Ar Bobl (1904 - 1914)

Le journal de Taldir Jaffrennou: "le Peuple"

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09/08/2017

Cette page a été modifiée en janvier 2015


La poudrière de l'Europe: les Balkans.

 

 

Les guerres balkaniques attisent les ressentiments  entre les grandes puissances et mettent à mal les alliances...

Le Royaume-Uni, que la France ne peut se permettre d'offenser, s'oppose à un dépècement de la Turquie qui permettrait à la flotte russe de la Mer noire d'accéder à la Méditerranée orientale et de menacer le canal de Suez. Mais la France est aussi l'alliée de la Russie. Quant à l'Allemagne, elle soutient l'Autriche-Hongrie qui s'inquiète de la croissance territoriale, démographique et militaire de la Serbie.

 

[PNG] carte Europe 1900.PNG

 

Sur cette carte qui reflète la situation géopolitique de l'Europe en 1900, le recul territorial de l'Empire ottoman (Turquie), en jaune, amorcé lors de l'indépendance de la Grèce, puis de la Serbie, de la Bulgarie, de la Roumanie, est déjà patent. Les Turcs ont déjà perdu la Tripolitaine (Libye), convoitée par l'Italie et l'Egypte, administrée par le Royaume-Uni. Cependant, l'"homme malade de l'Europe", tient encore, en Europe, l'Albanie, la Macédoine et Salonique.

 

 AR  BULGARI

   Ar gwella respont da rei d'ar re a lavar eo plom karten an Europ ha n'all ken chanch, eo ar pez a zigouez er Sav-Heol.

   Akordchou koz, sinet var lerc'h brezellou hir, a oa bet great etre an Turki hag ar Bulgari. Ar Bulgari trec'het, a asante da douja d'an Turki. Sultan Kergonstantin a hanvche ar Prinz kristen a renche var ar Bulgared; ar Bulgari a chome memez tra digabestr, mez paëa renkche eur som arc'hant ar bloaz d'ar Sultan, hag eul loden deuz outhi, ar Roumeli Sav-Heol, a rofe ive soudarded d'an Turked. An hentchou-houarn a vije ive etre douarn an Turki.

    Eur c'hendalc'h dalc'het en Berlin er blavez 1882, a zakre droëjou an Turki ha deveriou ar Bulgari. Deuz eur c'hostez-all, ar c'hendalc'h a zakre ive droëjou an Aotrich var ar provinsou Bozni hag Herzegovinn, pere a oa d'ezi evel ar Bulgari d'an Turki.

  Lavaromp c'hoaz a-benn displega penoz eo tremenet an traou, penoz ar Bulgared n'int ket deuz ar memez gouenn-tud hag an Turked. Ar Bulgared hag ar Roumelianed a zo ouenn slav pe rusian, hag an Turked a zo a ouenn semitik pe judeo. Ouspenn, ar Bulgared a zo kristenien greked, hag an Turked a zo mahometaned. Setu aze awalc'h da zispartia diou vro.

   Ar prinz a rene var ar Bulgari a oa hano Ferdinand, mab d'ar brinsez Klementina Orleanz; a ouenn gall e oa eta. En e galon, ar prinz mad a c'hoanta frankiz disklabe e vro: disket en doa ar iez bulgar, hag ober a rez e bosubl da c'houeza eur santimant broadus e sperejou e sujidi, e feson da zond da roue varnezo divezatoc'h. E c'halloud a zo bet par d'e ambision. Diskuezet en deuz Ferdinand e oa great ma da veza rener poblou.

  Eun neubeud miziou-zo, eun digare brao a reaz bod d'ezan da gas e vennoz da benn. Eur grèv a strakaz var hentchou-houarn ar Bulgari, pere, evel a meuz lavaret, a oa servijet gant emploïdi turk. Ar prinz a sonjaz: an Turked a ra grèv, hag a harz an trainiou da ruillal, me ia da lakaat emploïdi bulgar en o flas. Ober a reaz !

   Ar Bulgared, p'o doa tapet ar plasou, na c'houlichont ken partial pa erruaz an Turked var o c'hiz. Ar re-ma a chourdrouzaz, ar Sultan a zavaz e vouez. Poan gollet: evel respont, ar Prinz Ferdinand a vodaz ar C'honsaill Broadus en ker Tir-Novo, ker-benn goz ar vro, hag eno ec'h embannaz frankiz ar Bulgari, gantan e-hunan da roue varnhi. Ar bobl a ganaz meulodi d'ezan. Raktal, an Turked a oa pedet da vond d'ar gear deuz a bep lec'h.

   Setu aze en berr gomzou penoz eo bet great an taol kaër-ze. Pa glevaz an Aotrich kemend-all, hi a zifreuzaz ive akord kendalc'h Berlin, hag a lakeaz he fao var ar Bozni hag an Herzegovinn. Deuz eun tu-all, enezen Krêt a zistage deuz an Turki, hag a iea he-unan d'en em lakat dindan renadurez ar Grès. An Turki a oa ken abafet, ma na ouie petra d'ober. Red eo lavaret  ive e oa just awalc'h o paouez sortial deuz eur Revolusion great gant an Turked-Iaouank, pere o doa chenchent renadur hollc'halloudek ar Sultan en eur galloud kompezet gant kambchou deputeed hanvet gant ar bobl. An Turki a oa pell deuz beza prest da vrezelli.

  No chomo ganthi nemed klem d'an Europ, Franz, Allmagn, Russi, Bro-Saoz, a reaz o fosubl evid harz ar brezel, ha lakaat an holl d'en em glevet... divar goust ar paourkeaz Turki da behini e vo prometet, kazi zur,eur som arc'hant ha na vo paët biken ! Eur gonferanz a vo great en Pariz abarz nemeur da erüna ar poentchou-ze.

  Setu aze, Bretoned, eur gentel d'eoc'h da denna deuz kement-ma. Gwechall c'houi ive a zo bet eur bobl dishual evel ar Bulgared. Evelto, oc'h bet, eun devez, kabestret. Ar Bulgared, dre nerz-kalon, dre skiant uhel eur prinz mad, ha karantez divarvel o c'hannaded evid o bro hag o iez, a zo deut a-benn da c'hounid a-nevez o frankiz, heb skuill eur veraden wad. Na dleomp ket eta koll flianz.

  Fanch

 La Bulgarie

    La meilleure réponse à donner à ceux qui affirment que la carte de l'Europe est d'aplomb et qu'elle n'a nul besoin de changement, est ce qui se passe dans la partie orientale de notre continent.

     La Turquie et la Bulgarie avaient signé autrefois des accords à l'issue de longues guerres. Victorieuse, la Bulgarie accepta de ménager la Turquie. Le Sultan de Constantinople nommerait le prince chrétien qui régnerait sur les Bulgares; la Bulgarie demeurerait cependant indépendante, mais paierait chaque année un tribut en argent au Sultan et une partie de son territoire, la Roumélie orientale, fournirait des soldats à la Turquie. Les chemins de fer bulgares resteraient entre les mains de sociétés turques.

Une conférence tenue à Berlin en 1882 avait consacré les droits de la Turquie et les devoirs de la Bulgarie. D'un autre côté, la conférence définissait aussi les droits de l'Autriche sur la province turque de Bosnie-Herzégovine, dont les rapports étaient désormais avec l'Autriche du type de ceux qui liaient la Turquie à la Bulgarie.

  Ajoutons, pour achever d'expliquer l'évolution des événements, que les Bulgares ne sont pas de la même race humaine que les Turcs. Les Bulgares et les Rouméliens sont de race slave ou russe et les Turcs de race sémitique ou juive. En outre, les Bulgares sont des chrétiens de rite grec orthodoxe et les Turcs sont mahométans. Voilà assez de traits pour différencier, voire opposer deux Etats.

 Ferdinand, le prince qui gouverne la Bulgarie, est le fils de la pricesse Clémentine d'Orléans. Du sang français coule donc dans ses veines. Au plus profond de lui-même, ce prince voudrait librement rénover son pays. Il apprend la langue bulgare et il fait son possible pour accroître le patriotisme de ses sujets, une recette pour accéder à la royauté plus tard. C'est là le premier pas vers la réalisation de cette ambition. Ferdinand a montré qu'il avait été façonné pour régner sur des peuples.

    Il y a peu de mois, un magnifique prétexte lui mit une idée en tête. Une grève avait éclaté dans les chemins de fer bulgares, qui, comme je l'ai dit, fonctionnent grâce à des employés turcs. Le prince raisonna ainsi: les Turcs, en faisant grève, empêchent les  trains de rouler; je vais les remplacer par des employés bulgares. Ainsi fit-il !

   Les Bulgares, après avoir occupé les places, ne voulurent pas les quitter lorsque les Turcs les réclamèrent. Ces derniers se répandirent en menaces, le Sultan éleva la voix. Peine perdue. Ferdinand répliqua en réunissant le Conseil national à Tir-Novo, l'ancienne capitale, et là, il proclama l'indépendance de la Bulgarie et son accession au trône. Le peuple loua ses initiatives. Et les Turcs de Bulgarie furent priés d'émigrer. Voilà en peu de mots résumé ce coup de maître. Quand l'Autriche eut vent de tout ceci, elle dénonça l'accord de Berlin et installa sa bauge en Bosnie et Herzégovine. D'un autre côté, l'île de Crête se détacha de sa propre initiative de la Turquie pour rejoindre l'Etat grec. La Turquie fut abasourdie au point de ne savoir comment réagir. Il faut dire aussi qu'elle était à peine sortie d'une Révolution organisée par les Jeunes Turcs qui voulaient substituer à la monarchie absolue du sultanat un régime parlementaire comportant des chambres de députés élus. La Turquie était loin de pouvoir soutenir une guerre.

Il ne lui restera qu'à se plaindre à l'Europe, France, Allemagne, Russie, Royaume-Uni, afin qu'ils fassent leur possible pour éviter une guerre de désintégration et pour cela souhaiter qu'ils s'entendent... au détriment de la la pauvre Turquie, à qui on promettra une somme d'argent qu'on ne lui paiera sans doute jamais ! Une conférence doit se réunir à Paris afin d'aligner les points de vue.

      Voilà, pour vous, Bretons, une leçon à tirer de ces événements. Jadis, vous fûtes, comme les Bulgares, un peuple indépendant. Comme eux, un jour, vous fûtes annexés. Les Bulgares, grâce à leur courage, à l'intelligence de leur prince, au patriotisme éternel de leur peuple, à son amour de la langue, ont enfin regagné leur liberté, sans verser un verre de sang. Pour nous, il n'est que ne pas perdre confiance.

François

 Ar Bobl, n° 201, 31 octobre 1908
 Traduction: Jean Yves Michel, septembre 2014

 

   Le dernier paragraphe du texte ci-dessus est un appel lancé par Jaffrennou aux Bretons afin qu'ils conquièrent une indépendance perdue autrefois, tout comme l'ont réussi les Bulgares.. Nationalisme séparatiste, quand tu nous tiens....

 

Ar brezel zo diskleriet

Ar broiou unanet: Bulgari, Serbi, Montenegro ha Gres o deus diskleriet ar brezel d'an Turki.

Ar broiou braz euz an Europ, Franz, Allmagn, Bro Saoz, Russi, etc... o deuz great van de gondaoni ar brezel-ze, hag o deuz greta neuz da herzel diouthi; mez, en gwirione, o brasa c'hoant a oa gweled anezhi da strakal.. Ar brezel-ze, prientet dre zindan gant mistri ar Glaou ha an Houarn, a binvidikeo eur bern uzinerien vraz, pere a gavo digare eno da werza d'ar broiou enebour armou, boulejou, poultr, dillad, glaou-douar, boued ha kant tra all red evid derc'hel millionou soudarded war zao epad eun neubeud miziou.

Ar Turked, hi o unan, o deuz muioc'h a soudarded evid ar re all unanet asamblez. Mez beza o devoa da stourm deuz an daou tu, da krec'h deuz an Bulgari hag ar Serbed; d'an traon, deuz ar Gresianed, hep konta zo chao c'hoaz etre-z-hi hag an Itali en Afrik.

  Gallout a rafe ar brezel-ma beza hir ha lakaat skuill kalz a wad.

La guerre est déclarée.

Les états alliés, Bulgarie, Serbie, Montenegro et Grèce ont déclaré la guerre à la Turquie. Les grandes puissances européennes, France, Allemagne, Angleterre, Russie, etc.. ont  proclamé qu'ils  condamnaient cette guerre, mais en vérité, leur grand désir est qu'elle éclate. Cette guerre,  imposée en coulisses par les rois du charbon et de l'acier, enrichira bon nombre de grands usiniers; ceux-ci trouveront là à vendre aux pays ennemis des armes, des munitions, de la poudre, des uniformes, du charbon, des vivres et cent autres choses nécessaires pour maintenir en état de combattre des millions de soldats pendant quelques mois.

  Les Turcs, à eux seuls, possèdent davantage de soldats que leurs adversaires assemblés. Mais il leur faut combattre sur deux fronts; au nord, contre la Bulgarie et les Serbes; au sud, contre les Grecs, sans compter le grabuge qui les oppose aux Italiens en Afrique.

Il se peut que cette guerre soit longue et répande beaucoup de sang.

 Ar Bobl, n° 408, 12 octobre 1912
 Traduction: Jean Yves Michel, juillet 2014

 

[PNG] Carte première guerre balkanique


  Evolution de la situation dans les Balkans

 

Reuz ar brezeliou

   Ar Bulgared hag ar Serbed a zo deut a-benn da gemer kear Andrinopl. Ar rujumanchou kenta a zo antrete er gear o deuz kollet 50 dre gant euz ao zud. Pevarzek mil soudard a zo bet lac'het en eun devez

Un tumulte guerrier sanglant

Les Bulgares et les Serbes sont enfin sur le point de s'emparer d'Andrinople. Les premiers régiments qui ont pénétré dans la ville ont perdu 50 % de leurs effectifs. 14 000 soldats ont perdu la vie en une seule journée

Ar Bobl, n° 433, 15 mars 1913 Traduction Jean Yves MICHEL, octobre 2014

 

Ar brezel balkanik

  A reuz a gendalc'her er Balkaniou etre ar Serbi, ar Gres hag ar Bulgari. Ar Bulgared a zo trec'het en bep tu. Ar Roumaned, pere a oa chomet sioul beteg brema, a brofit deuz dismanti ar Bulgari evid en em lakat diouthi; o arme a zo antreet er vro-ze dre du ar Sav-Heol. Na chom ket netra deuz galloud ha gonidou ar Bulgared, ha mar na zeu ket ar broiou braz da zipartia ar gannerien e vo c'hoaz kalz a zismantrou.

   Ar Turked a goze dija deuz adkemer Andrinopl.

La guerre dans les Balkans.

 Les ravages continuent dans les Balkans où s'opposent la Serbie, La Grèce et la Bulgarie. Les Roumains, qui s'étaient tenus tranquilles jusqu'à maintenant, tirent profit du démantèlement de la Bulgarie pour s'immiscer dans la bagarre. Leur armée est entrée par l'Est dans ce pays. Il ne reste rien de la puissance et des annexions bulgares et si les grandes puissances n'interviennent pas pour séparer les combattants, on peut s'attendre à bien des démantèlements territoriaux.

 Les Turcs parlent déjà de reprendre Andrinople

Ar Bobl, n° 448, 19 juillet 1913 Traduction: Jean Yves MICHEL, octobre 2014

 

 Brezel ar Balkaniou

Ar c'houarnamant Turk en deuz roët urz d'e soudard mond war araok evid adkemer an Thrace hag Andrinopl. Lakaat a ra an tor war an Bulgarie, pehini zo kaoz deuz tout a pez a zo c'hoarvezet hag ar c'hoarvezo. An urz-ze a zo bet kaset d'an holl c'hannaded turk evid ma ouezo an holl c'houarnamanchou ar pez a dremenn. An armeou grek ha serb en em brient d'ober eun taol-mestr enep ar Bulgared. Gwaza ze d'ar re-man pere en em gomport evel gouezidi en eur lac'ha braz ha bihan, koz ha iaouank, hag o walla ar merc'hed.

 La guerre des Balkans

Le Gouvernement turc a donné l'ordre à ses soldats d'avancer afin de reprendre la Thrace et Andrinople. Il donne tort à la Bulgarie, coupable de tout ce qui s'est produit et se produira. Cet ordre a été porté à la connaissance de tous les ambassadeurs turcs afin que tous les gouvernements soient informés. Les armées grecque et serbe se sont offert le privilège d'un coup de maître au détriment des Bulgares. Il n'est pas de pire comportement de sauvages, puisqu'ils ont massacré les adultes et les enfants, les vieux et les jeunes et violé les femmes.

Ar Bobl, n° 449, 26 juillet 1913 Traduction: Jean Yves MICHEL, octobre 2014

 

Ar brezel balkanik

   An Aotrich hag an Itali o deuz skrivet d'ar Gres ha da Serbi evid ordreni d'ezo paouez raktal gant ar brezel iud ar goust kemend a vueziou tud d'an daou gostez

La guerre dans les Balkans

 L'Autriche et l'Italie ont écrit à la Grèce et à la Serbie pour leur ordonner une trêve immédiate en raison des pertes humaines élevées subies par tous les belligérants

Ar Bobl, n° 450, 2 août 1913 Traduction: Jean Yves MICHEL, octobre 2014

 

Ar peoc'h

    Sinet eo bet erfin ar peoc'h disul diveza, dek a viz eost, etre ar stadou balkanik. Ar c'hanoliou o deuz straket, ar c'hleier o deuz brallet gant levenez, ar muzikou o deuz c'hoariet war ar blasennou, hag er c'heariou an drapoiou a hije d'an avel.

   Eun Te Deum a zo bet kanet en ilizou veur Bucarest, dirag ar Roue hag e famill rag da Charlez, roue a Roumanie eo dleet an eurvad-ze. Heman en deuz lakeet e holl boan a du gant ar peoc'h-se ken gortozet ha ra lako fin d'an torfejou heuzus bet great epad ar brezel gant an eil tu hag egile.

La paix

   La paix a enfin été signée, dimanche dernier 10 août, entre les Etats balkaniques. Les canons ont tonné, les cloches ont particpé à l'allégresse, les orchestres ont joué sur les places et dans les villes les drapeaux flottent au vent.

 Un Te Deum a été chanté dans la cathédrale de Bucarest devent le roi et sa famille, car c'est à lui que l'on doit ce soulagement. Il n'a pas ménagé ses peines pour obtenir cette paix si désirée qui met fin aux crimes répugnants commis par les uns et les autres pendant la guerre.

Ar Bobl, n° 452, 16 août 1913 Traduction: Jean Yves MICHEL, octobre 2014

 

 

  Les guerres balkaniques se terminent en 1913 par la défaite de la Turquie qui ne conserve en Europe qu'un petit morceau de territoire. Cependant, la Turquie tient toujours les détroits, à la satisfaction du Royaume-Uni, de l'Italie, de l'Autriche-Hongrie, de l'Allemagne, et au grand dam de la Russie. Ont grossi leurs territoires respectifs la Bulgarie, la Grèce, la Serbie, mais non la Roumanie: un mécontent de plus dans ce qui apparaît comme une poudrière. Les grandes puissances vont s'efforcer d'y trouver des alliés de revers (stratégie dite de la "prise en étau")

 

 

 

[PNG] carte Balkans 1914.PNG

      L'Autriche-Hongrie, par un coup de force, a fait main basse en 1908 sur la Bosnie-Herzégovine, que la Serbie considérait comme sienne. L'Empire ottoman a dû abandonner le Monténégro et l'Albanie et il ne lui reste en Europe qu'un minuscule morceau de son territoire et sa capitale. Bulgarie et Grèce sont à couteaux tirés parce que  la première possède un accès à la Mer Egée que la seconde convoite. Un des grands perdants est la Russie qui n'a pas réussi à internationaliser les détroits turcs (Dardanelles et Bosphore). Quant à la Roumanie, elle regrette de n'avoir pas été autorisée à s'adjoindre les Roumains d'Autriche-Hongrie...






Dernière modification le 10/03/2016

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