre adressée par le Maire de Cléden-Poher à François Jaffrennou, ar Bobl :

    Monsieur, Souffrez que comme petit-neveu de Claude Jégou, vicomte de Kerjean, qui eut son château de Glomel incendié par les Bonnets rouges de Le Balp, je proteste contre votre demande de réhabilitation de celui qui fit brûler le Kergoat, demeure de la famille de Jeanne Guynamant, dame de Trévigny, à laquelle vous vous dites apparenté, et qui tua, incendia, vola, etc…   Salutations distinguées  Comte Jégou du Laz »

Ar Bobl, n° 424, 1er février 1913

     Au sein du camp conservateur, des bisbilles opposent, à propos des Bonnets rouges de 1675, royalistes et régionalistes.

  Les Bonnets rouges, paysans exaspérés par les impôts écrasants infligés par Louis XIV à tous ses sujets, dont le Tiers Etat breton qui se croyait protégé par les clauses de l'Acte d'Union de la Bretagne et de la France (1532), se révoltent fourches et torches à la main et s'en prennent aux représentants locaux du pouvoir royal, aux nobles et à certains membres du clergé.

    Taldir soutient la mémoire des insurgés, rend hommage à leur chef, un notaire dont la réputation professionnelle était loin d'être intacte, tandis que le maire de Cléden-Poher n'oublie pas les exactions dont furent victimes ses ancêtres.

   Cette querelle explique la faiblesse de l'engagement de Taldir, lors des législatives du printemps suivant, en faveur du candidat conservateur choisi par le Comte du Laz.

 

 " Tolérez-vous, ne vous dénigrez pas !

 Si, dans le domaine de la mentalité, on peut dire que la Bretagne est divisée en deux grandes regions, la Rouge et la Blanche, gouvernées pars des esprits étrangers à notre Race, on peut dire aussi que ces régions se subdivisent en principautés minuscules où veulent régner, dès qu'ils jouissent de la moindre autorité, des tyranneaux. Nulle part, les polémiques religieuses et politiques n'atteignent la même virulence. Jamais de trêve - Erwan Jil"

Ar Bobl, n° 183, 27 juin 1908






Dernière modification le 01/04/2013

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