Ar Bobl (1904 - 1914)

Le journal de Taldir Jaffrennou: "le Peuple"

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09/08/2017

 

4) Deux "couches nouvelles":

 a) Les instituteurs :  l'âge d'or des maîtres d'école (1900-1914)

Recrutement:

[PNG] instits 95 - 13

 

  Le graphique ci-dessus illustre l'évolution du nombre d'enseignants laïques des deux sexes originaires du Poher finistérien, entrés en fonction entre 1895 et 1913 dans le Finistère. Les statistiques ont été aimablement fournies par les services de l'Inspection académique du Finistère.

  La proportion de demoiselles se faisant maîtresse d'école s'accroît sans pour autant dépasser celle des maîtres en blouse grise et chemise blanche. Des années de crue contrastent avec des années d'étiage. Outre que le nombre de candidats du Poher aux concours des Ecoles normales fluctue selon les années, leurs qualités intellectuelles ou celles de leurs concurrents issus d'autres régions du Finistère varient aussi....


   La carte ci-dessous permet de découvrir l'inégal recrutement communal de ces enseignants. Les quelques 49600 habitants du Poher finistérien ont fourni entre 1895 et 1913  84 enseignants laïques, soit, en moyenne,  1,7 pour 1000 habitants. Mais 6 communes demeurent  "vierges" alors qu'un bastion (l'Arrée) et un prolongement vers le coeur du Bassin sont de gros fournisseurs, surtout la Feuillée (11 instituteurs, 9 institutrices en 19 ans, 1 par an en moyenne)...

 

[PNG] enseignants 95-13

 

Une couche sociale indûment privilégiée ?

Ar Bobl s’en prend durement à la « clique pédagogique » :

   « Le personnel enseignant a, moins que tout autre, des raisons d’être mécontent de la Société. La Société s’impose pour lui des sacrifices énormes […] Pour eux-mêmes, les enseignants ont l’aisance assurée, l’accès de leurs enfants aux carrières fonctionnaristes facilité »

  Ar Bobl, n° 313, 24 décembre 1910

 

En 1914, les instituteurs publics français sont les plus mal payés d’Europe.

            « Nous souffrons matériellement et moralement. Matériellement, par l’insuffisance de nos traitements. La République française se classe au vingt-troisième rang quant aux traitements consentis par les divers Etats aux instituteurs. De tous les fonctionnaires français qui justifient d’une instruction égale à la sienne, l’instituteur est le plus mal rétribué. Nous souffrons moralement : notre mode de nomination et d’avancement nous place sous la dépendance du Préfet, c’est-à-dire d’un homme politique »

Lettre de K. instituteur, au journal ar Bobl, in n° 402, 7 septembre 1912

 

    De fait, une crise de frecrutement sévit au cours de la Belle Epoque

[PNG] rapport Simyan recrutement des instituteurs Republicain de Pontivy 03 07 1904Capture.PNG 

Extrait d'un morceau d'article paru dans le journal de gauche "le Républicain de Pontivy"du 3 juillet 1904

 

     Taldir Jaffrennou s’en prend à ce qu’il considère comme un travers, l’ « ambition fonctionnariste » : « L’enseignement uniforme qui se donne dans les écoles primaires peut à la rigueur former des jeunes gens munis de connaissances suffisantes pour parvenir à l’idéal de tout bon père de famille français qui est de faire de ses enfants de parfaits fonctionnaires »

Ar Bobl, n° 443, 14 juin 1913

 

On engage le lecteur curieux à parcourir le célèbre « Nous, les maîtres d’école », paru en 1967, de Jacques Ozouf


   Par-dessus tout indépendant, le syndicat des instituteurs refuse d’adhérer à la CGT

 

[PNG] instituteurs St-Hernin Le Bihan 600 png

    Henri Le Bihan, directeur de  l'école de hameau de Bellevue en Saint-Hernin (canton de Carhaix), son épouse et leurs trois enfants. On notera le caractère strict des tenues vestimentaires.

In Georges Thomas, "Dans le passé de Saint-Hernin, essai de monographie communale", 1985

  

[JPG] classe Mael Cx 1902

Ecoliers et hussards noirs de la République (deux hommes, une jeune femme) à Maël-Carhaix en 1902. Ecoliers en boutou coat (sabots), venus de la campagne, écoliers en "boutou ler" (chaussures de cuir) du bourg...

L’instituteur public est, selon les uns, « un prolétaire à col dur », selon les autres un « petit bourgeois ». Depuis 1889, il est fonctionnaire de l’Etat ; il n’est donc plus financièrement dépendant des parents d’élèves. Seul, le conseil municipal peut lui mettre des bâtons dans les roues en refusant d’entretenir les salles de classe (peinture, mobilier, fenêtres  et portes), de fournir du bois de chauffage, d’aménager les appartements des enseignants…

 

 Un rouage essentiel

      L’instituteur est très convaincu de la nécessité de sa mission : le terme instituteur vient du verbe latin instituere qui signifie « redresser », « mettre d’aplomb ».

 

Carhaix – Caisse des écoles – Discours du secrétaire carhaisien, Berny :

      «L’instruction est un capital, un fonds social que les parents créent  à leurs enfants. C’est l’argent le mieux dépensé et le mieux placé. L’instruction élargit les idées et fait comprendre des beautés ignorées sans elle, c’est chez les gens instruits qu’on trouve le plus de sentiments d’indépendance et de dignité et  c’est chez les classes ignorantes qu’on trouve le plus de servilisme et d’asservissement »

Ar Bobl, n° 31, 22 avril 1905

 

[PNG] vertus1902


    Et pourtant, le sort de l’instituteur n’est, apparemment, pas aussi enviable que d’aucuns le disent…

Démêlés avec certains élèves

   « Depuis deux ou trois ans, je suis fatigué du métier de décrotteur de médiocres […] Quelle est l’école actuelle ? Une lutte quotidienne entre le Maître et l’Elève. L’enfant moderne n’a plus de devoirs. Il ne connaît que ses droits. Droits à l’insolence, à l’insoumission, au bavardage en classe . Il est compréhensible que, soucieux de maintenir son autorité et la discipline, l’instituteur se fâche parfois et succombe à la tentation d’administrer une paire de gifles au gamin récalcitrant. Malheur alors à l’instituteur. L’enfant ameutera sa famille qui, à son tour, se plaindra véhémentement à la direction » .

      Lettre d’un « instituteur privé » de Carhaix à ar Bobl, n° 231, 29 mai 1909

 

"UNE ECOLE OU LES ECOLIERS FERAIENT LA LOI, SERAIT UNE TRISTE ECOLE" (Ernest Renan (1823-1892), l'avenir de la science)

 

   Démêlés avec certains parents..

Les instituteurs sont  déjà, et pour longtemps, la cible des parents, comme l’atteste cet exemple encore carhaisien : « Les parents protestent -  De nombreux parents de petites filles, élèves de l’école primaire installée nouvellement dans l’ex-couvent, se plaignent que Mesdames les institutrices fassent cirer et nettoyer les planchers des classes par les enfants » 

Ar Bobl, n° 222, 27 mars 1909.

 

Démêlés avec certains maires..

    En 1907, le directeur de l’école publique de Landeleau prend feu et flamme lorsque lui vient aux oreilles un propos tenu par le maire de Cléden-Poher ; l’enseignant adresse à l’auteur de la phrase litigieuse la mise en demeure suivante :

          

                                                 « Monsieur,

              Est-il vrai que, devant plusieurs personnes dont les enfants sont chez moi en classe, vous ayez tenu les propos suivants : « Tout ar re all zo morc’h evel hennez » (tous les autres sont des cochons comme celui-là) en parlant d’une soi-disant faute commise par l’un de mes adjoints ?

         Dans ce cas, Monsieur, je me permets de vous dire que vous êtes un lâche et vous crache au visage mon plus profond mépris en attendant que j’aie eu le temps de constituer des témoins pour vous demander, an nom de mes collègues, réparation de cette injure et vous administre ensuite une correction que vous n’avez pas volée.

         A vous lire.

         M., directeur d’école à Landeleau » [1].

 

       Le maire incriminé se défend ainsi :

 

                « Mairie de Cléden-Poher.

                                          Monsieur l’Inspecteur d’Académie,

 

              Ma dignité ne me permet pas de répondre à l’auteur de cette lettre ci-jointe à cause des menaces qu’elle contient.

             Mais je dois faire savoir au Directeur de l’enseignement dans le département que je nie formellement avoir dit que tous les membres de l’enseignement sont coupables de commettre les attentats criminels reprochés à l’adjoint du plaignant sur ses élèves et victimes.

           Ceux qui agissent ainsi sont des pourceaux ! Et ni injures ni menaces ne me feront dire le contraire »  [2].

 



[1]   Lettre manuscrite (copie adressée à l’Inspecteur d’Académie), 16 février 1907, archives départementales du Finistère, 1 T 74

[2]   Lettre  manuscrite du Comte du Laz., 18 février 1907, archives départementales du Finistère, 1 T 74

 


 

Démêlés avec certains prêtres..

 

  Dans son Journal, le recteur de Cléden-Poher se réjouit, en 1912, de l’échec des instituteurs publics de sa paroisse en 1912 : « La nouvelle directrice […] pleine de zèle, a fait, tous les ans, la visite des familles, leur promettant monts et merveilles si elles veulent lui confier leurs enfants. Seules les familles X., de la H.G. (qui compte cinq bâtards), C., K., P., commerçant, L.D, ont répondu à son appel. Pendant cinq à six mois, elle a assisté à la messe avec ses enfants. Voyant qu’elle n’avait pas plus de succès près des familles de Cléden, elle a délaissé l’église. Des quatre membres de la famille, aucun ne fréquente l’église. Il en est de même de l’instituteur et de sa femme » 

Et dans son Journal de 1913, le même ecclésiastique note:

      « Ecoles publiques de Cléden .

     L’école des garçons était, jusqu’au mois d’août, tenue par M. Le D., titulaire et par sa dame (adjointe). Tous les deux aimaient la dive bouteille, aussi l’enseignement laissait-il à désirer ! Ils contractaient des dettes un peu partout et ne payaient jamais. En 1911, tout fut mis en vente chez eux. Madame venait assez régulièrement à la messe, mais pas Monsieur. Jamais ils n’approchaient des sacrements.

     Sous leur direction, les enfants étaient polis et bien élevés et quand on voulait les avoir à l’église pour une fête quelconque, ils se faisaient un plaisir de les y conduire. Ils ne demandaient qu’une chose, avoir des relations avec le clergé et les bonnes soeurs et l’école libre. C’est ainsi que les primeurs de leur jardin étaient d’abord pour les Soeurs, puis pour le clergé, ensuite pour l’école libre. Ils détestaient l’institutrice de l’école publique de filles, Mlle B.. Passant pour trop cléricaux au yeux de P., Inspecteur de Châteaulin, ils furent envoyés en disgrâce à Trégunc et remplacés par un anticlérical pur sang [...]... 

      L’école des filles était tenue jusqu’à décembre 1912 par Mlle B. qui, pour faire croire qu’elle avait des pensionnaires, prenait des petites filles de l’Assistance publique. Comme celles-ci n’avaient pas à manger (elles crevaient de faim littéralement), elles désertaient à chaque instant. Sur les plaintes nombreuses qui arrivaient à Quimper, elle fut déplacée et expédiée à B. et remplacée par une excellente personne, Mlle T.. Malgré sa piété vraie, Mlle T. ne put recruter des élèves et reçut son changement peu après… »  

 

      Le recteur de Cléden-Poher se désole en 1913 : « L’instituteur, un anticlérical pur sang, de l’Emancipatrice et originaire de Poullaouen, se garde bien, ainsi que sa femme, de mettre les pieds à l’église. Malheureusement, il prend fait et cause pour les enfants qui délaissent l’assistance au catéchisme » 

Démêlés avec certains intellectuels de chef-lieu de canton, voire de sous-préfecture.

Les débats: 1) L'enseignement primaire doit-il ou non déboucher sur un enseignement secondaire ? 2) L'enseignement primaire doit-il être  culturel ou technique ? 3) Une élève doit-elle porter une coiffe (bretonne) ?

Carhaix – Conseil municipal :

     « S’il y avait une Ecole primaire supérieure à Carhaix, des enfants d’ouvriers pourraient peut-être, eux aussi, devenir ingénieurs » (Anthoine, maire)

     « La campagne manque moins de bras que de sujets intelligents » (de Jaegher)  [1]

Vote : pour la construction d’une EPS : 7 (Anthoine, de Jaegher) ; contre : 7 (Lancien, Marchais)

Ar Bobl, n° 64, 9 décembre 1905



[1] Médecin, protestant, radical-socialiste, Président de la section locale des Droits de l’homme, conseiller municipal, originaire de Morlaix, où ses ancêtres néerlandais vinrent s’installer. Décédé à 41 ans en novembre 1913.


Carhaix - « A défaut d’une école secondaire, faites-nous une école professionnelle. Ce serait plus utile et moins coûteux. Une école professionnelle d’arts et métiers rendrait les plus grands services : à défaut de grec, de latin et de littérature, les enfants du peuple y apprendraient des métiers -  F.J. »

Ar Bobl, n° 165, 23 novembre 1907

 

   Le rédacteur en chef de l'hebdomadaire morlaisien "l'Echo du Finistère", Alfred LAJAT, sympathisant royaliste, régionaliste et catholique convaincu que Taldir connaît fort bien, s'en prend  à une institutrice de Saint-Hernin qui s'oppose à ce que ses élèves portent bonnets et coiffes; elle-même fait la classe "en cheveux" (numéro du 25 janvier 1908).

Un homme d'influence politique

 

L'instituteur est le "hussard noir" de la République, un excellent agent électoral des candidats de gauche

« Les triomphateurs

      Le Réveil du Finistère nous fait ce touchant aveu : « En résumé, le triomphateur, aux élections dernières, c’est le petit, l’humble, le modeste instituteur laïque qui, tout simplement, sans bruit, a donné à la République des électeurs républicains ». Ce qui contribue à remplacer une Calotte par une autre et à dire : « Ote-toi de là que je m’y mette ! » »

Ar Bobl, n° 89, 2 juin 1906


   « Le conseil municipal, sur les plaintes d’un grand nombre de parents ayant leurs enfants à l’école communale de garçons (classe de M. Pille [1] ) verraient avec plaisir le changement ou la nomination de ce maître à un poste hors de Châteauneuf. Les parents estiment que les opinions politiques et religieuses développées par ce maître devant ses jeunes élèves ne rentrent pas dans le cadre des études primaires » [2]



[1]   Cet instituteur se signale lors d’une manifestation anticléricale en criant : « Les curés, on les pendra ».

[2]   Délibérations du conseil municipal de CHATEAUNEUF-DU-FAOU, mars 1906 , archives départementales du Finistère

 

  « Du journal « le Gaulois » :

    « Autrefois, lorsqu’il y avait dans toutes les communes des Frères des écoles chrétiennes, les pères de famille pouvaient choisir. Aujourd’hui, les instituteurs publics sont investis d’un véritable monopole ; ils en abusent, sachant bien qu’on ne peut les remplacer et qu’on n’oserait les supprimer. L’école sans Dieu, rêvée par les radicaux qui nous gouvernent, devient aujourd’hui l’école sans Patrie et croyez bien que ce n’est pas là le terme extrême du « progrès socialiste » ! On ira plus loin…. »

Ar Bobl, n° 151, 17 août 1907

 

   « Lettre d’un instituteur à ar Bobl :

     « Je regrette qu’un antagonisme ancien nous sépare du clergé qui devrait pour suivre le même but que nous, la moralisation l’instruction des masses… Les prêtres ont fort peu fait pour la Bretagne. Les Messieurs du clergé, plus nombreux, plus riches, n’ont d’autre travail que celui d’entretenir les dévotes dans une fausse croyance [..] (Je dénonce) la formidable coterie du clergé qui se croit le monopole de la défense de la langue, des costumes, des mœurs

     L’enfant qui passera entre nos mains saura, au sortir de l’école, rédiger une lettre, faire rapidement ses comptes, déposer en justice. L’instituteur est donc l’homme nécessaire qui  lutte pour le progrès, contre la superstition et la routine […] Tal-Koat»

Ar Bobl, n° 223, 3 avril 1909

 

Réponse de François Jaffrennou :

    « Si, en général, l’instituteur fait une besogne utile, d’une haute portée sociale, que de fois n’abuse-t-il pas de sa situation pour se faire agent électoral, pour devenir le serviteur des régnants du jour, pour détruire toute religion et tout idéal chez l’enfant […] Quant aux prêtres qui défendent la danse, ils sont aujourd’hui très rares, fort heureusement. Il y a danse et danse. Si vous aviez une fille de seize ans, l’autoriseriez-vous par exemple à bostonner ? C’est une danse fort  légère qui donne, paraît-il des idées folichonnes. Le prêtre est dans son rôle de frein  social, mais il ne défend pas que je sache le passepied breton ni le dans tro»

Ar Bobl, n° 223, 3 avril 1909

 

 

[PNG] paysan et bourgeois caricature 01 01 1910 n262.PNG

L'instituteur et le paysan, caricature parue dans ar Bobl, n° 262, 1er janvier 1910

 

                  L'Avenir du Morbihan, 2 août 1905[PNG] Collignon et les instits Avenir du Morbihan 02 08 1905.PNG 


b) Les cheminots

 

 

 

   On observe sur le graphique ci-dessous la croissance d'un "champignon" économique et social, dont Carhaix est le centre géographique. La principale gare, les ateliers d'entretien sont situés dans la capitale du Poher..

[PNG] reseau breton 4

 

          Les embauches l'emportent toujours numériquement sur les départs....Les grandes grèves de 1908 se marquent par le grand nombre de révocations opérées par la Direction, vides comblés aussitôt par des embauches précipitées...Quelques femmes sont employées comme garde-barrières.

     Les cheminots carhaisiens sont appelés les « noirs » . Si quelques employés de haute volée sont issus de l’Ecole centrale et de l'Ecole Polytechnique, si un bon quart des premiers embauchés est constitué de techniciens venus des réseaux du Nivernais ou du Nord, le reste est du cru, l’Arrée finistérienne fournissant un fort contingent, d’ailleurs relativement instruit. Les nouveaux embauchés étaient précédemment journalier agricole, terrassier, charpentier, forgeron, peintre en bâtiment, postier, agent de police  Voici la brève carrière d’un François-Louis Cougard, né à Plouguer le 9 mars 1874 :

                                  « Activité précédente : postier-convoyeur

 Niveau d’instruction : C.E.P.

Serre-frein                                         23 mars 1899           75 F par mois

Homme d’équipe                              1er septembre 1899    75 F par mois

Facteur équipe 2e classe                  16 juin 1900             900 F par an

Rétrogradé serre-frein                     1er décembre 1900

Serre-frein de 3e classe                    1er juillet 1901

Facteur de 4e classe                         1er mai 1902                950 F par an

Facteur chef 4e classe                      16 juin 1904               1050 F par an

Facteur chef 3e classe                      16 avril 1904             1100 F par an

  Punitions :

11 novembre 1900     Réprimande       Avoir fait partir le train 42 avec 5 minutes de retard  sans pouvoir justifier les causes.

1er décembre 1900                Rétrogradé         Déficit dans sa caisse

12 janvier 1901      Amende 0,25 F   N’a pas suffisamment chargé le poêle dans le train 28.

1er septembre 1901     Amende 0,25 F  Avoir oublié de descendre du train un vélo-bagage.

20  juin 1905           Amende  1 F      Au cours d’une manœuvre, a changé la position d’une aiguille ; déraillement d’un wagon.

A quitté le 26 novembre 1909 pour « raison de santé » » 

    Dossier personnel, archives de la CFTA, Carhaix

 

        .  Quel est l’état d’esprit de ces cheminots lorsque la Compagnie met en mouvement des trains supplémentaires de Carhaix à Châteauneuf à l’occasion du pardon de Notre-Dame des Portes en 1907 ?


 

[PNG] réseau breton 1

C'est une profession soigneusement hiérarchisée: manoeuvres (hommes d'équipe) et cantonniers sont recrutés dans les campagnes parmi les journaliers agricoles durs au mal. Les ouvriers des ateliers de réparation et d'entretien des machines, wagons, portes et fenêtres des gares (forgerons, menuisiers, etc...) ont été dans leur jeunesse apprentis. Les employés de bureau savent lire, écrire et compter couramment; ceux qui arpentent soit les quais pour "visiter les wagons" (repérer les failles dans l'acier des essieux et roues) ou pour faire partir les convois à l'heure , soit les wagons pour poinçonner ou délivrer des billets de circulation, sont quelque peu méprisés par les roulants: chauffeurs, pourtant peu qualifiés, et surtout les mécaniciens conducteurs des locomotives, véritables "seigneurs du rail". Planant au-dessus de cette "plèbe" de tout poil, les chefs (du dépôt de Carhaix, de la Traction, du réseau).

 

[JPG] ateliers de Carhaix

    Les ateliers du Réseau breton à Carhaix (montage de machines, chaudronnerie, métallurgie du bronze, et....: une petite usine....). Lorsque la sirène retentissait, à 8 heures et à 14 heures, un véritable fleuve humain entrait. A midi et à 18 heures, le même "fleuve" sortait...

 

Avec l'aimable autorisation de la Collection CFCDN  http://bretagne-ferroviaire.org/

 

   Cependant, il faut attendre l'après Grande Guerre pour que la structure socio-professionnelle de la commune de Plouguer soit partiellement transformée par l'afflux de cheminots, comme l'atteste le graphique ci-dessous (11 cheminots en 1901, 29 en 1911). Plouguer demeure pour longtemps encore une commune rurale et agricole


[PNG] Plouguer 1901 1911 structure socio professionnelle.PNG






Dernière modification le 16/05/2017

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