Ar Bobl (1904 - 1914)

Le journal de Taldir Jaffrennou: "le Peuple"

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09/08/2017

                                                                                                              Page complétée le 12 août 2014

4) Ignorance et routine

 

Un ballon au-dessus de Kergloff !!!!

 

Kergloff - Dao d'ean !

Ar ballon a zo douaret kichen Brest a oa tremenet  uz da barrez Kergloff dilun vintin. En eur vilajen hanvet Ker..., an dud, spontet holl, a ziredaz da weled ar burzud. Eur c'houër, hardioc'h evid ar re-all, a dapaz eur pez men evid sklapa gant an aërouant. Eun all a ieaz da gerc'hat e fuzul chase. Mez eur plac'h koz fur a zigoueaz:"Diwallet da doulla ar ballon gant ho men, mar zo tud ebarz e kouefont var an douar !". Ar potr-mat a leuskaz e ven.

Kergloff - Sus !!!

Le ballon qui a atterri près de Brest est passé au-dessus de Kergloff lundi matin. Dans un hameau nommé Ker..., les gens, épouvantés s'enfuyaient pour ne pas voir cet événement renversant. Un paysan, plus hardi que les autres, se saisit d'un grosse pierre avec l'intention de la lancer sur l'aérostat. Un autre s'en alla chercher son fusil de chasse. Mais une vieille dame pleine de sagesse arriva: "Ne trouez pas le ballon, car les gens qu'il transporte tomberaient au sol !". Le brave homme lâcha sa pierre.

Ar Bobl, n° 203, 14 novembre 1908 Traduction: Jean Yves Michel, octobre 2012

 

Spézet: "Les peuples heureux ne savent pas lire"

 

Spezet - An dud dizisk

Eur c'hazetenn pempdeiek a a skriv penoz var eun ha daou-ugent konskrit a zo ebarz parroz Spezet evid 1909, a zo ugent ha na ouzont na lenn na skriva.

Trist meurbed eo kement-se. Da betra zo savet skoliou en bourk Speyet, hag er parroziou all tro var dro ma na gas ket ar gerent o bugale d'ar skol ? Brasa-gaou a ra ar re-ma deuz o bugale ! Kredi a reont renti servich d'ê o-hunan en eur zelc'hen o faotred er gear, da vesa ar saout ha da labourat. A mevelien a zo ker, emezo. Ia, mez na ped gwech gwelleoc'h eo paëa ker eur mevel evid kaout bugale dizisk en eur mare ha n'haller ober netra, na bea netra ma n'ouzer ket lenn na skriva ?

Ouspenn, eul lezenn zo hag a oblij rei diskadurez. Perag na ve ket heuliet en Speyet, eur barroz a 3700 a dud ?

Spézet - Les analphabètes

Un journal rapportait il y a cinq jours qu'à Spézet, pour l'année 1909, sur 41 conscrits, 20 ne savaient ni lire ni écrire.

Cette situation est désespérément triste. Pourquoi avoir bâti des écoles au bourg de Spézet et dans les communes des alentours si les parents ne scolarisent pas leurs enfants ? Ils font grand tort à leur progéniture. Ils sont persuadés de se rendre service en retenant leurs enfants à la maison afin qu'ils gardent les vaches et travaillent. Les domestiques coûtent cher, disent-ils. Oui, mais ne serait-il pas préférable de bien payer un commis que de laisser ses enfants sans instruction, condamnés à ne savoir rien faire, à n'être pas grand chose puisqu'ils sont analphabètes ?

En outre, une loi a rendu l'instruction obligatoire. Pourquoi n'est-elle pas appliquée à Spézet, une commune de 3700 habitants ?

Ar Bobl, n° 213, 23 janvier 1909 Traduction: Jean Yves Michel, novembre 2012

 

Jaffrennou s'inquiète des mauvaises habitudes campagnardes:

 

Ev'd iec'hed ab dudigou - Evid o eürusted

Paizanted, ma mignoned

Bet bepred sousiuz da zerc'hel mad al lezennou ar iac'husted (hygiène) hag e hirrefet ho puez, hag ec'h espernfet kalz a glenvejou hag a kreskfet an aezamant en dro d'eoc'h.

Na lezet ket a deil dirag dor ho ti evel ma rea hon tud-koz: da heul a boutou-koat, a zeu fank en ti, ha da heul ar fank, amprevaned louz. Dirag an nor, streved eur vriad gouzil pe lann sec'h pe glaz, ha a servijo da dorchennou.

  Gret ho posubl evit lakaat leur ho ti ken uhel pe uhelloc'h evid ar porz evid na redo ket ebarz an dour-hanve nag ar glao.

 Gret pe goulennet ma vo gret eur speuren goat en ho ti, evit kaout eur sal gempenn da zigemer ho mignoned.

 Dre ma c'hellfet ober, dilezet ar gweleou kloz, ha ramplaset anê dre weleou houarn gant sommierou, pelle iac'hunsoc'h.

  Dre dammigou, dilezet ar c'hiz da zibri holl asamblez ioud deuz ar memez chodouron. Ma nevo pephini e lod war eur plad. N'eo ket iac'h an oll ha loa an eil en euz digaset aliez klenved d'egile.

   Na zebret ket ho poued a nez beza goelc'het ho taouarn gant saon.

Fank an den klanv gant terzien pe klenvejou stagus na dle ket beza sklapet war an teil ebarz ar porz, mez plantet en douar.

Ar pella ma vo ar bern teil deuz ar punz ha deuz ar lojeiz eo ar gwella. Nompas lezel an douar-hawe da reded a bep tu: ober eun toull don d'ean dond ebarz.

 Gwell eo plega d'an amezek evid mond en prosez gantan. Ar prosezou a ro koll zoken d'an hini a c'hone

 

Pour la bonne santé des petites gens - Pour votre bonheur

Paysans, mes amis

Soyez soucieux de conserver les préceptes de l'hygiène et vous allongerez votre vie en vous épargnant beaucoup de maladies et vous accroîtrez le confort des vôtres.

 Ne laissez pas de fumier devant la porte de la maison comme y étaient accoutumés vos ancêtres. La boue accompagne les sabots dans la maison et avec la boue entre la vermine. Devant le seuil, étendez une brassée de litière ou de bruyère verte ou sèche et servez-vous du paillasson.

Faites votre possible pour que le sol de la maison soit très haut, voire plus élevé que le seuil, afin que ni les eaux croupissantes ni la pluie ne puissent entrer.

Faites ou demandez que l'on fasse une cloison en bois dans votre maison de manière à disposer d'une salle propre afin d'y accueillir vos amis.

 Si vous le pouvez, abandonnez les lits-clos et remplacez-les par des lits en fer garnis de sommiers, beaucoup plus hygiéniques.

Peu à peu, abandonnez l'habitude de manger la bouillie tous ensemble au même chaudron. Chacun devra avoir sa part dans sa propre assiette. Le fait de se servir tous de la même cuiller transmet les maladies de l'un à l'autre. Ce n'est donc pas sain.

Ne mangez pas votre nourriture avant de vous être décrassé les mains avec du savon.

Les selles des gens malades, fiévreux ou atteints de maladie contagieuse, ne doivent pas être jetées sur le fumier devant le seuil mais enterrées.

  Le tas de fumier doit être le plus éloigné possible du puits et de votre logis. Ne laissez pas les eaux croupissantes aller de ci de là: faites un trou profond afin qu'elles y tombent.

 Il vaut mieux céder aux voisins que de leur faire un procès. Les procès occasionnent souvent des pertes à celui qui, en apparence, a gagné

Ar Bobl, n° 466, 22 novembre 1913 Traduction: Jean Yves Michel, juin 2014


 

 






Dernière modification le 12/08/2014

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