Ar Bobl (1904 - 1914)

Le journal de Taldir Jaffrennou: "le Peuple"

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09/08/2017

                                                                  Page complétée en janvier  2015

 


2) Soubresauts politiques...

 

a) Campagnes électorales

b) Adversaires de tous acabits

c) Résultats de votes

d) Frictions

 

 

 

   Outre les thèmes retenus ci-dessus, on fera une place à part ci-après à l'"Affaire" qui, si elle n'a pas fait couler beaucoup de salive au fond du bocage breton, a suscité d'âpres discussions d'estaminets et de trottoirs et fait couler quelques litres d'encre d'imprimerie dans les petites villes comme Carhaix, Pontivy, Châteaulin, Morlaix...

 

 

Ar Lez-Varn a Dorridigez he deuz, ar sizun all, goude labouriou hir, roet eur varnedigez da lavaret "e oa tamallet en faoz ar c'habiten Alfred Dreyfus da veza gwerzet sekrejou Franz d'ar Pruss, hag e vije adkemeret en arme gant ar grad a chef eskadron".

 Ar varnedigez-ze he deuz bet dre an holl eun diston braz. Petra, en den-ze hag e oa bet kustum bete vrema da zellet evel eun treitour divadez a oa en gwirione gwen ha gwerc'h deuz an holl grimou a oa bet kavet en e eneb ?

Diou wech kondaonet gant e vreueur euz an arme, en 1894 hag en 1899, Dreyfus a oa didamall, hag an traou a oa bet kavet da zerenn d'ezan a oa ivansionnou penn-da-benn ?

   Ia, evelse he deuz barnet al Lez Varn a Dorridigez, goude eur brezegen greta gant ar prokuror Baudoin, a du gant Dreyfus.

 Ma, bete proven ar c'hontrol, ni a gredo ive en justis al Lez-Varn Vraz. Heuillet hon euz ar prosez hag ar revizion, ha pegen tenval, bennag ma seblant an affer-ze beza, eo skleraet dre ar varn: Dreyfus a zo goelc'het goude daouzek vloaz pukator skrijus, barnet eo bet ken gwen hag erc'h.

    Posubl eo a ve, ni n'ouzomp ket. Gweled zo bet traou ken spontus o c'hoarvezout er c'honsaillou ar vrezel ! Gant kalz a re-all a zo digouezet evel gant Dreyfus, mez evel Dreyfus n'o doa ket mignoned uhel ha pinvidik !

   Ar pez zo zur, eo a zo dleet eun digoll da Dreyfus, mar oa kondaonet en faoz ha persekuted en faoz. Kaillaret eo bet e hano, bet eo tri bloaz en eur toul-strap du var roc'h an Diaoul, e daou droad rinvet ouz daou voulon, hag eur soudard en e gichen, gant eur fuzul karget.

  Ia, dleet zo eun digoll d'an den-ze, mez dleet zo ive, ni lavar, eur bunission d'ar jeneral Mercier, da varnerien ha da destou kenta ar prosez-ze, mar dint en en em glevet da zamma gaou var gaou evid nom-paz anzao e oant en en faziet !

  Hag ar moral deuz kement-ma eo ma 'zê poent diskar ar c'honsaillou a vrezel, evel m'hon euz bet lavaret c'hoaz aliez.

 

  Mez ma zo ebarz an affer-ma eun tu a justis, da lavaret eo anzae eo didamali Dreyfus, e zo ive ebarz eur c'hoste all ha n'omp ket evid chom heb komz anezan.

 Ia, red eo klask an traou just dre bed doare, ha n'euz forz piou a vezo ar viktim, hen a renk beza difennet, mez ni a c'houlenn brema, petra a ia an Arme honest, an Arme dilabe, da zond e-kreiz ar gorventen-ma ? Krim he mestrou braz a ia da goueza varnhi en he fez, hag ar bobl en eme voazo da zellet ouz an holl chefou evel bourrevien ha tud disleal, ar pez n'eo ket gwir, rag beza zo en o zouez tud hag a zo eon a galon.

  Ouspenn, pere o deuz kendelc'het da c'houlenn ma vije didamallet Dreyfus ? Ar Judevien, ar franmasoned hag ar Sosialisted. Sethu eno pere a drionf ebarz an affer-ma. Breuriez ar Franmasoned eo brema, en Franz, ar C'honsaill braz hag a zo galloudusoc'h eved peb Konsaill all. Ma vec'h mad gantan, mar peuz mignoned ennan , barrek oc'h, ne vefoc'h ket dilezet. Mar doc'h eneb, gwaz deoc'h.

  Diskaret eta ar c'honsaillou a vrezel hag al lec'hiou all e-lec'h ma ren an Dislealded kriz, mez d'o heul, eul lezen nevez great a Justis hag a Urzidigez, a dlefe ive huali ar Franmasonerez, ammen an holl faveuriou en hon amzer, penn-kaoz da gemend a waskerez var dud hag a oa ive ken didamall, mar ne oant muioc'h, eged ar c'habiten Alfred Dreyfus.

 E bez da bephini

Herve HIR

 

La Cour de Cassation a rendu, l'autre semaine, à l'issue d'un long travail, un jugement disant que "le capitaine Alfred Dreyfus fut accusé à tort d'avoir vendu des secrets militaires français à la Prusse et qu'il serait réintégré dans l'armée avec le grade chef d'escadron".

 Ce jugement a, aux yeux de tous, détonné grandement. Comment un homme que l'on avait coutume jusqu'à maintenant de considérer comme un traitre véritable, est-il "blanc comme neige" et innocent des tous les crimes qui lui avaient été imputés ?

  Deux fois condamné par ses frères d'armes en 1894 et en 1899, Dreyfus est lavé de toute accusation et les faits qui avaient rapportés contre lui étaient des inventions d'un bout à l'autre ?

   Oui, ainsi en a décidé la Cour de Cassation, à l'issue d'un réquisitoire prononcé par le procureur Baudoin, qui soutient Dreyfus.

 Eh bien, jusqu'à la preuve du contraire, nous avons cru aussi en la justice rendue par le Tribunal le plus éminent. Nous avons suivi le procès et la revision, et bien que cette affaire semble assez mystérieuse, elle a été éclairée par le jugement: Dreyfus est disculpé après 12 ans de purgatoire tragique, il est reconnu aussi blanc que neige.

    C'est possible. On a vu des choses plus épouvantables se produire au sein des conseils de guerre. C'est arrivé à beaucoup d'autres comme Dreyfus, mais ils n'avaient pas comme Dreyfus des amis haut placés et riches !

Ce qui est certain, c'est qu'une indemnité de réparation est dûe à Dreyfus, puisqu'il a été condamné à tort et persécuté à tort. Son nom a été maculé, il a passé trois ans enchaîné, dans un cachot, sur l'îlot du Diable, surveillé de près par un gardien portant un fusil chargé.

   Oui, un dédommagement est dû à cet homme, mais on doit aussi, nous l'affirmons, punir le général Mercier, les juges et les témoins du premier procès, parce qu'ils se sont entendus pour lancer mensonge après mensonge pour ne pas avouer qu'ils s'étaient trompés !

Et la morale de tout cela est qu'il est temps d'abolir les conseils de guerre, comme on me l'a souvent dit.

Mais s'il y a dans cette affaire un aspect judiciaire, qui lave Dreyfus de toute accusation, il y a aussi un aspect que nous ne pouvons celer.

 Oui, il faut trouver la vérité, en confrontant plusieurs points de vue, et quelle que soit la victime elle doit être défendue, mais nous demandons désormais quel est le sort de l'Armée moralement honnête, qui ne prête pas à la médisance, au milieu de ce tourbillon ? Les forfaitures de ses chefs suprêmes  retombent sur elle et la population s'habituera à ne voir dans les officiers généraux que des bourreaux et des gens déloyaux, ce qui est faux, car parmi eux se trouvent des individus droits.

  De plus, quels sont ceux qui se associés pour obtenir la reconnaissance de l'innocence de Dreyfus ? Les Juifs, les francs-maçons et les socialistes. Voilà, de cette Affaire,  les triomphateurs. Les frères trois-points sont aujourd'hui en France l'association maîtresse, la plus puissante de toutes. Si tu es bien vu, si tu y as des amis, tu es paré, tu ne seras pas abandonné. Si tu leur es hostile, sois fort !

  Les conseils de guerre ont été abolis ainsi que les autres  endroits où régnait une cruelle déloyauté, mais, devrait suivre une nouvelle loi qui assurerait la justice et l'ordre, qui  devrait aussi empêcher les françs-maçons d'être à la source de toutes les faveurs aujourd'hui, ce qui est la cause principale de l'oppression subie par des gens aussi irréprochables, si ce n'est davantage, que le capitaine Alfred Dreyfus.

Chacun  trouvera dans cet article ce qu'il y  cherchait .

  Ar Bobl, n° 98, 21 juillet 1906
Traduction: Jean Yves Michel, janvier 2015

 

 

 

 








Dernière modification le 31/01/2015

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